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À St-Brandon : le poste de la NCG menace de s’effondrer 

Des officiers de la National Coast Guard (NCG) dénoncent les conditions dans lesquelles leurs collègues sont appelés à travailler à St-Brandon. Le bâtiment qui leur sert d’abri serait dans un état de délabrement, menaçant de s’effondrer. La police annonce l’ouverture d’une enquête.

Les gouttières installées ne permettent pas un captage efficace d’eau de pluie.
Les gouttières installées ne permettent pas un captage efficace d’eau de pluie.

Une vie de Robinson Crusoe. C’est ainsi que des officiers de la NCG décrivent leurs conditions de travail. À commencer par l’état du bâtiment dans lequel ils sont appelés à vivre. « Se enn rwinn sa, misie. A tou ler sa kapav nek grene », allèguent des officiers qui y ont récemment séjournés. « Miray fele partou, beton pe tonbe depi plafon. Bann feray in deor ek pe rouye », soutient-ils. 

S’ils disent comprendre que la structure qui date de plusieurs décennies a subi les affres du temps , ils dénoncent cependant « l’inaction » de l’administration de la police pour remédier à la situation. Ce, malgré les rapports rédigés par ceux qui retournent de St-Brandon. « Rapor plizir paz  nou fer e donn zot, me sa res dan tirwar. Ou bien, zot avoy ofisie vinn fer de trwa reparasion, kolmat a drwat ek a gos, sa mem tou. Problem la res antie », soutiennent-ils. 

Ces tonneaux auraient été abandonnés sur place.
Ces tonneaux auraient été abandonnés sur place.
Des fissures sont apparentes dans tout le bâtiment.
Des fissures sont apparentes dans tout le bâtiment.

En temps cyclonique, ces officiers indiquent qu’il n’est pas rare qu’ils aillent trouver refuge dans le bâtiment abritant le personnel  des services météo. « Banla osi zot batiman dan lapenn mem, me pou zot omwin dan oter », ajoutent-ils. 

Eau, électricité, radar...

En sus du bâtiment, l’eau potable serait un autre souci majeur des officiers, surtout pour effectuer les tâches quotidiennes. Le système mis en place pour capter l’eau de pluie serait loin d’être efficace, selon eux. « Nou ena tank me nou pa resi kapte delo akoz tol kinn mete inn pouri ek ena perdision dan dalo », avancent-ils. Ils soulignent qu’ils doivent alors rationner la dizaine de « pel dilo » qu’ils parviennent à apporter sur l’île ou alors se fier à la générosité des bateaux qui passent à proximité. Pour leur consommation, ils disposent de bouteilles d’eau potable. 

Le poste de la National Coast Guard à St-Brandon.
Le poste de la National Coast Guard à St-Brandon.

Les nombreux panneaux solaires installés sur l’île pour fournir l’électricité nécessaire au fonctionnement de la station de la NCG seraient inutilisables, selon des officiers. « Du coup, il faut se servir du générateur, lequel ne peut tourner à longueur de journée. Sans compter que plusieurs générateurs installés sur l’île ne fonctionne plus », disent-ils. Et quid de l’opération du radar sensé être utilisé pour détecter la présence de bateaux dans la région ? À cette question, nos interlocuteurs disent ne pas vouloir faire de commentaires.

Par ailleurs, des tonneaux contenant de l’essence ou de l’huile utilisé pour alimenter les générateurs auraient été abandonné sur l’île. Ce qui, selon ces officiers, ne serait pas sans conséquence pour l’environnement. « Inn met dan enn kwin, li res laba mem ziska li pourri. Fode kan minis pou vini lerla pou fer netwaye », allèguent-ils. 

Ce qu’il reste de l’héliport ayant coûté Rs 22,4 millions,  dont une partie a été emportée par les vagues.
Ce qu’il reste de l’héliport ayant coûté Rs 22,4 millions, dont une partie a été emportée par les vagues.

Ces officiers disent être conscients qu’ils ne vont pas à St-Brandon pour des vacances et ne s’attendent donc pas à un traitement princier. « Nous aimons notre travail et, nous sommes prêts à donner notre vie pour notre pays. Cela dit, nous ne voulons pas mourir pour un morceau de béton tombé sur la tête ou parce que des hauts gradés n’ont que faire de la situation dans laquelle nous sommes appelés à travailler », déplorent-ils. 


L’évacuation par l’air est impossible

L’héliport construit sur l’île Raphaël, au coût de plus de Rs 20 millions, il y a quelques années est impraticable. La moitié des infrastructures a été emportée par les flots. Or, cet héliport, qui n’aurait jamais été utilisé, devait servir pour évacuer des blessés ou des malades. « Il faut compter sur les bateaux de pêche pour évacuer un blessé rapidement. Dépêcher un navire de la NCG de Port-Louis prendra au minimum 24 heures », explique un officier.

Les panneaux solaires inutilisables et mal entretenus.  À l’arrière-plan, se dresse la tour qui abrite le radar.
Les panneaux solaires inutilisables et mal entretenus. À l’arrière-plan, se dresse la tour qui abrite le radar.

La police : « Une enquête initiée »

« Nous avons pris note de ce cas et une enquête a été initiée en interne pour déterminer la véracité des faits. » C’est la réponse fournie par les Casernes centrales au Défi Plus suivant un courriel adressé à la police. Un courrier dans lequel nous avons fait état des griefs des officiers de la NCG : bâtiment en mauvais état, générateurs en panne, panneaux photovoltaïques inutilisables, l’état de l’héliport, le fonctionnement du radar sur place et la présence des tonneaux. Le Défi Plus n’a obtenu aucun retour du côté du bureau du Premier ministre (PMO), tout comme dans le cas du bâtiment des services météo.

Cinq officiers postés à St-Brandon

Ils seraient au moins cinq officiers de la NCG en permanence sur l’île Raphaël, généralement un sergent et quatre constables avec de l’expérience. Leur tâche consiste, entre autres, à patrouiller la région et assurer la sécurité de ceux présents, notamment au village des pêcheurs. Les officiers perçoivent une « disturbance allowance » mensuelle qui équivaut à environ 65 % de leur salaire de base. « Un constable peut percevoir un montant additionnel d’environ Rs 10 000 par mois, soit Rs 20 000 pour un Tour of Duty de deux mois », affirme-t-on. 
 

 

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