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Affaire Betamax - Ashit Gungah : «Nous déciderons de la marche à suivre»

Ashit Gungah

Les autorités mauriciennes sont sur le qui-vive. Le ministère du Commerce et la State Trading Corporation (STC) sont suspendus à la décision de la Cour dans l’affaire Betamax. Le ministre Ashit Gungah indique que le panel d’avocats s’est déjà concerté.

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Le mano a mano entre la STC et Betamax se poursuit. Après avoir obtenu un ordre de la cour indienne le mercredi 29 mai 2019 pour que la STC lui donne une garantie bancaire de Rs 4,5 milliards, Betamax ne compte pas lâcher prise. La société compte entamer d’autres démarches visant les directeurs de la STC. La décision de la Cour suprême indienne mercredi a jeté un froid dans le camp des autorités mauriciennes.

Le ministre du Commerce Ashit Gungah a affirmé, le jeudi 30 mai, qu’ils ont déjà enclenché les procédures pour la marche à suivre. « Hier (NldR : mercredi 29 mai), nous avons pris connaissance de l’ordre du chef juge de la Cour suprême de l’Inde. Il a indiqué que la STC devra donner une garantie bancaire à Betamax dans une période prononcée », a-t-il souligné jeudi à une question de la presse alors qu’il participait à un Family Fun Day à Goodlands.

Dans la foulée, il annonce que les autorités mauriciennes ont déjà contacté leur représentant légal. « Bien sûr, nous avons pris contact avec nos hommes de loi en Inde. Nous avons notre Legal Advisor dans la Grande péninsule. Nous déciderons de la marche à suivre prochainement. Mais je préfère m’abstenir de tout commentaire, car nous avons déjà un procès devant la Cour suprême de Maurice où la STC a réclamé que l’affaire soit set aside dans le verdict de la Cour internationale pour Betamax. »

Au niveau de la STC, c’est motus et bouche cousue. La direction refuse tout commentaire à ce stade. Mais selon nos recoupements, la direction attend des « développements majeurs » dans les jours à venir dans ce dossier. Selon un cadre de l’organisme, la décision du chef juge indien mercredi « n’aurait rien changé dans le dossier ».

Après la décision de la Cour suprême de l’Inde mercredi, le directeur général Raj Dhaliah a eu un tête-à-tête avec Ashit Gungah jeudi au ministère.

Le flou persiste autour du navire Pacific Diamond

Alors que le Crude Oil Tanker devait initialement entamer le trajet vers Mangalore, en Inde, le jeudi 30 mai 2019, le navire Pacific Diamond se dirige finalement vers le port Fujairah, aux Émirats arabes unis. Le pétrolier a quitté Port-Louis à 23 h 55 le mercredi 29 mai. Il est attendu au port Fujairah le 8 juin à 13 heures. Le Crude Oil Tanker avait pris le large pour la prochaine cargaison de carburants à Maurice. Ni la STC, ni le ministère du Commerce n’a confirmé la raison de ce déplacement vers les Émirats arabes unis du Pacific Diamond au détriment du Mangalore.

Xavier-luc Duval : «Nous réclamons une commission d’enquête»

L’émission Au cœur de l’info du jeudi 30 mai de Radio Plus, animée par Terence O’Neill et Ruth Rajaysur, était axée sur le dossier Betamax. Ce litige a été commenté par le leader de l’opposition Xavier-Luc Duval et l’avocat Arvin Halkhoree. Pour le leader du Parti mauricien social-démocrate, l’affaire est « extrêmement troublante ». Il estime que « la façon dont ce contrat a été résilié et ce dossier géré est un scandale ». Il a fait ressortir que la garantie bancaire de Rs 4,5 milliards est similaire à la somme injectée dans la construction du stade de Côte d’Or. « C’est après les élections de 2014 que certains ministres ont décidé de résilier ce contrat et ce, contre l’avis du Solicitor-General. Nous réclamons une commission d’enquête sur cette affaire et que des sanctions légales soient prises. »

Selon ses dires, « le bateau a changé de trajectoire pour se rendre au Moyen-Orient. Combien cela coûtera à l’État ? ».  De son côté, Me Arvin Halkhoree a indiqué qu’une décision du Conseil des ministres est une décision publique qui peut être contestée à travers une Judicial Review. Toutefois, selon ses explications, l’affaire Betamax est liée à la signature d’un contrat. « Si la STC ne respecte pas la décision de la Cour suprême de l’Inde, l’injonction entrera en vigueur et les autorités indiennes peuvent empêcher le pétrolier de quitter le territoire indien pour se rendre à Maurice. Si elle respecte la garantie bancaire, il n’y aura pas d’injonction. »

 

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