Interview

Ravind Kumar Bhojun (Head of Credit Risk chez Bank One) : «Nous jouissons d’un climat des affaires approprié»

Ravind Kumar Bhojun

L’économie mauricienne est de nature robuste et affiche des perspectives prometteuses. Tel est l’avis de Ravind Kumar Bhojun, Head of Credit Risk chez Bank One.

Comment évaluez-vous la performance de l’économie mauricienne ?
Je pense que l’économie mauricienne est de nature robuste et affiche des perspectives prometteuses de croissance notamment dans des secteurs clés comme la construction, les services financiers, le tourisme et les biens consommables. Cela vient plus que compenser le déclin de secteurs traditionnels tels que le textile et le sucre. Nous jouissons d’un climat des affaires approprié ; notre politique monétaire permet de maintenir la stabilité financière tout en préservant la viabilité des fondamentaux fiscaux. Sa stabilité politique, son cadre réglementaire, ses différents traités fiscaux conclus avec les pays africains et son positionnement géographique dans l’Océan Indien font de Maurice le choix idéal en tant que plateforme d’entrée en Afrique pour les investisseurs asiatiques. Toutefois, l’impact des guerres commerciales et du Brexit sur les entreprises tournées vers l’exportation et le tourisme pourrait être un sujet d’inquiétude.

Est-ce que les banques ont une part de responsabilité dans l’endettement des ménages ou encore des entreprises ?
Les banques doivent faire preuve de responsabilité dans le choix de prêts alloués.

Bank One, en tant que «responsible lender», a établi des normes spécifiques à ce sujet. À titre d’exemple : le ‘Debt to Income ratio’ et le salaire minimum après la déduction du montant à payer (Obligor’s net income minus debt obligations). Le but est de s’assurer que le débiteur puisse s’acquitter de sa dette et en même temps disposer d’un revenu suffisant pour subvenir à ses besoins personnels ou familiaux. Dans la même lignée, des procédures de vérification strictes sont effectuées pour les entreprises afin de garantir un financement adéquat au débiteur.

Comment tout ceci affecte-t-il le consommateur ? Dans ce contexte, les banques ont-elles pris trop de risques ?
On veille à ce que le client dispose d’une somme suffisante pour ses dépenses en allouant des prêts à la clientèle « Retail ». La responsabilité d’assurer la gestion de son budget en conséquence après l’émission d’une facilité de crédit appartient toutefois au client en question. Pour les entreprises, au-delà des obligations réglementaires spécifiques, les conditions du marché demeurent un facteur externe qui peut avoir un impact significatif et  doivent être prises en compte lors de l’évaluation de potentielles facilités de crédit aux entreprises. La banque se doit de mener une analyse appropriée en fonction de son appétit au risque.

Quels sont les critères d’évaluation avant qu’un client obtienne son emprunt ?
Pour les consommateurs du pôle «Retail», nous prenons en considération principalement le salaire, le ratio dette/revenu, le salaire net et l’historique de remboursement de la dette (si c’est applicable). Pour les entreprises, la procédure est de nature plus complexe. Nous avons une analyse spécifique en fonction du débiteur, qui inclut une analyse de la direction ou des actionnaires, une analyse financière, des flux de trésorerie, sectorielle, ainsi qu’une analyse de projet, entre autres.

Comment satisfaire ces exigences dans l’évaluation d’un dossier de crédit ?
Les normes de prêts bancaires sont généralement prédéfinies en fonction de l’appétit au risque, que les banques peuvent examiner au fur et à mesure. Cependant, une banque devrait être suffisamment responsable pour pouvoir définir un appétit au risque bien équilibré. Un autre fait très important : les prêts doivent être fondés uniquement sur la solvabilité du débiteur (client).

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