Société

La Police Helicopter Squadron: les ailes de la sécurité civile

L’aviation a toujours suscité curiosité et passion. Reportage sur la Police Helicopter Squadron. L’escouade qui entreprend des opérations de recherches et de sauvetage avec d’autres unités de la police. La Police Helicopter Squadron (PHS) collabore avec la National Coast Guard (NCG) et le Groupe d’intervention de la police mauricienne (GIPM) pour véhiculer les VVIP. Elle apporte aussi son concours à la lutte contre la culture de cannabis, entre autres, explique le Commanding Officer de la Police Helicopter Squadron, Neeraj Sharma.
[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"15273","attributes":{"class":"media-image size-full wp-image-25585","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"1280","height":"720","alt":"Neeraj Sharma."}}]] Neeraj Sharma.

[row custom_class=""][/row] Les hélicoptères de la police permettent de se déplacer vite et pratiquement partout. C’est un moyen efficace de venir en aide aux personnes en situation difficile et d’assurer des courses-poursuite. À son bord, deux pilotes, un ou deux secouristes et un technicien au besoin sont prêts à intervenir. La PHS dispose cinq hélicoptères, dont deux Chetaks de l’Inde, une Alouette III et un Fennec, de France, et un Dhruv, de l’Inde. Les officiers de la PHS portent un badge avec leur nom et leur groupe sanguin. Cela permet d’intervenir promptement au cas où ils seraient grièvement blessés, en service. Selon le commandant Neeraj Sharma, ils sont à trois pour diriger cette unité : lui-même, un adjoint et un chef de projet en ingénierie. « Nous avons huit pilotes, dont deux Indiens et environ cent techniciens. Les pilotes sont issus de la force policière ou de l’aviation civile. Ils ont les diplômes et la formation nécessaires. Après avoir été recrutés, ils passent le Pilot Aptitude Battery Test (PABT) en Inde. Ils passent aussi un examen médical », ajoute le commandant. « Les pilotes sont formés par des professionnels avant d’être envoyés en mission. Après une ou deux années de formation et après avoir reçu un entraînement sur le terrain, ils peuvent voler », explique-t-il. « Les techniciens émanent de la force policière. Ils sont formés localement. Ils passent différents tests et des examens sous la supervision de professionnels à l’étranger », poursuit-il. Il fait ressortir que les hélicoptères de la police sont souvent appelés à faire du rase-mottes.

Apprentissage continu

« Le pilote est le premier responsable du bon déroulement d’un vol. C’est pourquoi il doit faire preuve de prudence et de présence d’esprit, non seulement lors du vol, mais surtout avant le décollage. En effet, il doit minutieusement préparer le vol en se renseignant, grâce aux cartes aéronautiques. Ils recueillent les informations concernant la région à survoler et les conditions météo », dit le pilote Aswan Kumar. Selon le Deputy Assistant Superintendent of Police (DASP) Aswan Kumar Seesaha, Wing Commander, devenir pilote est un métier difficile qui requiert des compétences particulières. Ce qui explique la faible augmentation des effectifs dans ce domaine. Les pilotes d’hélicoptères ne font pas exception et chaque candidat doit avoir formation bien définie. « Après avoir exercé comme Trainee Constable pendant sept mois, 2007, j’ai voulu devenir pilote d’hélicoptère de la police. J’ai complété le PABT avec succès. L’Initial Aviation Training se fait à bord du Chetak », relate le DASP qui compte plus de sept ans d’expérience. Après avoir achevé l’entrainement de l’aviation, l’Award of Wings récompense les pilotes. « Dans ce domaine, on apprend tous les jours. Nous sommes confrontés à de nouvelles opérations de sauvetage en permanence », soutient le Wing Commander.

Compétences

« Ce travail demande de réelles compétences physiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un test d’aptitude physique est obligatoire pour faire ce métier. Le pilote doit faire preuve d’endurance, car il peut rester assis de longues périodes, ce qui peut entraîner une fatigue importante » avance-t-il. Selon le Wing Commander, un pilote d’hélicoptère a la vie des personnes qu’il transporte entre ses mains. Il doit par conséquent faire preuve de prudence. Tous les risques qu’il prend sont calculés. Durant le vol, il doit faire preuve de vigilance. Le pilote d’hélicoptère, militaire ou civil, participe à des missions de combat ou de secours. Il est capable de se poser n’importe où et d’évoluer en montagne. Sang-froid et ténacité sont nécessaires pour exercer ce métier qui comporte des imprévus. Avant même de décoller, le pilote d’hélicoptère est déjà dans son vol. « Comme nous sommes garants de la sécurité de ses passagers et du bon déroulement de la mission, rien n’est laissé au hasard », dit le DASP. Les deux pilotes préparent le trajet grâce aux cartes aéronautiques et ils consultent la météo. Le pilotage dépend des contraintes météorologiques. « Avant que l’hélicoptère ne décolle, le pilote et le copilote munis de leur liste vérifient les équipements. Nous devons également être capable de poser l’appareil n’importe où, volé à basse altitude ou en milieu montagneux », dit le DASP Aswan Kumar. Il ajoute que les hélicoptères de la police ont un système de « Dual-Control » qui est manœuvré à tour de rôle par les deux pilotes qui se trouvent à bord de l’appareil. Les deux pilotes s’assurent du bon niveau du carburant et de la présence des documents de vol et du matériel de secours. Ils doivent aussi contrôler les performances de l’appareil, vérifier le contact avec la tour de contrôle, la notifier du trajet et demander par la suite l’autorisation de décoller. « Ensuite, nous suivons les instructions données par notre commandant selon la mission confiée. À l’issue du vol, nous devons rédiger des rapports en remplissant des formulaires. Ceux-ci étant nécessaires pour l’entretien de l’engin et les éventuelles facturations », dit le DASP.
 

Ranveer Goodur, secouriste: « Le treuil nous permet d’accomplir des sauvetages »

[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"15272","attributes":{"class":"media-image aligncenter size-full wp-image-25584","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"1280","height":"720","alt":"Ranveer Goodur"}}]] La PHS dispose d’une centaine d’hommes est en mode « stand-by » 24 heures sur 24. Ils sont prêts à décoller dans un délai de 15 minutes à partir du moment quand ils sont sollicités par l’Information Room de la police. « En sus des vols programmés, la PHS intervient lors des appels d’urgences. Alertés par la sirène, les pilotes et les sauveteurs prennent leur place à bord de l’hélico, avant de procéder à l’opération de sauvetage. Nous intervenons lorsqu’il s’agit de secourir, par les airs, des personnes en difficultés, comme c’est souvent le cas au Sept Cascades, par exemple, et plus récemment sur le bâtiment de Cybercity 1. « Pour cela, nous sommes dotés de divers équipements, notamment des treuils de sauvetage, des baudriers, des « bucket seat », des civières et des nacelles de sauvetage, entre autres », raconte Ranveer Goodur, secouriste de profession. « Nous avons de pilotes chevronnés et un équipage expérimenté, formé spécialement pour ce type d’intervention », explique-t-il. « Nous restons en contact permanent avec les officiers de l’Operations Room. Durant les interventions, des techniciens qui gèrent la communication nous épaulent », ajoute Ranveer Goodur. Plusieurs personnes dont des touristes ont été sauvées grâce à l’utilisation du treuil. Lorsque l’hélicoptère ne peut pas se poser, le treuil de sauvetage est indispensable.

Les interventions l’hélitreuillage

« Dans des cas d’urgence, on est à deux sauveteurs à bord de l’hélico. Le pilote a pour mission de stabiliser l’hélicoptère lors de l’hélitreuillage. Il s’emploie à ce que la charge sur le treuil de sauvetage de 40 mètres ne provoque aucun balancement. Comme il ne peut voir le patient, il se fie aux ordres de l’opérateur du treuil. La fonction d’opérateur du treuil est assumée par le sauveteur. En poste au bord de la porte latérale restée ouverte, ce dernier oriente le treuil et descend ainsi son collègue auprès de la victime. Grâce à l’intercommunication, l’opérateur du treuil est en communication continue avec le pilote », raconte Ranveer Goodur. « La couleur du harnais est rouge, afin de le repérer facilement. Toutefois, on demande aux victimes de se mettre dans un lieu clair ou de nous donner du signal avec, par exemple, leur parapluie, torche, entre autres, pour qu’on puisse les repérer facilement. On est chanceux, des fois, quand on arrive à rester en contact avec des personnes qui sont, par exemple, égarées. Dhruv peut transporter 14 personnes, Fennec, quatre personnes et les Chetaks, deux », souligne le secouriste. Les hélicos sont cloués au sol lorsque les conditions climatiques ne sont pas favorables. La visibilité étant un aspect primordial pour les pilotes. S’il y a de grosses averses ou de très fortes rafales, cela devient difficile pour le pilote de manœuvrer l’hélico. Ce qui peut mettre la vie de l’équipage en danger.
 

Organisation

[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"15274","attributes":{"class":"media-image aligncenter size-full wp-image-25586","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"1280","height":"720","alt":"Helicopter"}}]] L’entretien d’un avion, de la réparation du train d’atterrissage au contrôle technique, n’a pas de secret pour le mécanicien d’entretien soit le technicien d’avion. De sa compétence dépend la vie des passagers. « Notre objectif demeure : zéro panne », indique Ashwin Mandary, technicien de profession. « Le travail du mécanicien sur les avions consiste essentiellement à prévenir les pannes. La sécurité des passagers et du personnel naviguant réclame un entretien régulier et rigoureux. Nous exerçons 24/7 », relate le mécanicien qui compte presque dix ans de service. « Le mécanicien possède des compétences diversifiées avec des spécialisations en moteur, électricité, équipements électriques, instruments de bord, structure, communication et navigation entre autres », poursuit le technicien. Il respecte un protocole très précis. « Les mécaniciens inspectent toutes les parties de l’appareil. Des personnes différentes effectuent souvent les mêmes tests, à plusieurs reprises, par sécurité. Cela peut durer 45 minutes. Démontage et examen précis des pièces métalliques et de l’habitacle permettent de repérer les défauts éventuels. Dans un hangar de maintenance, le mécanicien est chargé d’une série d’opérations de vérification. Avant le départ, on vérifie : la pression des pneus et l’huile du moteur, entre autres », dit Ashwin Mandary. Polyvalents, les mécaniciens de l’entretien interviennent sur l’ensemble des structures. L’entretien se déroule en trois étapes :
  1. First Flight Servicing (FFS)
  2. Turn Around Servicing (TAS)
  3. Last Flight Servicing (LFS)
Le FFS s’effectue tôt le matin sur tous les hélicoptères d’une manière régulière. Le TAS se déroule après l’arrivée d’un hélicoptère qui vient d’effectuer une opération de sauvetage ou des exercices d’entrainement avec les gardes-côtes ou après une opération de l’Adsu ou d’autres vols. Les techniciens s’affairent au LFS à la fin », explique Ashwin Mandary. Il est spécialisé en électronique, communication et navigation. Il ajoute que les horaires en atelier sont, en général, réguliers et de jour. Mais des interventions peuvent avoir lieu la nuit, le week-end ou les jours fériés. Dans le hangar de maintenance, les mécaniciens portent des protections contre le bruit et les produits toxiques.
 

Métier à risques

Selon Aswan Kumar, un bon pilote d’hélicoptère doit posséder les qualités suivantes : être réactif aux obstacles en cours de route, avoir l’esprit d’équipe et faire preuve d’adaptation. « Chaque pilote fait partie d’une escadrille forte d’une dizaine d’appareils », dit le Wing Commander. Aux ordres d’un chef de bord, il assure toutes les manœuvres de l’hélicoptère pour permettre : attaque, appui, protection, reconnaissance et sauvetage. Il est responsable de la sécurité de l’appareil. « Ce métier n’est pas sans danger, car les pilotes doivent souvent manœuvrer dans des endroits à risques, notamment lorsqu’ils sont appelés à réaliser des missions de sauvetage. Ils peuvent voler en milieu montagneux ou forestier. Les vols de nuit sont également dangereux et l’équipement nécessaire assez lourd. C’est pourquoi on se sert du Fennec pour réaliser des opérations de sauvetage durant la nuit, car l’appareil est doté d’un projecteur », fait observer le Wing Commander. « On débute comme pilote de combat. Puis, avec de l’expérience, on peut devenir chef de bord, chef de patrouille, moniteur en école de formation, voire commander une escadrille. La persévérance est de mise », indique-t-il.

Diverses compétences

Selon Ashwin Mandary, 39 ans, pour occuper le poste de mécanicien de l’entretien, il faut un Higher School Certificate avec comme matières les mathématiques et les sciences, la physique de préférence, et un certificat de l’IVTB en formation mécanique, entre autres. Un certificat du lycée polytechnique est aussi recommandé. « On apprend la base de l’entretien mécanique dans le Chetak. Les cours durent 20 à 24 mois en Inde. Idem pour le Fennec. La formation se déroule en France » ajoute le mécanicien de l’entretien. « Ce métier nécessite rigueur, logique et soin. Le mécanicien doit montrer des qualités d’analyse et rechercher la panne avec patience. On doit également avoir une bonne condition physique. Sur piste, on doit réagir rapidement et avec sang-froid ».

 

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