Economie

Association of Mauritian Manufacturers: label de qualité ‘Made in Moris’ pour défier la concurrence extérieure

Sylvan Oxenham, président réélu de l’AMM, prenant la parole lors de la table ronde.
Maurice a beau briller en termes d’ouverture du marché domestique et de libéralisme économique, mais les producteurs locaux ne parviennent que péniblement à concurrencer les produits importés. Depuis sa mise en œuvre, le label Made in Moris a conquis plus d’un. Cette référence de qualité apportée aux produits fabriqués à Maurice gagne en popularité, non seulement chez les consommateurs, mais aussi auprès des Petites et moyennes entreprises (PME) qui y trouvent un gage de crédibilité. A été organisée, le mercredi 30 mars, une table ronde sur la Vision 2030 en relation avec les industriels locaux, à l’initiative de l’Association of Mauritian Manufacturers (AMM), à la Maison de l’Étoile Eureka à l’issue de son assemblée générale annuelle. Il s’avère qu’un des moyens concrets et réalistes pour contrer les produits importés est d’améliorer sans cesse la qualité des produits fabriqués localement. Le slogan Made in Moris (MiM), Ena nou la main ladan, porte aussi des valeurs reconnues telles que l’identité nationale, la valorisation des marques locales et des compétences et le savoir-faire, incluant la qualité et l’innovation avec un renvoi sur la préservation d’emplois, la compétitivité et la pérennité des producteurs locaux. « Des 87 % de Mauriciens qui connaissent déjà la marque, 90 % lui font confiance. Les PME se sont aussi rendues à l’évidence que le cahier des charges qu’impose le label leur permet d’apporter davantage de qualité à leurs produits et de devenir plus crédibles sur le marché. Cette exigence de qualité va nous faire monter en gamme et faire émerger le MiM comme une référence de qualité dont nous pouvons nous en vanter sur les réseaux sociaux », a déclaré Shirin Boisvenu, Brand Manager du label mauricien.

S’implanter en Afrique

Shirin Boisvenu a expliqué qu’avec la collaboration de la firme SGS, un cahier des charges rigoureux a été élaboré. Les producteurs doivent le respecter scrupuleusement. « Et à travers des processus améliorés, nous avons un produit de qualité et nous devons promouvoir cet aspect », a souligné la Brand Manager. L’expansion sur le continent représente aussi une perspective non négligeable pour les producteurs locaux. Sylvan Oxenham, président réélu de l’AMM, a expliqué qu’en raison de l’exiguïté du marché mauricien, les industriels locaux peuvent lorgner du côté des marchés africains. Toutefois, la faible connectivité aérienne et maritime, les obstacles au commerce et les problèmes de logistique des pays d’Afrique découragent des exportations à partir de Maurice. Toutefois, Sylvan Oxenham estime que les industriels locaux peuvent trouver un second souffle en ouvrant des unités dans des pays africains pour les multiples marchés qui s’y trouvent. « Grâce à des accords entre les gouvernements et la mise en place de la zone économique exclusive, nous pouvons nous y implanter, afin d’être à proximité des marchés. Pour faire des affaires en Afrique, il faut aller en Afrique. Avec l’intégration des grands blocs tels la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) et l’East African Community (EAC), nous aurons un meilleur accès à un encore plus large marché », a-t-il confié.

Beaucoup d’espoirs sur le port

Une autre attente des membres de l’AMM est la transformation de Port-Louis en véritable hub maritime. « Si le projet de Port Louis Hub se concrétise, ce sera une manne d’opportunités qui s’offre à nous, nous permettant, par exemple, de court-circuiter les intermédiaires et de nous adresser directement aux consommateurs à travers Internet. Développer les facilités portuaires, offrir des packages compétitifs et avoir un rayonnement régional permettront d’attirer les lignes maritimes. Et nous pourrions bénéficier de l’acheminement de nos exportations vers les marchés africains bien qu’elles soient relativement petites », a souligné Sylvan Oxenham. Au sujet de l’innovation, Azim Currimjee, directeur général du Food & Beverage Cluster de QBL & MIL, suggère que l’État instaure un climat propice au développement de ce pilier de l’industrie. Par exemple, il propose que l’idée irlandaise de Patent Box soit adoptée. Il s’agit d’un régime fiscal de la propriété intellectuelle appliqué pour localiser les brevets et autres recherches, afin d’attirer des leaders mondiaux de la pharmaceutique, des technologies de l’information et de la biotechnologie. « C’est ainsi que nous pourrons attirer davantage d’investissements étrangers directs et la formation de capital. Nous devrons aussi penser à aller plus loin qu’une population de 1,3 million d’habitants », a-t-il souligné. La table ronde a été présidée par le Pr Bertrand Moingnon, directeur de l’école des Hautes études commerciales (HEC) de Paris pour la région océan Indien.
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