Elle parle avec conviction. Anabelle Savabaddy, backbencher rouge, aborde sans détour la réforme électorale promise et prend une position ferme concernant le Best Loser System.
Le Premier ministre a dit que son gouvernement irait de l’avant avec une réforme électorale avec une dose de proportionnelle. Enfin ?
Oui, il s’agit d’un engagement électoral. Il y a un profond désir de moderniser le processus électoral pour qu’enfin l’hémicycle reflète la volonté de la population. C’est très courageux de prendre le problème à bras le corps, alors que nous avons une majorité importante à l’Assemblée nationale.
Je suis heureuse de voir que le communiqué du Conseil des ministres annonce une consultation large auprès de la société civile et des membres du public dans le cadre de la réforme électorale, pour écouter toutes les propositions. C’est un exercice complexe qui demande beaucoup de discernement et de sagesse. Mais il est clair que nous avons rendez-vous avec l’histoire.
Faut-il garder, avec la réforme à venir, le Best Loser System (BLS) pour rassurer les minorités ?
Le BLS a servi toutes les communautés depuis son introduction. N’oubliez pas Tanguvel Narrainen (1967), Paul Bérenger (1983), Motee Ramdass et Ravi Yerrigadoo (2000) ou encore Alain Wong (2014). Donc, pour moi, le BLS a servi le pays, surtout dans le maintien de la représentation de l’île Maurice plurielle. Le système a énormément contribué à la paix et à la stabilité sociale qui a fait notre succès politique, économique et démocratique.
Je suis contre toute tentative d’enlever le Best Loser, une garantie constitutionnelle qui a fait ses preuves. Je crois que chacun doit être libre de voter selon sa conscience sur ce sujet.
Au Parlement, Adrien Duval subit, à lui seul, le courroux des membres du gouvernement. Il parle de tyrannie du nombre...
Il y a eu un échange musclé entre le député Adrien Duval et le ministre Shakeel Mohamed lors de la dernière séance parlementaire. Le no 3 du gouvernement a fait amende honorable en reconnaissant ses torts et il a présenté ses excuses, comme un gentleman. Ce qui n’était pas le cas sous l’ancien « Loud Speaker ».
Le Parlement a retrouvé ses lettres de noblesse. La vie d’un député n’est pas un long fleuve tranquille. Ma collègue Stéphanie Anquetil a dû insister pour poser une question d’importance nationale cette semaine, dans laquelle je suis intervenue. Les choses ont changé. À nous tous d’être plus responsables dans notre manière d’agir afin de léguer le bon exemple à la génération future.
Il est clair que nous avons rendez-vous avec l’histoire»
Certains affirment que les députés de la majorité peinent à descendre sur le terrain, en raison de la mauvaise performance alléguée du gouvernement. Partagez-vous cet avis ?
Je ne sais pas de quoi vous parlez. Depuis mon élection, je vais dans les quartiers les plus difficiles : Ti-Rodrig, Karo Kalyptis ou encore Singamanie, récemment en compagnie du ministre Shakeel Mohamed pour alléger la souffrance de la population. Chaque endroit a ses problèmes spécifiques.
Je suis également présente à Vallée-des- Prêtres, Montagne-Longue, Notre Dame, Crève-Cœur, Congomah, Terre-Rouge, Les Mariannes et les autres régions de ma circonscription. J’y reçois un bon accueil. Mes mandants ont été meurtris pendant une dizaine années de gestion calamiteuse de l’ancien régime.
Moi, je suis au chevet de ma circonscription. Désolée pour ceux qui ne le voient pas ou encore qui font semblant de ne pas le voir.
La campagne contre la violence faite aux femmes a été lancée. Qu’est-ce que cela inspire à la femme et maman que vous êtes ?
Elle n’a pas été lancée. Elle existe depuis toujours. Surtout dans le cœur de celles qui souffrent. Aujourd’hui, on lui donne plus de visibilité. Ce qui est une bonne chose. Mais ce combat ne peut pas et ne doit pas s’arrêter le temps d’une campagne. Elle ne peut avoir lieu que quand les caméras sont braquées dessus. Je dis bravo aux autorités, tant au niveau parlementaire que chez le ministère de l’Égalité des Genres et du Bien-être de la famille pour cette prise de conscience. Je souhaite que ce soit un combat permanent.
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