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Vaccin anti-COVID-19 : les avis divergent sur une éventuelle 4e dose

Dr Soobaraj Sok Appadu et Sudhir Kowlessur.

Plusieurs pays, dont les États-Unis et la France, ont déjà recours à la 4e dose de vaccin anti-COVID-19, et ce bien que l’OMS ne l’ait pas encore recommandée. À Maurice, alors que la booster dose n’a touché que 43,1 % de la population, certains se demandent déjà s’il faudra se faire administrer ce deuxième rappel. Les avis divergent. 

Faut-il administrer une quatrième dose du vaccin contre la COVID-19 (deuxième dose de rappel ; NdlR) à l’échéance des six mois après la booster dose ? Cette question taraude bon nombre de personnes, en particulier ceux qui se font inoculer la troisième dose en novembre. À quelques semaines du mois d’avril, ils se demandent s’ils doivent se préparer pour une éventuelle quatrième dose car suivant la logique des vaccins initiaux, l’immunité n’est valide que pendant six mois en moyenne. 

Cependant, du côté des autorités sanitaires, cette question n’est pas vraiment d’actualité. La priorité est de terminer la campagne de vaccination pour la troisième dose qui n’a touché que 43,1 % de la population, selon les derniers chiffres disponibles. C’est ce que soutiennent le Dr Soobaraj Sok Appadu, National COVID-19 Coordinator et Sudhir Kowlessur, responsable du programme de vaccination. « Le focus est sur la booster dose », explique ce dernier. 

Le Vaccination Committee attend aussi l’avis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la question. Ses recommandations seront par la suite présentées au High Level Committee qui prendra une décision au niveau de Maurice. 

Une source proche du dossier explique, sous le couvert de l’anonymat, qu’il faudra définir des critères d’éligibilité pour l’administration de la quatrième dose, si elle devient une réalité, au lieu de la proposer à tout le monde. « Cette quatrième dose devrait être administrée en priorité aux personnes souffrant de comorbidités », fait-elle ressortir. 

Ceux qui ont reçu deux ou trois doses de Sinopharm devraient aussi être sur cette liste prioritaire s’ils doivent voyager et se rendre dans des pays où ce vaccin n’est pas reconnu. Avec les vaccins Pfizer et Moderna qui sont offerts comme booster dose, ils devraient pouvoir voyager sans problème, selon notre source.  

Elle soutient également que l’administration du vaccin contre la COVID-19 devrait être équitable. De nombreux pays n’ont pas encore entamé ni complété leur programme de vaccination lié à la première dose. 

Des études sont encore en cours autour de la nécessité de la quatrième dose, indique le Dr Sok Appadu. Pour lui, ce n’est pas suffisant que 1 001 380 personnes (79,1 %) aient reçu la première dose et 964 898 personnes (76,2 %) la deuxième. Il précise qu’il n’y a que 545 809 personnes (43,1 %) de la population qui a fait la booster dose. « Ce n’est qu’après qu’une bonne partie de la population aura fait la troisième dose que nous pourrons dire que nous sommes du bon côté et qu’il y a une bonne couverture vaccinale. »

Il estime que c’est la troisième dose qui aidera Maurice à atteindre l’immunité collective. Il souligne que la plupart des personnes décédées étaient âgées, avaient des comorbidités et n’étaient pas vaccinées ou alors leurs deux doses de vaccin étaient arrivées à échéance.

Plusieurs pays y ont recours 

Alors que l’OMS n’a pas encore recommandé la deuxième dose de rappel (4e dose), plusieurs pays ont pris l’initiative de la proposer à leur population. Parmi : l’Angleterre, la Belgique, le Danemark, les États-Unis, la France et Israël. Cette 4e dose est cependant ciblée et concerne les plus de 60 ans dans le cas d’Israël, les plus de 75 ans pour l’Angleterre et les plus de 80 ans en France. Cette vaccination touche aussi les personnes immunodéprimées ou atteintes de comorbidités.

L’OMS n’a pas encore recommandé la 4e dose 

laurentUne quatrième dose du vaccin anti-COVID-19 n’est « pas indispensable », soutient le Dr Laurent Musango, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Maurice. Il ajoute que l’organisation onusienne n’a pas encore recommandé la quatrième dose même si certains pays ont commencé à l’administrer aux personnes vulnérables. Il souligne qu’il appartient au comité de vaccination de décider si, par exemple, des personnes réinfectées par un nouveau variant doivent recevoir ou non une nouvelle dose de vaccin. « Tous ceux qui sont vulnérables (personnes âgées et ceux souffrant de comorbidités) doivent faire la booster dose », conseille le Dr Musango. 


Encore à l’étude 

Le Mauritius National Immunisation Technical Advisory Board (Maunitag) est dans l’attente du rapport de la Communicable Disease Control Unit (CDCU) concernant la Data Epidemiology des patients qui ont été gravement malades à cause de la COVID-19. Le but : faire ses recommandations au Vaccination Committee concernant l’administration éventuelle d’une quatrième dose. Seront pris en considération ceux qui ont été malades et/ou même s’ils ont été vaccinés. « S’il y a, par exemple, un gros pourcentage de personnes de plus de 70 ans qui ont été infectées au bout de trois à quatre mois après leur booster dose, nous recommanderons une quatrième dose », explique le Dr Vinita Poorun, Chairperson du Maunitag.

Dr Nand Pyndiah : « Ce n’est pas indispensable » 

Le Dr Nand Pyndiah, virologue, estime qu’avec le variant Omicron qui a pris le dessus sur le Delta, il n’y a pas de nombreux cas sévères de la maladie, ni de patients qu’il faut placer sous oxygène. Il y a, selon lui, peu de mortalités aussi. Il est d’avis qu’une « quatrième dose du vaccin anti-COVID-19 n’est pas indispensable ». 

Maurice doit cependant suivre l’évolution de la situation dans les autres pays et prendre une décision, nuance-t-il. Le Dr Pyndiah ajoute que le virus de la COVID-19 n’est pas comme celui de la grippe qui subit des mutations. « La COVID-19 ne connaît que de légères modifications. Il ne change pas complètement avec l’émergence de variants », souligne-t-il. 

Après deux ans de pandémie, il est d’avis que notre organisme a pu développer suffisamment d’anticorps pour reconnaître le coronavirus. De ce fait, dit-il, il ne devrait pas y avoir de cas sévères de la maladie, sauf chez les personnes qui n’ont pas été vaccinées. « Je ne pense pas non plus qu’il faudra se faire vacciner chaque année. Mais là encore, il faut suivre l’évolution de la situation, car les anticorps ne tiennent pas longtemps », fait-il remarquer.

Décentralisation 

Ceux qui n’ont pas eu l’occasion de se faire immuniser contre la COVID-19 ont encore la possibilité de le faire. C’est ce qu’affirme Sudhir Kowlessur, responsable du programme de vaccination. Des facilités sont mises à leur disposition à travers les centres de vaccination fixes situés dans plusieurs localités de l’île (Goodlands, Grand-Bois et Mahébourg, entre autres) mais aussi via les caravanes mobiles qui se rendent sur le lieu de travail et vers les personnes alitées. 

Sudhir Kowlessur lance un appel à ceux qui hésitent encore à se faire vacciner à venir. Il invite aussi ceux qui n’ont pas encore reçu leur booster dose de le faire le plus rapidement possible.

 

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