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Polémique : des serveurs saisis à l’Icta destinés aux écoutes ?

Des serveurs de l’Information & Communication Technologies Authority (Icta) avaient été saisis, en début d’année, par le National Security Service (NSS). Auraient-ils été utilisés pour des écoutes téléphoniques ?

C’est du moins ce qu’on laisse entendre dans le milieu proche de Kailash Trilochun. Cet élément pourrait faire partie des révélations que compte faire l’ancien conseil légal de l’Icta au Central Criminal Investigation Department (CCID).

Au niveau de l’Icta, on reste muet aux sollicitations de la presse. Nous apprenons, toutefois, qu’à la mi-janvier, des serveurs ont bien été emportés par le NSS, avec l’assistance de deux techniciens de Mauritius Telecom. Ces équipements ont été transférés à l’IT Unit de la police.

Cependant, selon Krishna Oolun, ancien directeur exécutif de cette instance de régulation du secteur des télécommunications, ces serveurs n’ont jamais été utilisés pour des écoutes. « L’Icta n’a rien à faire avec les écoutes. Elle n’y a légalement pas le droit. Aucun régulateur au monde ne le fait d’ailleurs. Les écoutes téléphoniques sont du ressort des services de renseignement. Si elle le fait, ce serait dans l’illégalité totale », fait-il ressortir. À l’époque, poursuit-il,
« on a voulu faire croire que l’Icta le faisait. C’était dans le but de nuire à certaines personnes ». D’où l’intervention du NSS.

Pas accès au contenu

Il nous revient aussi que l’Icta disposait de cinq serveurs, avec chacun des tâches bien définies. Le principal serveur, le Data Server, saisi par le NSS, contient des données confidentielles sur les compagnies détentrices d’un permis octroyé par l’Icta et autres données. Les autres serveurs sont le Mail Server, celui destiné à la détection de fraudes sur les appels téléphoniques entrants, celui utilisé pour filtrer tout contenu pédophile ainsi que celui pour la Public Key Infrastructure qui sécurise les données gouvernementales. Aucun de ces serveurs ne donne cependant accès au contenu des usagers, que ce soit au niveau de l’Internet ou au niveau des appels téléphoniques.