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Elle dépouille des femmes en difficulté : une pseudo-guérisseuse mise hors jeu

Samantha Mathurin-Ramen demeure en détention policière.
  • L’une des victimes : « Monn bizin aret aste dipin ek legim »

Marie Samantha Mathurin-Ramen, une pseudo-guérisseuse a été mise hors-jeu par la police criminelle du Sud. Elle est accusée d’avoir volé de l’argent auprès de femmes en difficulté. Se faisant passer pour une guérisseuse, elle a fait croire à une habitante de Midlands qu’elle pouvait effectuer des prières spéciales pour qu’elle puisse enfanter. C’est lors d’une veillée mortuaire qu’elle a fait la connaissance de cette dame âgée de 33 ans. Constatant des varices dans les pieds de celle-ci, Samantha Mathurin-Ramen, âgéwe de 40 ans, a prétendu pouvoir la guérir en effectuant des « passes » sur sa personne.

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« Monn fini tir move zer »

Au fil du temps, elle se rapproche de sa proie qui lui confie qu’elle peine à enfanter. Pour Samantha Mathurin-Ramen, c’est le moment parfait pour sortir ses griffes. Elle se fait passer pour une religieuse habituée aux rites de la « marche sur le feu », pouvant retirer le mauvais sort sur elle.

Ainsi, Samantha Mathurin-Ramen se rend au domicile de cette victime à maintes reprises entre le 1er et le 4 mai derniers pour des prières. Lors d’un de ces rites, elle réclame que la victime apporte ses bijoux en or. Profitant d’un moment d’inattention, elle quitte les lieux en vitesse en vociférant « Monn fini tir move zer ». Les bijoux, valant Rs 360 000, avaient disparu. Le 5 mai dernier, la victime se rue au poste de police de Rose-Belle où elle dépose plainte contre cette guérisseuse.

Tantôt guérisseuse, tantôt policière

Très vite, les limiers de la Criminal Investigation Division de Rose-Belle, dirigée par l’inspecteur Sookun, ont pu remonter jusqu’à la pseudo-guérisseuse, Marie Samantha Mathurin-Ramen. Cette habitante de Beau-Vallon, Mahébourg, a été positivement identifiée par la victime. Soumise à un interrogatoire serré, elle est passée aux aveux. La police, dirigée par le surintendant Surnam, poursuit son enquête en vue de retracer les bijoux volés. 

La suspecte Samantha Mathurin-Ramen, derrière les barreaux, est aussi accusée d’avoir volé la carte bancaire d’une dénommée Sangeeta (prénom fictif), une autre habitante du Sud, et vidé son compte bancaire. Cette fois, elle n’a pas porté l’habit de guérisseuse, mais plutôt de policière affectée à la Criminal Investigation Division (CID).

« Nanien pa reste, tou mo kass pansion inn ale ». Sous le choc, Sangeeta, âgée de 56 ans, se retrouve du jour au lendemain sans le moindre sou. Rongée d’angoisse, elle dit vivre un véritable calvaire financier. Cette habitante de Grand-Port a dû interrompre sa carrière professionnelle en 2016 après des ennuis de santé. Inapte à travailler selon des médecins du public, elle percevait une pension émanant du ministère de la Sécurité sociale. Son compte bancaire affichait en mars 2023 Rs 211 477.

Sangeeta raconte au Défi Quotidien  les circonstances dans lesquelles elle a fait la connaissance de Samantha Mathurin-Ramen : « Enn zour linn telefonn mwa, linn  prezant li kouma enn cid ». Peu de temps après, Samantha Mathurin-Ramen débarque chez elle : « Monn trouv drol kouma linn kone kot mo reste ». Sangeeta explique que par la suite, cette inconnue a fait de nombreux va-et-vient chez elle, sans compter les nombreux appels téléphoniques. À tel point, relate notre interlocutrice, que cette inconnue devenait de plus en plus possessive envers elle.

Sangeeta soutient qu’en une occasion, cette femme l’avait accompagnée à la banque, où sur place elle lui avait réclamé son mot de passe. Puis, durant le mois d’avril 2023, Sangeeta constate la disparition de sa carte bancaire. En mai, elle se rend à la banque pour effectuer un retrait d’argent. C’est là qu’elle apprend que son compte est à sec : « Monn gagn sok », dit-elle. Elle réclame un relevé bancaire où elle découvre qu’entre le 20 mars et le 8 mai 2023, plusieurs montants, totalisant la somme de Rs 211 477,88, ont été débités de son compte à son insu. Elle a déposé plainte au poste de police de Mahébourg.

Mo pe bizin aste ti pake tea bag Rs 33

Se retrouvant sans le moindre sou, Sangeeta dit éprouver depuis d’énormes difficultés à faire face au quotidien pour joindre les deux bouts. Sans argent ni aide financière, sa vie a d’un coup basculé dans la précarité. Elle se retrouve contrainte de se priver de ses habitudes alimentaires : « Monn arete pran di pin le matin, ni legim, mo pe bizin aste ti pake tea bag Rs 33 », avance-t-elle. Pour ses dépenses courantes, elle se retrouve dans l’obligation de solliciter ses proches. Face à cette situation, Sangeeta espère que sa pension de la Sécurité sociale sera rétablie dans les plus brefs délais.

Interrogée sur ce second cas par la Criminal Investigation Division de Mahébourg, dirigée par l’inspecteur Jugasing et le sergent Goodur, Samantha Mathurin-Ramen est passée aux aveux. Elle a de plus été trahie par des images des caméras de surveillance, entre autres. La suspecte est aussi accusée d’avoir effectué des achats dans des supermarchés en utilisant la carte bancaire de la victime. 

Condamnée pour trafic de drogue

Samantha Mathurin-Ramen n’est pas inconnue du système judiciaire. En 2016, elle a été condamnée devant la cour intermédiaire pour trafic de drogue. Elle avait été expédiée en prison et avait également écopé d’une amende de Rs 80 000 pour trafic de 124,9 grammes de cannabis. En 2017, elle a été condamnée pour agression devant le tribunal de Flacq, où elle a écopé d’une amende de Rs 1 000.

 

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