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Difficultés Financières : le jour où j’ai abandonné mon fils

Une bataille légale va bientôt démarrer pour savoir qui aura la garde de l’enfant.

C’est par nécessité que Nathalie a laissé son bébé à sa voisine il y a cinq ans de cela. Ce choix, elle l’a fait parce qu’elle rencontrait pas mal de difficultés financières. Aujourd’hui, elle se bat bec et ongles pour ramener son fils à la maison. Découvrez son combat.

Le regard triste, les yeux remplis de larmes et tenant une photo entre ses mains, Nathalie N. a du mal à trouver les mots justes pour nous raconter son histoire. Cette mère de huit enfants, âgée de 39 ans, a fait de son mieux pour les garder, mais cinq d’entre eux ont été placés sous la responsabilité du ministère  des Genres et du Bien-être de la Famille. Ils lui ont été retirés il y a quelques années de cela par la Child Development Unit. Dans le passé, Nathalie a travaillé comme bonne à tout faire et aujourd’hui, elle est employée dans une usine.  

« Le père de mes enfants m’a abandonnée. Par la suite, j’ai rencontré un autre homme et je pensais vivre une vie de rêve avec lui, mais j’ai vite déchanté. Quand je suis tombée enceinte en 2016, il m’a quittée. Ma situation financière était compliquée et c’est avec peine que j’arrivais à nourrir les deux enfants qui habitaient avec moi. Je ne pouvais même pas rendre visite aux autres et je me suis dit que c’était un péché d’avoir un bébé dans de telles conditions », relate Nathalie. Tout d’abord, elle a pensé à l’avortement, mais elle s’est vite rétractée ne voulant pas vivre avec l’idée d’avoir tué son bébé. Avant sa naissance, elle parle de ses difficultés à élever un énième enfant à son entourage et indique qu’elle compte le donner en adoption. « Je n’avais pas d’autre choix, car je ne voulais pas l’envoyer dans des centres ou autres abris pour les enfants. Si j’ai pensé à l’adoption, c’est parce que je me suis dit qu’une autre famille allait le rendre heureux », ajoute-t-elle. 

Mais à la naissance de son fils, personne ne s’est manifesté pour l’adopter. Sachant qu’elle n’allait pas le garder avec elle, elle a refusé de  s’attacher à lui. « Quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai beaucoup pleuré. J’étais bouleversée et je ne sais pas si c’était de l’amour. Cependant, je m’étais déjà faite à l’idée de ne pas le garder. Je l’ai pris quelques minutes dans mes bras, puis j’ai demandé aux infirmières de l’emmener loin de moi. Bien sûr, je me suis occupée de lui, avec l’espoir secret que son père allait réapparaitre, mais en vain. Il a appris qu’il avait eu un fils, mais il n’est jamais venu, ne voulant rien entendre à son sujet ». 

Sa voisine ne veut plus la rendre son enfant.

Nathalie, désemparée, avait pour seule confidente sa voisine qui venait la rendre visite à l’hôpital. Elle apportait régulièrement quelques couches et des vêtements. Quand Nathalie lui a expliqué qu’elle n’allait pas pouvoir garder le bébé, sa voisine, qui avait déjà deux enfants, l’a encouragé à trouver une autre solution et lui a aussi proposé son aide. Chose promise, chose due.  « Pendant que je m’occupais des autres enfants, elle prenait soin de mon fils. Au final, ce dernier passait beaucoup plus de temps chez elle. Quand je lui ai dit que j’allais le confier pour l’adoption, elle m’a supplié de ne pas le faire. Elle a proposé de s’occuper de lui autant que possible. J’ai donc déclaré mon enfant, mais il n’habitait plus chez moi. Cette idée ne m’a pas dérangée, même si je suis consciente que certaines personnes vont se permettre de me juger. Zot pou deklar plis konn mo lavi. Zot pou dir enn ta zafer. Zot pou permet zot ziz mwa ek koz buku me mwa ki kone ki monn viv », confie-t-elle.  

Le temps passe et son garçon grandit chez sa voisine. En mars 2021, Nathalie a un déclic. « Parfois, mon fils venait chez moi, mais je n’étais pas particulièrement attachée à lui. Puis, un jour, il est tombé gravement malade et j’ai passé beaucoup de temps avec lui et c’est là que j’ai commencé à ressentir de l’affection à son égard. Dès lors, je ne voulais plus le quitter », indique notre interlocutrice. Quand elle parle de ses sentiments à sa voisine, cette dernière se montre hostile envers elle. « Elle ne voulait plus que je m’approche de mon enfant et a ordonné à ce dernier de faire de même. Mais comme il avait l’habitude de faire le va-et-vient entre les deux maisons, il ne comprenait pas la situation et il a continué à réclamer après moi. À chaque fois que ma voisine le grondait, j’avais mal », ajoute Nathalie qui a donc décidé de durcir le ton. 

En effet, elle annonce à sa voisine qu’elle compte reprendre son fils, mais elle ne l’entendait pas de cette oreille. « J’étais ferme et je lui ai rappelé qu’elle n’avait aucun document légal qui lui permettait de garder mon garçon. J’ai  toujours signé les papiers officiels, notamment de l’école, entre autres. Puis, il y a deux mois de cela, elle a déménagé sans rien me dire », relate  Nathalie qui a entamé des démarches pour le récupérer. 

« Je sais qu’elle s’est occupée de lui depuis qu’il est bébé. Je lui suis très reconnaissante pour cela, mais c’est mon fils et je le veux près de moi. Je suis persuadée qu’il va me pardonner mes erreurs. Il fait partie de moi… », ajoute notre interlocutrice. Cette dernière  a retenu les services d’un homme de loi qui explique que c’est à la Cour de décider avec qui l’enfant devra vivre. « Il faut savoir que légalement, la mère d’accueil de l’enfant n’a pas la garde officielle. En déménageant et en l’emmenant avec elle, elle a trahi la confiance placée par la mère biologique qui lui a confié son garçon quand elle était en difficulté. Qu’importe ce qui s’est passé, ma cliente est la mère de l’enfant et elle souffre  ». Il ajoute que la Cour agira dans le meilleur intérêt de l'enfant.  Quant à la voisine en question, nous l’avons contactée, mais cette dernière avance ne pas vouloir faire de commentaires. Elle a juste déclaré : « Je l’aime comme mon fils. Laissons la justice décider ».

Une bataille légale va bientôt démarrer pour savoir qui aura la garde de l’enfant. Pendant ce temps, ce dernier est loin de se douter de ce qui se passe. Son destin n’est pas entre ses mains…

 

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