Masterplan du ministère : une situation environnementale alarmante à plusieurs niveaux
Par
Thierry Laurent
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Thierry Laurent
Le Masterplan du ministère de l’Environnement pour les dix prochaines années, qui a été finalisé le 5 décembre 2022, fait état d’une situation alarmante tant au niveau des zones côtières qu’en matière de gestion des déchets.
« L’émergence des nouvelles zones résidentielles, de ‘smart cities’ et d’hôtels, aussi bien que l’expansion du réseau routier et des nouveaux systèmes de transport, ont grandement contribué à une escalade des pavés et des surfaces imperméables, avec des impacts sur l’environnement et notre écosystème », indique le Masterplan du ministère de l’Environnement.
Il attire aussi l’attention sur les constructions illégales, lesquelles ne sont pas contrôlées et ont un impact direct sur l’accès à des services essentiels, tels que l’eau ou encore la gestion des déchets. Toute cette situation, selon le ministère, rend la population vulnérable aux désastres naturels et aux maladies contagieuses.
L’aménagement du territoire mauricien a contribué à des développements incompatibles, ce qui a fini par provoquer des activités polluantes dans des régions sensibles, telles que des zones résidentielles et des écoles. Le ministère tire aussi la sonnette d’alarme sur le fait que la demande pour les ressources foncières, lesquelles sont déjà limitées, mènera à de plus en plus de développements dans des zones environnementales sensibles qui affecteront tout un écosystème, avec la destruction des habitats naturels, la dégradation de la biodiversité.
Pression insoutenable
Le manque de cohésion décrié
« Les indicateurs environnementaux sont au rouge depuis plusieurs années », indique Sunil Dowarkasing, ex-député et ancien stratégiste de Greenpeace. Bien qu’il dise accueillir la publication du Masterplan, il soutient cependant que le ministère s’est tiré une balle dans le pied à plusieurs reprises.
« Ce document tire la sonnette d’alarme sur les constructions des établissements hôteliers ainsi que des ‘smart cities’. Mais il ne faut pas oublier que c’est le ministère qui est chargé d’accorder des permis EIA (Environment Impact Assessment) », fait ressortir l’ex-député. Il ajoute que pas moins de huit permis EIA ont été délivrés au cours de ces deux années de confinement lié à la pandémie de Covid-19.
Il s’insurge aussi contre le fait que plusieurs activités de bétonnage soient conçues dans des endroits sensibles, tels que des terrains marécageux (wetlands ; NdlR). Au sujet de la construction des hôtels, Sunil Dowarkasing avance qu’il est temps que le gouvernement commandite une étude pour connaître l’étendue de la saturation du pays. « Il faut aussi appliquer un moratoire de trois ans pour interdire la construction de nouveaux établissements hôteliers », avance-t-il.