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Décès liés à la Covid-19 : le GM «cache la vérité à la population», selon Ramgoolam

Lors d’une visioconférence sur sa page Facebook, ce vendredi 9 avril, le leader du Parti travailliste (PTR), Navin Ramgoolam, s’est penché, sur plusieurs sujets d’actualité. Son tour d'horizon incluait la gestion de l’épidémie de la Covid-19 par le gouvernement, les décès des patients, les examens scolaires, la situation financière à Maurice, la vaccination et le renvoi des membres de l’opposition de l’Assemblée nationale.

Tenant compte des 539 cas de Covid-19 [à cet après-midi], un chiffre qui, remarque-t-il, dépasse le nombre de cas recensés l’an dernier, le Dr Navin Ramgoolam dit avoir fait des suggestions au gouvernement pour qu’il « corrige ses erreurs ». Notamment par rapport à la gestion même de l’épidémie de la Covid-19 au pays.

« Malheureusement, le gouvernement a adopté uniquement deux de mes mesures. Il a étendu le confinement jusqu’au 30 avril et il n’a pas ouvert le marché de Port-Louis. Néanmoins, il continue à faire la sourde oreille sur le reste », dit-il. Cela tout en ajoutant que ces mesures qu’il a préconisées ne sont pas pour faire de la politique partisane. Mais que c’est dans un élan de patriotisme pour protéger la vie des Mauriciens.

Pour le leader des rouges, un Premier ministre doit maîtriser ses dossiers et doit pouvoir répondre à toutes les questions. « Il ne peut pas dire qu’il n’a pas d’informations. En tant que Premier ministre, il doit pouvoir répondre aux questions additionnelles ». 

Renvoi du Dr Gaud réclamé

Concernant les décès des patients non-attribués à la Covid-19, Navin Ramgoolam est d’avis que le gouvernement actuel est en train de cacher la vérité à la population. Cela en « dissimulant le nombre de morts ».

« Dans un entretien dans un article de presse, le Dr Satish Boolell explique que si un patient a été infecté à la Covid-19, son décès ne peut être attribué à sa comorbidité. Mais le Dr Catherine Gaud maintient le contraire. Je trouve son manque de considération incroyable et révoltant. Le Premier ministre doit la renvoyer sur-le-champ », dit-il.

En ce qu’il s’agit de l'annonce de décès de patients, Navin Ramgoolam soutient que, par humanisme et par compassion, les autorités doivent avertir les proches. Cela tout en faisant référence au cas de la fille en quarantaine qui n’a pu dire au revoir pour une dernière fois à sa mère décédée. « Tifi la inn gayn sok so mama inn mor. Ou realize ki tromatism ek kouma sa sagrinan. Kouma li posib ki gouvernman pena enn gout umilite e kompasion. Ek li bless bann fami dan zot dinyite umain », martèle-t-il. Cela tout en indiquant que ce n’était pas le cas l’an dernier avec le Dr Vasantrao Gujadhur.  « Fami ban desede ti kav al fineray avek maximum 10 dimoun. Le trio infernal Gaud, Jagutpal ek Joomaye ine sanz prosedir pou met zot propr prosedir », dit-il.

Gestion « katastrofik » des examens

Pour Navin Ramgoolam, la décision de la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation de maintenir les examens scolaires du Primary School Achievement Certificate, du National Certificate of Education (NCE ), du School Certificate et du Higher School Certificate, en ce temps de pandémie, est un crime envers les enfants.

« Linn obliz ban zanfan al kompoz legzamen an plenn zon rouz kot paran ek lapolis osi ti pe sirkule. Ala ki manyer katastrofik zot zestyon », fait-il ressortir. Et d’ajouter que, depuis le 29 mars dernier, il ne cesse de dire qu’il faut mettre le pays en confinement total.

Le leader des rouges a aussi commenté la contamination par le coronavirus d’une surveillante qui a été dépistée lors d’un 'random sampling'. Et de demander pourquoi les surveillants des examens scolaires n’ont pas été dépistés avant la tenue des examens.  Il a aussi critiqué le non-respect des gestes barrières, selon lui, dans les salles de classes alors que la ministre de l’Éducation a assuré que toutes les précautions ont été prises. Sans oublier que les autorités ont fait faire des examens aux enfants en quarantaine.

Pour Navin Ramgoolam, cela traduit l'insensibilité, la négligence et l'incompétence de l'action de la ministre de l’Éducation. Selon lui, elle aurait pu faire une évaluation en continu des candidats au NCE et négocier avec Cambridge pour le renvoi des examens. « Sa apel travay sa ? Pou ki rezon linn mintenir 4 egzamen e met tou dimounn a risk, surtou lasante bann zen… Lin aksepte sakrifie tou enn zenerasyon zen pou so ego », a-t-il dit.

Par ailleurs, rappelant que l’éducation est gratuite, Navin Ramgoolam estime que Mauritius Telecom devrait donner un accès gratuit à l’Internet aux élèves afin qu’ils puissent faire leur apprentissage scolaire en ligne. Navin Ramgoolam a souligné la grogne des dentistes qui non pas droit d’exercer en ce déconfinement partiel. Il trouve que c’est un non-sens de la part du National Communication Committee.

« Bizin al lopital ek enn lot dantis ki ou pa kone ki pou fer ou tretman. An plis lopital mem inn vinn foye lapandemi. C’est aberrant. Osi pe ouver mall pou dimoun ale, me ampes Morisien fer jogging. Pena lozik », soutient Navin Ramgoolam.

Précommandes de vaccins trop tardives

Abordant la vaccination, le leader du PTR n'est pas plus tendre envers le gouvernement. Avant la Covid-19, dit-il, la situation financière à Maurice n’était déjà pas bonne. Mais le ministre des Finances persiste à dire que tout va bien. « Dan enn lepok parey, pri pe pran lasanser ek tou lezour pe depresie roupi. Pri lesans ine ogment par 10 % », fait-il ressortir. Dans un contexte pareil, les précommandes de vaccins n'ont que trop tardé, estime Navin Ramgoolam, qui en tient pour responsable le ministre Kailesh Jagutpal. Selon lui, si l’Inde n’avait pas fait des dons, le pays serait aujourd’hui dans un cercle infernal.

Renvoi des membres de l’opposition

Selon Navin Ramgoolam, en ces temps difficiles pour le pays, le Premier ministre devrait mettre son arrogance de côté et privilégier l’unité pour la démocratie en réintégrant les membres de l’opposition renvoyés par le Speaker de l’Assemblée nationale. « Mo fer enn appel a Pravind Jugnauth : bizin fer sa zess la sov limaz demokrasi nou pei », dit-il. Le leader des rouges a aussi commenté les procédures autour des pétitions électorales. Selon lui, le retard du Mouvement socialiste militant à ce niveau n’est qu'un moyen dilatoire (« delaying tactic »).  Qualifiant la situation de « viol de la democratie », Navin Ramgoolam a conclu son message sur un « Cry my beloved country ».

 

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