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Polémique autour du prêt-logement - Consumer Advocacy Platform vs MHC : la guerre est déclarée

D’un côté, la MHC dit que le Home Sweet Loan a été avalisé par la Banque de Maurice. De l’autre,  Mosadeq Sahebdin (à dr.) de la CAP maintient que sa démarche visait à informer les consommateurs.  MHC et Mosadeq Sahebdin D’un côté, la MHC dit que le Home Sweet Loan a été avalisé par la Banque de Maurice. De l’autre, Mosadeq Sahebdin (à dr.) de la CAP maintient que sa démarche visait à informer les consommateurs.

La guerre est déclarée entre la Consumer Advocacy Platform et la Mauritius Housing Company (MHC) au sujet du taux d’intérêt du prêt logement proposé par cette dernière. Si la plateforme estime apporter des informations dans un article publié dans Le Défi Quotidien du mercredi 5 septembre, la MHC est, elle, d’avis que le texte est diffamatoire.

« L’article sous-entend que la MHC n’a pas obtenu le feu vert de la Banque de Maurice (…) Il est hautement diffamatoire. »

L’article du collaborateur du Défi Quotidien défend ainsi les intérêts des consommateurs : « Les annonces publicitaires de la Mauritius Housing Company (MHC) Ltd en faveur du Home Sweet Loan, au taux d’intérêt de 1 %, pourraient être, de l’avis de la Consumer Advocacy Platform (CAP), trompeuse. Mise à part l’indication ‘1% interest during the first year’, la brochure ne porte aucune information supplémentaire relative au taux d’intérêt pour les années suivantes ou le nombre d’années où celle-ci sera applicable. Pour la CAP, l’absence d’informations vitales à l’intention des emprunteurs potentiels est une incitation à l’endettement, d’autant que le taux annoncé de 1 % n’est pas le taux réel applicable sur toute la période de l’emprunt. »

À la suite de cette publication, la MHC a fait servir une mise en demeure au quotidien. Elle souligne que ce prêt-logement a été avalisé par la Banque de Maurice (BoM) avant d’être proposé au public. La Banque centrale aurait également approuvé la campagne médiatique entourant cette offre. Le document assure qu’aucune plainte n’a été enregistrée quant à ce nouveau produit financier. « Tous les clients ont droit aux détails de ce nouveau prêt. »  

« L’article sous-entend que la MHC n’a pas mené de recherches et/ou n’a pas obtenu le feu vert de la Banque de Maurice, ni n’a fourni des informations rigoureuses et complètes aux clients », estime Me D. Lutchmun, avoué de la MHC. Il dit que les insinuations de l’article ne sont que des allégations non fondées qui portent atteinte à l’intégrité et à la bonne foi de la MHC. « Pris dans son ensemble, cet article est faux et hautement diffamatoire. »

Répliquant à ces accusations, Mosadeq Sahebdin, président de la CAP, explique que son association a rencontré des officiers de la MHC. La réunion a été cordiale et ces derniers ont donné des explications. « À notre niveau, nous voulions apporter des suppléments d’informations sans attaquer la MHC. Comprenez que si la première année le taux d’intérêt est de 1 %, les autres années il est plus élevé, soit à partir de 5,6 % à monter pour certaines banques. Nous avons mis l’accent sur le plan de remboursement. Il faut que les consommateurs sachent ce qu’il en est. En tant qu’association consumériste, nous avons l’habitude de poser des questions purement informatives. Nous ne visons pas la MHC. Nous souhaitons informer les emprunteurs éventuels, preuve à l’appui, de ce que sera le plan de remboursement à long terme », dit-il.

Dans un courrier adressé à la MHC, il précise que la position de la CAP a été exprimée lors d’une réunion du National Price Consultative Council (NPCC) le 30 août dernier, au siège du ministère de la Protection des consommateurs. Durant cette rencontre, un haut officiel de la BoM a fait une présentation sur le niveau de l’endettement à Maurice. « Un des principaux faits soulignés est que 70 % des prêts contractés par des particuliers sont liés au logement. Le manque d’alphabétisation financière au sein de la population est inquiétant. Les possibilités d’en savoir plus dans la brochure de la MHC étant illusoires, l’officier de la BoM concédait qu’il y avait de quoi s’inquiéter et qu’il ferait un suivi auprès des parties concernées. La CAP reçoit aussi des publications d’organisations consuméristes de France et de Belgique, ainsi que des mises à jour sur des questions ayant trait à la consommation », insiste Mosadeq Sahebdin.

Parmi : un document de l’UFC Que Choisir de France qui démontre le mécanisme des taux d’intérêt variables. « Nous avons partagé ces informations avec les consommateurs pour les avertir des risques que comportent les taux d’intérêt variables. » À la lueur des offres liées aux taux d’intérêt variables disponibles sur le marché, la CAP juge pertinent d’avertir les consommateurs pour qu’ils prennent une décision responsable. « Dans le cas présent, la CAP a agi comme une organisation responsable en faveur de la protection des consommateurs. »

Mosadeq Sahebdin remercie la MHC d’avoir apporté des informations additionnelles. « M. Abdool a souligné que la brochure précise que le taux d’intérêt de 1 % n’est applicable que pour la première année. Le demandeur peut ensuite obtenir des informations relatives aux taux d’intérêt au moment de faire sa demande à la MHC. »