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Kemraz Mohee, CEO de la SIL : «Les serveurs Huawei seront privés de certains logiciels»

portable La guerre technologique entre les États-Unis et la Chine pourrait se présenter comme une opportunité pour l’Afrique.

Cet impact est inattendu pour les entreprises africaines et mauriciennes qui utilisent ou fournissent des serveurs Huawei : certains logiciels ne seront plus disponibles sur ces systèmes selon le CEO de State Informatics Ltd. D’autres impacts mais aussi des opportunités se présentent pour l’Afrique, selon des experts.

Il n’y a pas que les smartphones Huawei qui sont privés de logiciels américains, en l’occurrence le système d’exploitation (OS) Android de Google. Selon Kemraz Mohee, Chief Executive Officer (CEO) de la société mauricienne State Informatics Ltd (SIL), le conflit entre les États-Unis et Huawei impacte également les entreprises qui utilisent ou fournissent des serveurs du fabricant chinois dans la région. « Au niveau de la technologie des serveurs, la SIL par exemple propose des solutions Huawei. Mais certains logiciels américains notamment de  sécurité informatique ne seront plus disponibles sur ces serveurs. On va donc devoir se tourner vers d’autres gammes », explique Kemraz Mohee dans une déclaration au Le Dimanche/L’Hebdo.

D’un autre côté, la guerre technologique entre les États-Unis et la Chine pourrait se présenter comme une opportunité pour l’Afrique. Kemraz Mohee évoque le marché que représentera le futur OS des smartphones Huawei pour les entreprises africaines et mauriciennes. « On peut imaginer que les développeurs proposent des applications pour le nouvel OS de Huawe », affirme le CEO de la SIL.

Interrogé par la BBC, Eric Olander, journaliste au China Africa Project en Afrique du Sud, explique que Huawei s’est largement répandu en Afrique à travers les infrastructures de télécommunications et les smartphones. « Huawei a construit une grande partie de l’infrastructure de télécommunications africaine. Si les États-Unis parviennent à paralyser l’entreprise chinoise, les conséquences pourraient être douloureuses pour le secteur émergent des technologies en Afrique qui s’appuie grandement sur Huawei », indique cet expert.

Harriet Kariuki, spécialiste des relations entre la Chine et l’Afrique estime que le conflit est l’occasion pour le secteur africain des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) de se réinventer. « Ce n’est pas la guerre de l’Afrique, le continent doit se concentrer sur ce qui marche pour lui. C’est probablement le moment pour l’Afrique de songer à développer ses propres technologies adaptées à son marché au lieu de rester un client passif. Je veux voir les pays africains s’unir contre cette colonisation numérique », lance-t-elle dans une déclaration à la BBC.

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