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Meurtre à Telfair, à Moka : Kaya Kistnen devait au moins Rs 5 millions à une vingtaine d’individus   

Un reçu de Clear Ocean Hotel and Resort qui atteste que Kaya Kistnen avait été payé pour ses travaux à Pomponette.

La MCIT a dressé la liste des créditeurs de l’activiste du MSM. Elle a aussi entendu, le jeudi 2 septembre, son partenaire en affaires, Vinessen Subbaroyan, qui avait participé au braquage de la MCB.

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L’activiste du Mouvement socialiste militant (MSM) Soopramanien Kistnen (Kaya) devait au moins Rs 5 millions à une vingtaine d’individus. Cet entrepreneur en bâtiments et en travaux publics avait pris l’habitude de contracter des emprunts auprès de ses amis, de ses connaissances et de prêteurs sur gages. L’argent devait servir à rémunérer les ouvriers sur ses chantiers en attendant qu’il soit payé. Il avait aussi acheté des matériaux à crédit et loué des équipements.  

Ces détails émanent de l’enquête menée par la Major Crimes Investigation Team (MCIT), en vue d’élucider le meurtre de cet homme de 52 ans. Il avait été trouvé dans un champ de canne à Telfair, à Moka, le dimanche 18 octobre 2020. Il avait des brûlures au troisième degré sur 40 % de son corps. Il avait été porté disparu deux jours auparavant.

L’autopsie a conclu à un œdème pulmonaire provoqué par le feu. Mais celle-ci a été contestée par deux médecins légistes, après un examen du rapport rédigé par le Dr Ananda Sunnassee, dans le cadre de l’enquête judiciaire.    

Les dettes de Kaya Kistnen remontent aussi loin que 2015 et se chiffrent à au moins un demi-million de roupies par créditeur. « Il me devait plus de Rs 600 000. C’était un ami pour lequel j’avais beaucoup d’estime. J’ai voulu l’aider, afin qu’il ne soit pas passé à tabac par les maçons qu’il employait. Il m’avait dit que certaines personnes lui devaient de l’argent. Ce n’était pas le cas selon ce que j’ai appris lors de l’enquête judiciaire. Il avait pris de l’argent à des personnes pour construire leur maison avant même qu’un morceau de béton ne sorte de terre », confie un de ses créditeurs.  

Celui-ci explique que Kaya Kistnen lui avait fait croire que la société Clear Ocean Hotel and Resort (COHR) lui devait Rs 2 millions pour l’installation d’une clôture en tôles sur la plage de Pomponette, dans le cadre de son projet d’hôtel. 

Hold-up

Or, celle-ci lui avait déjà versé cette somme à travers des chèques et des virements sur son compte personnel depuis belle lurette. Techniquement, cet argent aurait dû être payé à Rainbow Construction Ltd, une société dans laquelle Kaya Kistnen a pour associé Pooveden (Vinessen) Subbaroyan.  

Vinessen Subbaroyan aurait été une des têtes pensantes du hold-up au quartier général de la Mauritius Commercial Bank (MCB) en 2005. Rs 51,8 millions avaient été emportées. Il a été entendu le jeudi 2 septembre par la MCIT et sera convoqué de nouveau pour expliquer avec qui Kistnen avait rendez-vous le vendredi 16 octobre 2020. L’ancien planton de la MCB devra aussi énumérer les griefs de Kaya Kistnen contre l’ex-ministre du Commerce Yogida Sawmynaden.  

Kaya Kistnen devait également une grosse somme d’argent à Koomadha Sawmynaden. Et il lui faisait croire que Vinay Appana et Yogida Sawmynaden allaient l’aider à le rembourser. Kaya Kistnen lui aurait dit qu’il utilisait un téléphone que Yogida Sawmynaden lui aurait remis. 

Ces affirmations n’ont pu être vérifiées par la MCIT, d’où la décision de l’équipe de l’assistant-surintendant de police Vikash Seebaruth de l’entendre de nouveau.

Il y a quinze jours, le maçon Jean-Noël Heroseau, qui a travaillé pour Koomadha Sawmynaden, a été entendu. Il a donné son emploi du temps pour le vendredi 16 octobre 2020, le jour de la mort de Kaya Kistnen. Interrogé sur sa présence dans la région où ce dernier se trouvait ce jour-là, il a déclaré qu’il avait accompagné une proche à l’hôpital Victoria.


Enquête judiciaire :  À l’heure des conclusions 

Clap de fin sur l’enquête judiciaire instituée pour faire la lumière sur le décès de Soopramanien Kistnen aussi connu comme Kaya. Étalée sur neuf mois, cette enquête judiciaire, très médiatisée, a non seulement vu des versions les unes les plus divergentes que les autres, mais a aussi apporté son lot de parjures. La magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath a mis en délibéré ses conclusions.  

Pas moins de 60 témoins ont été appelés à la barre au cours de cet exercice. Cela, y compris l’ex-ministre du Commerce, Yogida Sawmynaden. L’enquête judiciaire avait pris fin le 18 juin 2021. Toutefois, elle avait été rouverte, le 27 juillet 2021, à la suite de nouveaux éléments avancés dans cette affaire. Le bureau du DPP était représenté par Me Azam Neerooa, Senior Assistant Director of Public Prosecutions. Simla Kistnen, la veuve de Soopramanien Kistnen, était, elle, représentée par un panel d’avocats, mené par Me Rama Valayden. Il incombe à présent à la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath de remettre ses conclusions au DPP afin que ce dernier décide de la marche à suivre. 

Cette enquête a été marquée, entre autres, par les avis divergents des médecins légistes. Le Dr Ananda Sunnassee, qui avait pratiqué l’examen post mortem, a conclu que Soopramanien Kistnen a succombé à un œdème pulmonaire en raison de l’inhalation de fumée. La Dr Shaila Prasad-Jankee, qui s’était rendue sur les lieux, a catégoriquement déclaré que la victime avait été étranglée avant d’être brûlée. Le Dr Satish Boolell a, quant à lui, conclu, sur la base des photos prises lors de l’autopsie et du rapport, que Soopramanien Kistnen a été victime d’un homicide par asphyxie. 

 

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