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Fête du Printemps : au cœur d’une célébration religieuse et familiale

En ce vendredi 12 février, le Nouvel An chinois est célébré. Les Sino-Mauriciens vont rendre un hommage aux dieux et aux ancêtres avant de se retrouver en famille. Puis, ils vont partager un repas spécial pour célébrer cette année qui est, selon l’astrologie chinoise, celle du Buffle de métal. 

printempLa Fête du Printemps est considérée comme une des quatre fêtes nationales à Maurice, explique Roland Tsang Kwai Kew, historien et journaliste pigiste à la retraite. Il ajoute que 2021 marque le début de la 4 658e année du calendrier lunaire chinois. « Très tôt, les Sino-Mauriciens vont rendre un hommage aux dieux à la Pagode Kwan Tee à Les Salines ou au Chung Shan Hall, à Chinatown, Port-Louis. Ils leur remercient pour l’année écoulée – même si 2020 a été particulière - et ils leur demandent aussi de vivre une meilleure année. Ensuite, ils allument des bâtons d’encens et des bougies, puis ils assistent à la cérémonie de culte aux ancêtres », explique-t-il.

Certains Sino-Mauriciens de foi catholique se rendent à une messe à la cathédrale de Saint-Louis, qui est suivie d’une cérémonie de culte aux ancêtres. « Cette cérémonie permet d’honorer la mémoire de nos aïeuls avec notamment des douceurs. À savoir que même si un être cher n’est plus avec nous, il continue à veiller sur ses descendants », dit-il. D’ailleurs, un service est fait au nom des ancêtres la veille de la Fête du Printemps. On utilise divers animaux. Le poulet, un animal à deux pattes, puis un animal à quatre pattes comme le porc et un fruit de mer comme le poisson. 

Dans la soirée du 11 au 12 février, des pétards annoncent le Nouvel An chinois. « Nous évitons de balayer la poussière rouge des pétards pour ne pas repousser le bonheur », ajoute Roland Tsang Kwai Kew. 

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Les gâteaux traditionnels chinois sont proposés par la famille Chu Fung Leung depuis trois générations.

L’origine de la Fête du Printemps

L’historien Roland Tsang Kwai Kew relate qu’auparavant, la civilisation, dont la Chine, assurait sa subsistance par l’agriculture. Lors de la récolte, le peuple rendait hommage aux dieux. Ils faisaient des offrandes et formulaient le souhait que la récolte soit meilleure au courant de l’année. « Au fil des siècles, d’autres traditions se sont greffées à cette célébration. Pendant des années, les familles se réunissaient et partageaient un repas autour d’une table ronde. Cette forme symbolise l’unité, malheureusement, les traditions se perdent graduellement », dit-il.

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Foisonnement de plats copieux et de friandises succulentes

Roland Tsang Kwai Kew indique que, jadis, les familles réchauffaient les plats de la veille pour le repas du jour de l’an. Des aliments tels que du poulet, du porc, des fruits de mer et des champignons sont servis. « Poulet, porc, œuf, champignons et holothuries (« barbaras ») sont des mots homophones. Ils ont la même prononciation que les mots bonheur, joie et prospérité et à ce titre, ils symbolisent l’abondance ». Le poulet symbolise le phénix naissant de ses cendres, les œufs de cent ans deviennent des lingots d’or, tandis que les champignons sont synonymes de chance. 

Durant cette fête, les friandises chinoises sont plus que jamais présentes. « Gato lacire », « gato zinzli », « sipek », « gato cravat » et « gato crab » sont offerts aux proches et connaissances. Le but est d’accentuer l’esprit de partage et d’amitié. Ces gâteaux traditionnels chinois sont vendus dans la boutique gérée par Bernard Chu Fung Leung, sa sœur Lilin ainsi que sa mère. Cette boutique, située à Chinatown qui date de plus de 100 ans, est le lieu par excellence durant cette période festive.

On y trouve des gâteaux d’origine « meixan », mais qui ont été revisités. Par exemple, le gâteau de lune rond ou rectangulaire est rempli d’une pâte de graine de sésame noire, de farine de riz et d’autres ingrédients, comme la pistache, la banane ou la fraise. Il y a aussi le « gato lacire », connu comme « nian-gao » au zeste d’orange, poutou rouge et feuilletés fourrés.

« Les préparatifs des gâteaux ont débuté il y a trois semaines. Chaque année, les Mauriciens des quatre coins de l’île se déplacent pour acheter nos gâteaux pour le Nouvel An chinois. Je tiens à faire ressortir que de nos jours, les Mauriciens de différentes cultures se procurent des gâteaux chinois durant cette période », explique Bernard Chu Fung Leung.  

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Madison Lan fêtera le Nouvel An chinois et son anniversaire à l’hôtel avec sa famille et son petit ami.

Un Nouvel An dans la pure tradition

Cynthia Lee Tin Wah, 32 ans, confie que le réveillon a eu lieu entouré de sa famille et de ses amis à la maison, autour des bons plats traditionnels. Au menu, poisson-vapeur, porc renversé accompagné de riz blanc et d’œufs de cent ans, gingembre confit et ravioli chinois. « La légende dit que plus une personne mange du ravioli, plus elle verra ses revenus augmenter durant la nouvelle année ». Comme le veut la tradition, la famille Lee Tin Wah a fait le plein de gâteaux. Puis, ils se sont rendus dans un hôtel de l’ouest du pays pour profiter d’un spectacle de musique et de feux d’artifice. « Aujourd’hui, nous allons nous rendre à la Pagode Poo Tee Chee pour prier. Mon père, qui n’est plus là depuis deux ans, a toujours sa place dans notre cœur », dit-elle. 

De leur côté, pour Madison Lan et sa famille, le Nouvel An chinois sera différent, car la fête coïncide avec son anniversaire et la Saint-Valentin. « Comme chaque année, la famille s’est réunie autour d’un dîner au restaurant. Nous avons commandé des gâteaux pour les partager avec les collègues et amis », dit-elle. Ce vendredi, elle va à l’hôtel pour se reposer et célébrer son anniversaire qui a lieu le lendemain. « Nous resterons  à l’hôtel du vendredi au dimanche », dit-elle.

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