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Covid-19 : relâchement des mesures barrières : les risques d’une banalisation de la maladie 

Le port du masque reste un geste barrière important.

« Dimounn inn vinn neglizan inpe, pa pe fer vaksin », a affirmé le Premier ministre Pravind Jugnauth lors de l’inauguration du Mini Soccer Pitch à Souillac le lundi 21 novembre dernier. Est-ce que la banalisation est un risque compte tenu de la recrudescence des cas ou est-ce une simple grippe ? Le point avec les professionnels de la santé. 

« Ena pe krwar enn simp la grip. Mo demann zot tou, sirtou ban seki aze, fer zot vaksin. Vaksin ena enn efikasite pou sertin letan. Nonb ka pe ogmante ». Cette déclaration du Premier ministre Pravind Jugnauth lors de l’inauguration du Mini Soccer Pitch de Souillac le lundi 21 novembre dernier est lourde de sens. Cela, d’autant plus qu’elle intervient deux semaines après l’allègement des restrictions sanitaires, avec le port du masque qui ne demeure obligatoire que dans les hôpitaux, centres de santé et cabinets de consultation médicale. Depuis, le pays a enregistré une augmentation de nouveaux cas positifs de la Covid-19 selon les professionnels de la santé. Un constat que le PM lui-même a concédé. 

« La proportion des infections respiratoires aiguës, y compris de grippe et de la Covid-19, a augmenté depuis ces dernières semaines », affirme le Dr Vinesh Sewsurn, président de la Ministry of Health Officers Association (MHOA). Diverses raisons peuvent expliquer cette situation selon lui. Après plus de deux ans de pandémie de Covid-19, il y a comme un sentiment de « ras-le-bol », d’où « l’abandon » des gestes barrières. Il y a un certain « relâchement » et une « banalisation » vis-à-vis de la maladie. 

Banalisation

Selon lui, il n’y a plus cette crainte qu’il y avait au début par rapport à la Covid-19. Il y a aussi le fait que ceux qui se sont fait vacciner ont le sentiment qu’ils sont « protégés » à vie, alors que l’immunité ne dure que six mois après chaque vaccin et baisse progressivement. C’est aussi un fait que le vaccin n’empêche pas l’infection, mais diminue le risque de maladie sévère. « Ceux qui ont été injectés et fait leur ‘booster dose’ ou qui ont déjà été infectés ne réalisent pas qu’ils peuvent être infectés à nouveau », dit-il. Il exhorte la population à rester vigilante, car le virus est encore en circulation.  

Est-ce que la banalisation est un risque compte tenu de la recrudescence des cas positifs de la Covid-19 ou est-ce une simple grippe ? « La population doit savoir faire la différence entre les symptômes de la grippe saisonnière et ceux de la Covid-19. La seule façon de le savoir c’est de procéder par un test PCR afin d’en avoir le cœur net ». C’est ce que soutient le Dr Soobaraj Sok Appadu, directeur du New ENT Hospital. Pour lui, il ne faut pas banaliser les symptômes des deux maladies. Il rappelle que la grippe est aussi meurtrière que le coronavirus et qu’à travers monde il y a eu plus de morts dus à la grippe qu’à cause de la Covid-19.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la grippe saisonnière peut passer de maladie bénigne à sévère et peut entraîner la mort. Elle souligne aussi que les hospitalisations et les décès surviennent principalement dans les groupes à haut risque. L’organisation onusienne rappelle que les épidémies annuelles de grippe sont responsables d’environ cinq millions de cas de maladies graves, et 290 000 à 650 000 décès par an dans le monde. 

L’immunité ne dure que six mois après chaque vaccin et baisse progressivement"

Vigilance 

Le Dr Sok Appadu ajoute que toutes les maladies virales ont un impact sur la santé. Cette situation est exacerbée à Maurice parce que nous avons une population âgée et très comorbide, avec un fort taux de diabète et d’hypertension artérielle, explique-t-il. De ce fait, il faut être vigilant. Selon lui, la vaccination contre la Covid-19 a été un des éléments protecteurs de la population. C’est la raison pour laquelle que le pays n’a pas connu des formes très sévères de la maladie. 

Les personnes les plus vulnérables doivent impérativement se faire vacciner afin d’être mieux protégées, lance-t-il. Selon les derniers chiffres, ce sont particulièrement les personnes non-vaccinées ou qui n’ont pas complété leur schéma vaccinal qui ont développé des complications et qui sont décédées. Il en est de même des individus qui ont des comorbidités. Ainsi, outre de se faire immuniser, il est impératif de consulter un médecin et de faire un test Covid afin d’avoir les traitements appropriés, souligne le Dr Sok Appadu.

Relâchement total

Il y a un relâchement en ce qu’il s’agit des gestes barrières, regrette le directeur du New ENT Hospital. Pour lui, la population n’arrive pas à faire la part des choses en ce qu’il s’agit du port du masque sanitaire qui reste recommandé pour tous. Particulièrement pour les personnes vulnérables et dans les lieux clos où il y a des attroupements. « L’heure n’est plus à l’imposition des restrictions sanitaires. La population a été entraînée par rapport aux mesures barrières au cours de ces deux dernières années. Chacun doit se sentir suffisamment responsable et prendre les mesures appropriées en fonction de sa vulnérabilité », fait-il ressortir. Pour lui, ce n’est pas parce que le port du masque n’est pas obligatoire qu’il n’est pas recommandé de le porter dans les lieux où il y a une faible aération ou où il y a foule.  

Le Dr Sewsurn abonde dans le même sens. Pour lui, la population doit être suffisamment mature pour savoir quelles sont les précautions à prendre. « Nous devons dépasser le cadre des restrictions et prendre les mesures qui s’imposent là où il faut », tonne-t-il. Le président de la MHOA explique que le port du masque sanitaire n’est pas indispensable en plein air. Il est cependant recommandé là où il y a beaucoup de personnes et même dans les transports en commun par mesure de précaution, car nul ne peut savoir qui est positif à la Covid-19. Une campagne de sensibilisation doit être menée dans ce sens, dit-il.

Vaccination dans les hôpitaux régionaux

La vaccination contre la Covid-19 peut se faire dans tous les hôpitaux régionaux ainsi que les médicliniques de Belvédère, Floréal et Goodlands. Elle est aussi disponible à l’Université de Maurice et au Plaza.

 

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