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Coronavirus : ce qu'on sait et ce qu'on ignore encore sur l'épidémie

Principaux cas favorisant la transmission du coronavirus entre humains (Crédit photo : boursorama.com / AFP)

Les premiers cas de contamination entre humains ont fait leur apparition ce mardi hors de Chine, où le bilan du nouveau coronavirus s'est alourdi avec 106 morts, tandis que Pékin appelait les Chinois à ne pas quitter leur pays.

Depuis le début de l'épidémie de pneumonie virale en décembre dans le centre de la Chine, aucun cas de contagion directe entre humains n'avait été enregistré en dehors de ce pays.

Mais le Japon et l'Allemagne ont pour la première fois signalé de tels cas mardi, tandis que plusieurs Etats préparaient l'évacuation de leurs ressortissants de la ville chinoise de Wuhan, le berceau du virus.

Quel est le taux de mortalité lié au nouveau coronavirus ? Quel est son niveau de transmission entre humains ? On en apprend un peu plus chaque jour sur l'épidémie partie de Chine, mais de nombreuses inconnues empêchent encore de déterminer son degré de gravité à l'échelle mondiale.

Wuhan
Vue aérienne montre les bâtiments résidentiels et commerciaux de Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine, l'épicentre de l'épidémie

Quel taux de mortalité ?

Selon les chiffres diffusés mardi, 106 patients sont morts sur un total de 4.500 cas en Chine. Aucun patient n'est mort hors de Chine, alors qu'une cinquantaine de malades ont été répertoriés dans une douzaine d'autres pays, de l'Asie et l'Australie à l'Europe et à l'Amérique du Nord.

A ce stade, on ne peut connaître avec précision le taux de mortalité lié à ce nouveau coronavirus baptisé 2019-nCoV, puisqu'on ne sait pas combien de personnes sont réellement infectées.

Ce taux est «aujourd'hui clairement inférieur à 5%», a jugé mardi la ministre française de la Santé Agnès Buzyn.

Auparavant, seules deux épidémies mortelles ont été causées par un coronavirus, vaste famille à laquelle appartient le nouveau virus : le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) et le Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient). 

Selon l'OMS, l'épidémie de Sras avait fait 774 morts dans le monde sur 8.096 cas en 2002/2003 avant d'être jugulée, soit un taux de mortalité de 9,5%. Toujours en cours, l'épidémie de Mers a fait 858 morts sur 2.494 cas depuis septembre 2012, soit un taux de mortalité de 34,5%.

Le nouveau virus «est moins mortel que celui du Sras ou du Mers. Par contre, il a l'air plus contagieux», selon Mme Buzyn. 

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Le bilan s'est alourdi en Chine avec 106 morts ce mardi

Quel niveau de contagion ?

Des experts ont tenté d'estimer le nombre de gens contaminés par une personne infectée. Appelé "taux de reproduction de base" (ou R0), ce paramètre est important pour cerner la dynamique d'une épidémie.

Les différentes estimations vont de 1,4 à 3,8, ce qui est jugé modéré, explique à l'AFP David Fisman, professeur à l'université de Toronto.

On ignore le stade de l'infection auquel un patient devient contagieux.

La contagion est possible avant même que des symptômes n'apparaissent, a assuré dimanche la Chine.

Toutefois, cette hypothèse se base sur l'observation de quelques cas et n'est pas confirmée avec certitude.

«Il est urgent de mener des recherches sur cette question, car elle est cruciale», insiste le Pr Mark Woolhouse de l'université d'Edimbourg (Ecosse).

«Notre principal espoir de contrôler l'épidémie est d'identifier rapidement les patients touchés et de les isoler pour éviter la contagion», rappelle-t-il. «Si la transmission du virus avant même l'apparition des symptômes se confirmait à large échelle, l'efficacité de telles mesures serait compromise».

L'Allemagne et le Japon ont chacun annoncé mardi un cas de contagion directe entre humains sur leur sol. A l'exception d'un autre cas au Vietnam, cela n'avait jusque-là été observé qu'en Chine.

«Ça n'est pas surprenant. Il y aura d'autres cas similaires», commente le Dr Michael Head, de l'université de Southampton (Angleterre), selon qui ce type de cas hors de Chine devrait se produire "à une échelle bien moindre" que dans le pays berceau de l'épidémie.

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Principaux cas favorisant la transmission du coronavirus entre humains (Crédit photo : boursorama.com / AFP)

Quels symptômes ?

La maladie respiratoire provoquée par le nouveau coronavirus et le Sras ont des symptômes communs, selon l'observation des 41 premiers cas repérés en Chine.

Tous ces patients avaient une pneumonie, la quasi-totalité avait de la fièvre, les trois quarts toussaient, plus de la moitié avait des difficultés respiratoires.

Mais «il y a d'importantes différences avec le Sras, comme l'absence de symptômes affectant les voies aériennes supérieures (nez qui coule, mal de gorge, éternuements)», analyse le Pr Bin Cao, auteur principal de ces travaux publiés dans The Lancet.

L'âge moyen des 41 patients est de 49 ans et moins d'un tiers souffrait de maladies chroniques (diabètes, problèmes cardiovasculaires...). Près d'un tiers a présenté une détresse respiratoire aiguë et six sont morts.

Ces observations permettent de dresser un premier tableau clinique de la maladie, dont le diagnostic est rendu plus difficile par l'épidémie de grippe qui sévit actuellement, avec des symptômes proches.

Il n'existe ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge médicale consiste à traiter les symptômes.

Comment contrôler l'épidémie ?

L'épidémie de Sras avait été endiguée en quelques mois grâce à une grosse mobilisation internationale. La Chine avait imposé de strictes mesures d'hygiène à sa population (dont le port de masques), et des dispositifs d'isolement et de quarantaine avaient été mis en oeuvre.

La Chine avait interdit la consommation de civettes, mammifère via lequel le virus se transmettait à l'homme. 

Dans le cas du nouveau virus, on ne sait pas encore quel animal joue ce rôle d'intermédiaire. En attendant de le connaître, la Chine a interdit le commerce de tous les animaux sauvages.

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Face au nouveau coronavirus, les masques chirurgicaux sont pris d’assaut...

Enfin, les spécialistes mettent en avant l'importance des «mesures-barrières», efficaces pour d'autres maladies virales comme la grippe: se laver les mains fréquemment, tousser ou éternuer dans le creux de son coude ou dans un mouchoir, éviter de se toucher le visage...

Avec AFP

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