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Flash floods: sommes-nous prêts ?

Rodrigues a enregistré des inondations le week-end dernier. Maurice avait vécu la même situation il y a deux ans. Sommes-nous aujourd’hui mieux préparés à faire face à un tel scénario ? Plaine-Corail a enregistré, le week-end dernier, 166 mm de pluie, occasion-nant des inondations à Rodrigues Un anticyclone en était à l’origine. Les dégâts rappellent imman-quablement ceux de mars 2013, à Port-Louis. Onze personnes avaient alors trouvé la mort. Plus de deux ans plus tard, le pays est-il mieux préparé à affronter un tel événement ? De gros investissements ont été faits dans les infrastructures et l’éducation citoyenne, mais il y a encore beaucoup à faire. Le radar doppler de la météo, nécessité absolue selon les spécialistes de la question, fait encore défaut. Les projets de drain, mis à exécution après les inondations de mars 2013, semblent avoir atteint leurs objectifs. Du moins, si l’on se fie au fait qu’en décembre 2014, il y a eu 115 mm de pluie à Port-Louis  et la Place d’Armes n’a pas été inondée. En mars 2013, ce sont 152 mm de pluie qui se sont abattus sur la capitale en à peine 90 minutes.

Comportements à risques

Les travaux se poursuivent pour empêcher des inondations ailleurs : à Bel-Ombre, les travaux vont bientôt démarrer pour empêcher que se reproduise le phénomène d’accumulation d’eau qui a eu lieu en mars 2015. Les drains de la région de Port-Louis et les travaux qui y étaient associés ont coûté environ Rs 500 millions. La majeure partie de cette somme a été utilisée pour la construction d’un drain de trois mètres de largeur sur la Montagne des Signaux pour empêcher l’eau de se déverser vers la capitale et de s’accumuler sur la Place d’Armes. C’est à Sable-Noir que l’eau de pluie est désormais canalisée. Il faut y rajouter l’agrandissement du canal Saint-Louis à Canal-Dayot et l’installation de drains capables d’évacuer 100 m3 d’eau à la Place d’Armes, ainsi que d’autres travaux à Ruisseau-Créole, La Butte. Toutefois, les améliorations des infrastructures ne suffiraient pas. Il faut apprendre aux gens les réflexes de protection en cas de nouvelle catastrophe de ce genre. « On ne pourra jamais empêcher l’occurrence de ‘flash floods’», indique Louis Pallen, chef pompier. « Ce que nous faisons à notre niveau, c’est aider les gens à prendre conscience des risques associés », ajoute-t-il. Les pompiers ont lancé une campagne pour enseigner aux citoyens quoi faire en cas d’accumulation d’eau et pour éviter les comportements à risque. [blockquote]«Dans certaines régions, sur les pentes, notamment, on est automatiquement à risque. Nous leur enseignons comment se protéger, comment éviter d’aggraver la situation», explique-t-il. [/blockquote] Ce programme de « Community Emergency Preparedness » relève d’une vision à long terme. Les gens apprennent comment prendre en charge leur sécurité. Cette formation est proposée au public à travers les ONG et des organismes d’État. « Avant ou pendant une inondation, avez-vous un plan pour votre maison ?  Y a-t-il un Home Safety Kit ? Que doit-on observer ? Doit-on évacuer ? Pour aller où ? » Ce sont là des questions qui doivent devenir une seconde nature chez les Mauriciens.

Météo : pas de nouveau radar avant 2017

Les accords avec le Japon pour un radar ont été signés. Mais ce n’est pas pour tout de suite, dit Prem Goolaup, directeur adjoint de la station météo, sur le plateau de Radio Plus lors d’un débat. Selon lui, ce ne sera pas avant début 2017 que la météo s’équipera du radar doppler. Ce qui devrait considérablement améliorer ses capacités de prévision.

Obstruction de drains

Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver les coupables des accumulations d’eau. Les déchets qui obstruent les drains y sont pour beaucoup, affirment plusieurs spécialistes. Le gouvernement a décidé de légiférer. The Roads (Amendment) Bill, présenté récemment à l’Assemblée nationale, ambitionne de combler le vide juridique sur cette question. « No owner or occupier of premises adjoining a road shall cause soil or refuse from the premises to fall, be washed or carried, on the road or into any road drain, in such quantities as to obstruct the road or choke the road drain », dit la loi. En gros, tout propriétaire foncier dont le bien est à proximité d’une rue devra s’assurer que la terre et les autres détritus provenant de son terrain ne contribuent pas à obstruer les drains.

Les régions les plus affectées

Au niveau des services des pompes, on connaît les régions qui sont systématiquement affectées dès qu’il pleut de manière insistante. Pour différentes raisons, Port-Louis, certaines régions de l’Est, du Nord et du centre sont plus vulnérables. Port-Louis et les régions avoisinantes : Vallée-des-Prêtres, Montagne-Longue, Pailles, la région portuaire, Terre-Rouge, Sainte-Croix et la Tour Koenig sont très vulnérables à la montée des eaux. Dans l’Est, c’est un cours d’eau qui est responsable de l’accumulation d’eau. À Bel-Air et Caroline, toute la région entourant une rivière est susceptible d’être inondée en cas de grosse pluie. Dans le centre, en région urbaine, le béton perturbe l’écoulement naturel de l’eau de pluie. Curepipe, Henrietta, Phoenix, Vacoas, Quatre-Bornes, Beau-Bassin et Coromandel sont souvent affectés.
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