Economie

Compensation salariale : des syndicats réclament Rs 500,  les commerçants tiquent

Consommation Des syndicats estiment que les salariés doivent être compensés pour la perte de leur pouvoir d'achat durant l'année écoulée.

Le comité tripartite devrait se réunir bientôt pour discuter de l'octroi d'une compensation salariale aux salariés mais déjà les petits commerces  appréhendent une telle éventualité.

Du coté des syndicats, on justifie l'octroi d'une compensation salariale pour compenser les salariés de la perte de leur pouvoir d'achat durant l'année écoulée. «   Une compensation salariale est justifiée d'autant plus que le taux d'inflation est plus élevé, comparé à la période précédente », explique Bruno  Dorasamy, un des dirigeants de la All Civil Service Employees Federation.  Il estime que le taux à payer doit être de Rs 500, à monter.

De son côté, le président de la General Workers Federation (GWF),  Clency Bibi, trouve que le paiement d'une compensation salariale est plus que  nécessaire en raison de l'inflation galopante qui frappe de plus en plus les salariés. Il met en garde le patronat qui pourrait jouer la carte du paiement du salaire minimal en janvier dernier, pour plaider en faveur du non-paiement de la compensation salariale.  Il avance que le salaire minimal n'a rien à faire avec la hausse du coût de la vie. Se basant sur un taux d'inflation plus élevé (3,5 % en 2018 comparé à 3,2 % en 2017),  il estime que la compensation salariale devra logiquement être supérieure aux Rs 360 accordées pour l'année financière 2017-2018.  Il pense à un minimum de Rs 500. 

De plus, Clency Bibi souhaite que la compensation soit calculée sur un salaire de base de Rs  14  000, soit le taux réclamé par la GWF pour le salaire minimal.  Le président de la Government Servants Employees Association (GSEA), Radhakrishna Sadien, justifie aussi le paiement d'une compensation salariale pour les salariés, indistinctement. 

L'économiste Éric Ng estime aussi que le paiement d'une compensation salariale est justifié vu que l'inflation est en hausse.  Il avance que le salaire minimal n'a rien à voir avec la compensation salariale.  Il reconnaît toutefois que l'octroi d'une compensation salariale pèsera lourd pour le patronat surtout après le paiement du salaire minimal. 

Mais le président du Front commun  des Commerçants de  l’île Maurice, Raj Appadu, craint l'effet néfaste, sur les petits commerces, du paiement d'une compensation salariale, une année après celui du salaire minimal. Il estime que plusieurs commerçants seront contraints de fermer leurs portes ou de licencier une partie de leur personnel à cause du salaire minimal.


Pradeep Dursun : «La question est prématurée»

Du  coté de Business Mauritius,  son CEO, Pradeep Dursun, préfère attendre les prochains chiffres de l'inflation émis par Statistics Mauritius et le rapport sur l'impact du salaire minimal avant de prendre position.  «   C'est encore prématuré.  C'est au gouvernement de décider si éventuellement  il va convoquer le comité tripartite en vue du paiement d'une compensation salariale» dit-il.