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Entrepreneuriat - Flavours of Mauritius : Kalyanee Hurry à la barre de son entreprise depuis 15 ans

Kalyanee Hurry

Le marché des snacks locaux est très concurrentiel. Plusieurs petites entreprises cherchent à se faire une place dans cette filière très prisée. Certains y arrivent grâce à des efforts continus, de la persévérance et de bonnes décisions. Depuis quinze ans dans ce secteur, Kalyanee Hurry, fondatrice et directrice de Flavours of Mauritius, figure parmi eux.

Ancienne employée dans l’hôtellerie, elle prend un congé sans solde pour s’occuper de son beau-père souffrant. Voulant revenir sur le marché du travail, elle n’en trouve pas. C’est alors qu’elle décide de prendre des commandes des quartiers avoisinants de sa localité pour préparer des snacks végétariens et non surgelés. Elle sait comment s’y prendre puisqu’elle avait déjà eu des cours de formation de base dans ce genre de traitement d’alimentation.

C’est ainsi qu’en 2003, elle se lance à son compte. Encouragée par un bon feedback des premiers clients, elle décide de monter en grade en proposant ses produits surgelés à des supermarchés et hypermarchés. Ce sont principalement des snacks tels que des samoussas, mini-pizzas, farcis, paneer, kofta, roti, nuggets et dholl puris…

Le travail de marketing n’est pas de tout repos, puisque plusieurs de ces commerces déclinent son offre dans un premier temps… jusqu’à ce que l’hypermarché Super U de Belle-Rose lui ouvre les portes. Entre-temps, elle structure son entreprise et se fait inscrire auprès du Registrar.

« Au fur et à mesure, les affaires marchent bien et j’ai multiplié des ouvertures dans d’autres grands commerces tels qu’Intermart ou les autres branches de Super U. Au final, je place des produits dans une douzaine de centres commerciaux du pays », confie-t-elle.

La location d’une camionnette pour effectuer des livraisons dans différentes régions de l’île commence à peser au chapitre des dépenses. En 2012, elle contracte donc un prêt pour l’achat d’un van reconditionné et rembourse la totalité de son emprunt cinq ans plus tard.

« Par la suite, j’ai acheté un véhicule réfrigéré, car il est absolument essentiel d’avoir le contrôle de la réfrigération à tous les niveaux de la chaîne du froid. Souvent, quand nous effectuons des livraisons aux hypermarchés, nous devons attendre pendant plusieurs minutes tellement il y a d’autres qui nous précèdent », explique Kalyanee Hurry.

Pendant ce temps, elle a ajusté la stratégie de sa production en éliminant les snacks non-végétariens. « On a toujours constaté que la clientèle était plus friande des produits végétariens. Par ailleurs, il me fallait faire fonctionner des réfrigérateurs exclusivement réservés aux intrants non-végétariens. C’était un bon choix, puisque cela augmente ma capacité à produire davantage ce que les clients veulent », dit-elle.

Une commande quotidienne de dholl puris et samoussas de Super U assure une régularité de la production alors que pour les autres snacks, les commandes surviennent trois à quatre fois par semaine. Elle exporte une à deux fois par mois vers les marchés anglais et irlandais par l’entremise d’un client qui y expédie des produits frais.

Elle fait cependant face à trois problèmes majeurs : la féroce compétition dans cette filière, les coûts de production et l’aménagement de locaux plus spacieux afin de pouvoir réduire des dépenses.

« La compétition est telle que nous ne pouvons pas grossir nos marges. Le taux de marge est au minimal, des fois c’est juste pour rentrer dans les frais et garder l’entreprise à flots. Ce qui aggrave davantage cette situation, c’est qu’on perçoit les recettes deux mois après avoir placé les produits. Ce manque de liquidités nous joue parfois des tours. Mais face à cette situation, je continue à offrir des produits de qualité », précise-t-elle.

Bien qu’elle doive faire face à une hausse des salaires pour une demi-douzaine d’employées et environ quatre autres à temps partiel, elle ne cherche pas à faire venir des travailleurs de l’étranger. « Les salaires sont ainsi et on compose avec ce facteur. Parfois, l’absentéisme affecte la chaîne de production. Alors, mes journées terminent plus tard et certaines de mes employées restent plus longtemps pour terminer une commande pressée. Je suis flexible avec mes employées, notamment avec celles qui ont des enfants. Je leur accorde des heures de travail plus souples », dit l’entrepreneure.

Faute de place, elle se retrouve dans l’obligation de freiner la production. C’est pourquoi, d’ici l’année prochaine, elle aménagera une nouvelle unité de production avec éventuellement l’installation d’une chambre réfrigérée. Ainsi, elle pourra conserver des produits en stock pour répondre à des livraisons plus importantes ou urgentes. Elle compte entreprendre des démarches pour obtenir des conseils sur ce sujet auprès du National Productivity and Competitiveness Council.

« Dans l’ensemble, les affaires marchent de façon satisfaisante mais cela exige beaucoup de sacrifice, de patience et de prendre les décisions importantes pour améliorer tout le temps la qualité des produits tout en apportant des solutions innovantes », dit-elle.

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