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Métier: Bertie Beeharry craint pour l’avenir des ferrailleurs

Bertie Beeharry craint pour l’avenir des ferrailleurs.
Ferrailleur depuis 32 ans, Bertie Beeharry voit avec une certaine appréhension l’automation de ce corps de métier. Il craint surtout pour les jeunes qui veulent se lancer dans ce métier. Que fait un ferrailleur ?  Il s’occupe de la solidité des bâtiments. C’est lui qui monte les armatures en métal servant à renforcer le béton dans les structures. Il travaille sur  base de bordereaux de ferraillage, grâce auxquels il sélectionne les barres et treillis métalliques  adéquats. Pour construire les armatures, le ferrailleur travaille d’après un plan ou bordereaux de ferraillage. Il sélectionne les barres de fer selon les dimensions souhaitées. Puis il les coupe, plie, cintre et attache. Ces armatures métalliques sont ensuite placées dans le coffrage avant le bétonnage. « C’est grâce à son travail que les bâtiments ne s’écroulent pas, le béton seul n’étant pas capable de le faire », explique Bertie Beeharry. Il souligne que ce sont principalement les jeunes qui se lancent dans  le secteur de la construction. D’abord comme apprentis pour ensuite devenir des ouvriers qualifiés, malgré leur manque d’éducation.

Débuts très difficiles

« Azordi lor sertin santyer masin pe fer tou. Ress zist pou atass feray », soutient Bertie Beeharry. Il avance qu’il ne cesse de se demander si, un jour, le métier de ferrailleur ne va pas disparaître, comme tant d’autres face à l’invasion technologique. Bertie Beeharry explique qu’il est devenu ferrailleur par un concours de circonstances.  À l’époque, fait-il ressortir, il travaillait dans une boulangerie. Il était grassement rémunéré et ne travaillait que la nuit et retournait chez lui le lendemain matin. Sa femme restait seule à la maison. Un jour en rentrant chez lui, il trouve que sa femme, qui devait accoucher, l’a attendu jusqu’aux petites heures du matin pour être transportée à l’hôpital. Il décide d’abandonner son travail à la boulangerie. C’est un cousin, ferrailleur de son état, qui l’a aidé à trouver un emploi comme apprenti sur un chantier de construction. Ses débuts étaient très difficiles, souligne-t-il. Il ne rapportait que très peu d’argent à la maison, mais il était heureux, étant près de sa petite famille.  « Avec le peu d’argent, j’ai pu nourrir ma famille, tout en jouissant d’une vie sociale. Ce qui me manquait lorsque je travaillais  à la boulangerie », fait valoir Bertie Beeharry.  Par la suite, son cousin l’a initié au métier de ferrailleur. Métier qu’il exerce toujours après une trentaine d’années. Bertie Beeharry concède qu’il a connu des hauts et des bas dans son travail, mais qu’il s’est toujours armé de patience pour faire face à la situation. Il explique que l’un des plus gros inconvénients est qu’on ne peut pas travailler quand il pleut. « Souvan nou finn bizin fer tyers  », ajoute le ferrailleur. Dans le jargon, c’est qu’ils ont été contraints de retourner chez eux parce qu’il pleuvait. Ce qui est une situation embarrassante, n’ayant que 50 % de leur journée de salaire, s’ils ont passé deux heures sur le chantier de construction. Il explique que par le passé, ils n’avaient même pas droit à cette demi-journée de salaire, mais heureusement qu’aujourd’hui, la loi le prévoit. Il convient de signaler que notre intervenant est aussi un dirigeant du Construction Metal Workers Employees Union affilié à la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP). Cette confédération syndicale n’a cessé de se battre pour une amélioration des conditions de travail dans le secteur de la construction.
 

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