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Fête du travail - Salaire et conditions décents : la revendication des jeunes 

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Le monde du travail est loin d’être un long fleuve tranquille. À l’occasion de la Fête du travail, qui est célébrée ce lundi 1er mai, nous donnons la parole à quelques jeunes travailleurs sur leurs expériences et défis.

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Tatiana Felix

Lorsqu’elle était à l’école, elle avait une certaine image idéalisée du monde du travail. Depuis qu’elle y a fait ses premiers pas, Tatiana Felix, une habitante de 16e Mille, Forest-Side, âgée de 22 ans, a compris que la réalité est bien différente. D’ailleurs, fait ressortir la stagiaire dans le domaine de l’hôtellerie, l’apprentissage à l’université et dans le monde du travail est très différent. « Les attentes, la mentalité et l’approche sont différentes. Il faut savoir se faire une place et offrir un travail de qualité », précise-t-elle.

Cela l’a forcée, poursuit la vingtenaire, à sortir de sa zone de confort. « En tant que jeunes, nous sommes appelés à prendre nos responsabilités. Il nous faut aussi prendre des risques pour assurer notre évolution professionnelle et personnelle », dit-elle. 

N’empêche, l’écart générationnel peut être un vrai défi et une source de conflits. « Il y a différentes façons de travailler. Cela peut engendrer des conflits, voire de la démotivation dans certains cas », explique Tatiana Felix. D’ailleurs, selon elle, « il est frustrant de ne pas être reconnu pour la qualité du travail fourni ».

La jeune femme déplore également les salaires « dérisoires » qui peuvent entraîner frustration et démotivation. « Les jeunes qui se donnent corps et âme pour l’avancement de l’hôtellerie méritent un salaire équitable en fonction de l’effort fourni », insiste-t-elle.

D’autant que ce travail requiert d’énormes sacrifices. « Dans le monde de l’hôtellerie, on passe plus de temps au travail qu’avec sa famille et ses amis. Il est important de trouver un juste équilibre pour son bien-être. » 

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Krishna Pentayah

Krishna Pentayah, 24 ans, ingénieur mécanique, chercheur et fondateur de Sov Lanatir, plaide, lui aussi, pour trouver un juste équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Pour y parvenir, il est important d’établir des priorités en identifiant les tâches les plus importantes et en établissant une bonne planification. « Il est également important de fixer des limites afin d’éviter de travailler jusqu’à tard le soir et de consacrer trop de temps personnel au travail. » Selon le jeune homme, trouver le juste équilibre permet d’obtenir une satisfaction personnelle tout en préservant sa santé mentale.

Et que pense-t-il des salaires offerts aux jeunes dans le monde du travail ? Krishna Pentayah estime qu’il y a place à l’amélioration. « Une collaboration entre les entreprises, le gouvernement et les syndicats est nécessaire pour créer un environnement de travail équitable et respectueux des droits des travailleurs. » 

Arshavin S., employé dans les télécommunications depuis huit ans, ne dira pas le contraire. « Nous subissons constamment une pression de la part de nos supérieurs hiérarchiques et cela pèse beaucoup sur le moral », déplore l’habitant de Vieux-Grand-Port âgé de 32 ans.

Bien qu’il dise être « bien rémunéré », il reste du travail à faire pour améliorer le bien-être des employés, avance-t-il. 

« Même si nous sommes bien payés, les horaires de travail sont souvent très longs. Nous terminons au-delà de 20 heures la plupart du temps. Il est très difficile de concilier vie de famille et travail, surtout lorsqu’on vient de fonder une famille », fait-il remarquer.

Les congés sont très rares, poursuit Arshavin S. « On nous offre des primes de présence, c’est à mon avis une stratégie pour que nous ne prenions pas de congé. » Étant donné que les offres d’emploi ne sont pas nombreuses sur le marché, il avance que les jeunes n’ont d’autre choix que de prendre leur mal en patience. Il souhaite qu’une solution soit trouvée pour améliorer les conditions de travail.

Vince Rungasamy de la CTSP : «Important d’éduquer les jeunes sur leurs droits au travail»

vinceVince Rungasamy, membre de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), fait un constat : les jeunes ne sont pas suffisamment informés de leurs droits au travail. « Ils ne connaissent souvent pas leurs droits et très peu savent comment les faire appliquer », dit-il. 

« Par exemple, les jeunes employés ne sont pas au courant que les ‘local leaves’ sont applicables certes, mais seulement 48 heures à l’avance », explique-t-il. Selon le syndicaliste, comme les lois du travail ne sont pas enseignées à l’école, les jeunes n’ont pas de notion de leurs droits. Par conséquent, ces droits sont souvent violés sans qu’ils s’en rendent compte. « Par exemple, certains jeunes sont sous-payés, mais ne connaissent pas les lois du travail qui leur permettraient de faire valoir leur droit à une rémunération équitable », précise-t-il. 

C’est la raison pour laquelle il estime qu’il est important d’éduquer les jeunes sur leurs droits au travail. « Mon appel aux jeunes est de ne pas hésiter à solliciter les syndicats pour les guider, pour les représenter individuellement dans des cas au bureau du travail ou même pour créer un syndicat dans leur entreprise », dit-il.

Le syndicaliste rappelle qu’il y a eu pas mal d’avancées en matière de lois du travail au fil des années. Depuis 2022, lorsqu’un jeune débute dans un poste, même s’il change d’emploi, il est garanti qu’il obtiendra un « lump sum » à la retraite, souligne-t-il. « Ce n’était pas le cas avant. Du coup, souvent les employés ne démissionnaient pas de peur de perdre leur temps de service. » 

Désormais, l’employeur a l’obligation de payer un pourcentage du salaire de l’employé à la CSG. « Ainsi, même s’il y a eu un changement d’emploi, cela n’affectera pas la somme garantie à la fin de la retraite », dit-il.

Aussi, avec la réintroduction du Redundancy Board, une entreprise de plus de 15 employés ne peut licencier pour des raisons économiques sans avoir négocié au préalable avec le principal concerné. « Ce sera au Redundancy Board de décider si le licenciement est justifié et si tel est le cas, ce que l’employé obtiendra en retour », précise-t-il.

 

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