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Leptospirose : une task force souhaitée

Harryduth Puttoo, Dr Dooshan Nuckchady, Dr Vasantrao Gujadhur et Dr Shameem Jaumdally

La situation de la leptospirose a été évoquée sur le plateau de l’émission Au Cœur de l’Info. L’une des recommandations faites par les intervenants est la mise sur pied d’une task force.

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La leptospirose inquiète à Maurice. La mise sur pied d’une task force est demandée par les intervenants de l’émission Au Cœur de l’Info sur Radio Plus et Télé Plus le mercredi 15 mai 2024. Le journaliste Anoop Dhookeeya a accueilli en studio le Dr Dooshan Nuckchady, spécialiste en maladies infectieuses au ministère de la Santé, et Harryduth Puttoo, Deputy Director of Public Health and Food Safety. Le Dr Shameem Jaumdally, virologue, ainsi que le Dr Vasantrao Gujadhur, ancien directeur des services de santé, sont intervenus par visioconférence et téléphone respectivement. 

Harryduth Puttoo précise que dans tous les endroits où il y a eu des cas, des contrôles sanitaires ont été effectués et des actions ont été prises. Il est ensuite revenu sur les mesures de préventions prises. « Les conseils municipaux et de district ont la responsabilité de contrôler la présence de rats dans les bazars. Les membres du public peuvent informer les bureaux sanitaires de leurs localités de la présence de rats. Des contrôles inopinés sont effectués par les officiers du ministère de la Santé », indique-t-il.

Le Dr Dooshan Nuckchady explique que chaque année, des cas de leptospirose sont enregistrés à Maurice. « Actuellement, les patients ont entre 30 et 65 ans. Mais il arrive aussi d’avoir des patients dans la vingtaine. Les métiers sont des facteurs à risque. Parmi les cas, on trouve des maçons, ainsi que des ouvriers agricoles qui travaillent dans des champs de canne ou qui utilisent l’eau de rivières pour la culture de légumes. Il y a aussi eu des cas d’habitants qui vivent près de champs de canne », affirme-t-il.

Le médecin ajoute que de nombreux patients sont asymptomatiques et ne sont donc pas détectés. Il détaille la prise en charge des patients. « Les patients présentant des cas légers rentrent chez eux et suivent un traitement, notamment d’antibiotiques. Les cas sévères doivent être hospitalisés. Si les reins d’un patient sont affectés, il peut être mis sous dialyse. Les organes les plus affectés sont les poumons, les reins et le foie. Nous avons eu des cas de paralysies temporaires qui se sont améliorées avec le temps. Ce sont de rares complications », soutient-il, ajoutant que la leptospirose se transmet rarement entre êtres humains. 

Le Dr Shameem Jaumdally explique que le nombre de décès est un signe qu’il y a bien plus de cas que ce que l’on a détecté. Il explique cette situation par le fait que les symptômes sont ceux d’autres infections. « Il faut un exercice de sensibilisation et de communication. C’est en grande partie à la population de prendre ses responsabilités pour ne pas encourager la prolifération des rats », dit-il. Le Dr Shameem Jaumdally préconise qu’une large étude soit effectuée sur la leptospirose à Maurice et qu’une task force soit mise sur pied.

Le Dr Vasantrao Gujadhur soutient qu’en moyenne 45 cas sont enregistrés à Maurice chaque année. Or, depuis janvier 2024, 28 cas ont déjà été répertoriés, dont cinq décès. Il constate également que de nombreux cas sont survenus après les inondations de mars dernier. « Normalement, le taux de cas sévères est de 10 %. Et parmi ces cas sévères, le taux de mortalité est de 10 %. Nous sommes, selon moi, dans un cas d’urgence. Le ministère de la Santé doit mettre sur pied une task force présidée par le ministre lui-même. Le ministère de la Santé ne doit pas travailler en isolement, chaque ministère a son rôle à jouer », soutient-il. Il demande également des contrôles stricts dans les zones à risque de la part des inspecteurs sanitaires.

 

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