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Sucre - Tanzanie : négociations mauriciennes pour un terrain de 25 000 hectares

Tanzanie

Les autorités mauriciennes négocient avec le gouvernement tanzanien pour obtenir un terrain de 25 000 hectares (73 123 arpents, soit plus d’un tiers de Maurice), dans le district de Rufiji, dans la région côtière au sud de Dar es-Salaam.

Sur cette superficie, il est question de consacrer 10 000 hectares à la culture de la canne à sucre et de réserver le reste à d’autres cultures, dont le maïs. À titre indicatif, Maurice est d’une superficie de 204  000 hectares.
Dans un pays lourdement déficitaire en production sucrière, le gouvernement accueille favorablement la venue de nouveaux producteurs. La production totale annuelle de sucre est de 300 000 tonnes, alors que la demande sur le marché local est de 590 000 tonnes. « C’est un marché très protégé. Le gouvernement tanzanien empêche les autres pays de venir y faire du dumping », explique un proche du dossier côté mauricien.

Une délégation, dirigée par l’ambassadeur mauricien en Tanzanie et au Mozambique, Jean-Pierre Jhumun, ainsi que d’autres membres d’une mission gouvernementale mauricienne ont rencontré plusieurs ministres tanzaniens, ainsi que le Tanzania Investment Centre et le Tanzania Sugar Board pour discuter du projet, le mois dernier. Il est question d’employer 2 000 personnes de manière permanente et 3 000 saisonniers.

Si à Maurice, la tonne de canne à sucre est vendue à Rs 10 000, dans ce pays d’Afrique de l’Est, elle est d’environ Rs 30 000 la tonne. Et c’est là la véritable opportunité. La main-d’œuvre est moins chère, le coût de production moins élevé et le prix de vente est bien au-delà de ce qui se pratique sur le marché mauricien. « Même si le prix de vente accuse une forte baisse, nous serions encore profitables », avance-t-on au niveau de la partie mauricienne.

L’avantage du district de Rufiji est qu’il est situé près du port de Dar-es-Salaam. Acheminer le sucre jusqu’au port ne pose donc pas de problème majeur. Si les autorités mauriciennes voulaient investir au Mozambique, sur une concession de 20 000 hectares à Marracuene, concédé à Maurice en 1999 mais resté inexploité jusqu’à présent.

S’il est question d’embarquer le Sugar Investment Trust dans l’aventure, il faudra convaincre le conseil d’administration ainsi que d’autres partenaires privés. « Des compagnies étrangères et tanzaniennes sont intéressées à nous accompagner. Mais il faut d’abord finaliser les négociations pour le terrain », confie notre source.

Reste la question de confiance. La Tanzanie est réputée pour être un pays stable. Le groupe mauricien Alteo y produit du sucre et, à travers TPC, est l’un des principaux producteurs avec 8  000 hectares. Elle produit aussi de l’électricité. Alteo est propriétaire de 15 000 hectares non loin du Mont Kilimandjaro, et compte augmenter la surface sous culture.