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Surpoids et obésité infantile : Taux élevé pour Maurice

Le Dr T. Bachoo, pédiatre et endocrinologue et Mlle T. Soobrah, nutritioniste sont les invités de l’émission Xplik ou cas santé. Le Dr T. Bachoo, pédiatre et endocrinologue et Mlle T. Soobrah, nutritioniste sont les invités de l’émission Xplik ou cas santé.

Les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme. Ces dernières années, disent-ils, Maurice connaît une hausse au niveau du surpoids et de l’obésité infantile. Raisons : une mauvaise alimentation et une vie sédentaire.

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Les enfants et adolescents sont les plus touchés par le surpoids et l’obésité. C’est que soulignent le Dr Tarkeswarnath Bachoo, pédiatre et endocrinologue à l’hôpital de Flacq et Teenusha Soobrah, nutritionniste. Ces derniers étaient les invités de l’émission Xplik ou cas santé de Radio Plus. Ils soutiennent que ce phénomène de santé entraîne un rajeunissement des cas de maladies cardio-vasculaires et un nombre plus élevé d’adolescents en situation pré-diabétique. De plus, il y a un risque plus élevé chez ces enfants d’avoir un cancer du colon et un taux élevé de cholestérol, de l’hypertension, des problèmes rénaux, une puberté précoce et des problèmes au foie, ce qui est très commun chez les personnes obèses. Les filles, elles, pourraient avoir des problèmes aux ovaires. Ce qui peut causer des difficultés à tomber enceinte.

Par ailleurs, obésité et asthme ne faisant pas bon ménage, certains peuvent avoir des problèmes d’hyperventilation et d’autres l’apnée du sommeil, des problèmes aux os ou de peau et un manque de calcium et de fer. Et, l’enfant né d’une mère qui souffre d’obésité peut avoir des malformations congénitales,  explique le Dr Bachoo. Selon le pédiatre, « le problème du surpoids et de l’obésité infantile est important à Maurice ». Diverses mesures ont été prises par le ministère de la Santé et celui de l’Éducation et des Organisations non gouvernementales pour adresser le problème.

Le changement dans le mode de vie est pointé du doigt. « Les familles sont de plus en plus nucléaires (parents et les enfants). Cela a une incidence sur leur mode de vie et ils ont moins de temps pour faire d’autres activités en dehors du travail et l’écolage », explique le Dr Bachoo. De plus, avec le  système de transport scolaire, les enfants n’ont pas l’occasion de marcher pour aller à l’école comme autrefois.  « Cela résulte à un manque d’activités physiques ». Il y a, soutient le médecin, une mauvaise balance entre la consommation des aliments et les activités physiques qui est en train de diminuer de plus en plus.  « Ce n’est pas uniquement les chiffres de l’obésité et de surpoids qui prennent l’ascenseur  mais aussi les maladies non transmissibles qui y sont liées », précise-t-il. 

Teenusha Soobrah note, pour sa part, une grande prise de conscience de la part de certains parents quant à l’excès de poids de leur enfant. Et c’est souvent avec leurs résultats indiquant un statut de pré-diabétique qui leur fait réagir afin que leur enfant ait une meilleure alimentation. « Les parents viennent à un stade où la situation peut encore être renversée. Ce sont principalement ceux qui sont en surpoids et qui vont vers l’obésité », dit-elle.

Elle affirme également que nombreux sont les enfants et adolescents en surpoids qui se présentent avec de la graisse abdominale. Elle se réfère à diverses études effectuées. Elle soutient que « plus que la distribution de la graisse se fait au niveau des organes, plus les complications augmentent ».


Pas de régime alimentaire chez les enfants

« Le régime alimentaire ne s’applique par chez les enfants ». C’est ce qu’affirme Teenusha Soobrah. Elle note que dans certains cas, des parents veulent mettre leur enfant au régime en raison de leur surpoids ou obésité. « Ils ne réalisent pas que le corps d’un enfant est différent de celui d’un adulte. Quand les enfants sont en pleine croissance, ils risquent de manquer des vitamines et minéraux dont leur corps a besoin pour grandir si on les places sur un régime alimentaire », dit-elle. Cela peut avoir pour conséquences que leur croissance ne se fait pas comme il faut et engendrer des complications de santé.  « On ne doit pas mettre un enfant sur un régime, il faut simplement stabiliser son poids. Cela à travers des changements alimentaires », insiste-t-elle. S’il perd du poids à travers des activités physiques c’est tant mieux mais on ne doit pas diminuer son alimentation.

Le Dr Bachoo abonde dans le même sens. « Au lieu de parler de régime alimentaire chez l’enfant, il faut plutôt lui proposer une alimentation saine et équilibrée », dit-il. Pour lui on peut parler de diminution du poids chez les adultes mais pas chez les enfants, chez qui, il faut laisser le poids augmenter, mais en diminuant sa rapidité. Il faut se rappeler que quand le ventre d’un enfant n’est pas rempli, il ne pourra pas bien apprendre, jouer comme il faut ou vivre convenablement, ajoute le pédiatre.


Les parents comme modèle

Afin de combattre le surpoids et l’obésité infantile, c’est une alimentation saine et équilibrée ainsi que la pratique régulière des activités physiques qui doivent être privilégiés, insistent Dr Bachoo et Teenusha Soobrah. Les légumes et les fruits doivent être présents à tous les repas. Les parents doivent trouver des petites astuces afin qu’ils arrivent à inciter leur enfant à en manger bien que dans certains cas ils n’apprécient pas ces aliments. L’eau doit être privilégié aux jus de fruits, qu’il soit en brique ou fait-maison.

Pour inciter les enfants à manger sainement et à pratiquer une activité physique, les parents ont un grand rôle à jouer, affirment le pédiatre et la nutritionniste. Cela en donnant le bon exemple disent-ils. Pour eux, les bonnes habitudes alimentaires débutent à la maison.


Mauvaise hygiène de vie

Outre une mauvaise hygiène de vie et un manque d’activités physiques, la perte d’un proche, la séparation des parents ou encore l’échec scolaire sont parmi les autres causes qui peuvent avoir un impact sur un enfant et ainsi engendrer le surpoids et l’obésité infantile, selon le Dr Bachoo et Teenhusha Soobrah. Cela peut aussi être dû à une transmission génétique. Si les deux parents sont en surpoids, le risque que leur enfant soit obèse est de 80 % ; si un seul des parents est en surpoids ou obèse, l’incidence diminue par 40 % et si les deux parents ont un poids normal, l’incidence est de 19 %.


Indice de masse corporelle

Pour déterminer si une personne est en surpoids ou obèse, il suffit de faire un petit calcul simple pour connaître son indice de masse corporelle (IMC). Cela en prenant le poids en kilos qu’on divise, en deux fois, par la hauteur de la personne. Si le poids est moins de 5 % , la personne est en sous poids. Si c’est entre 5 % et
85 % le poids est considéré comme normale. Et entre 85 % et 95 %, la personne est en surpoids. Si une personne dépasse les 95 %, c’est l’obésité.  Et si cette obésité est trop élevée, c’est l’obésité morbide qui est souvent associée à d’autres maladies. Cela ne va pas permettre au sujet de mener une vie normale que ce soit d’enfant ou d’adolescent.

 

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