
L’accord entre le Royaume-Uni et Maurice sur la rétrocession des Chagos prend un tournant majeur avec l’approbation de Donald Trump. Mais cette avancée ne fait pas l’unanimité au sein de la diaspora chagossienne.
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Sir Keir Starmer a récemment adressé une lettre qualifiée de « très positive » à son homologue mauricien, Navin Ramgoolam. Dans ce courrier, le Premier ministre britannique réaffirme l’engagement de son gouvernement à finaliser la rétrocession de l’archipel des Chagos. D’autant que Downing Street a confirmé, mardi, l’approbation du président américain, Donald Trump à l’accord. Cependant, cette perspective divise profondément la diaspora chagossienne.
Certains Chagossiens considèrent cet accord comme une victoire historique, ouvrant la voie à un retour sur leurs terres ancestrales. Toutefois, la rétrocession des Chagos à Maurice suscite aussi des inquiétudes. D’autres, plus sceptiques, redoutent un accord bâclé qui ne garantirait ni leurs droits ni leur avenir, notamment en termes de citoyenneté britannique.
La question fait débat au sein de la diaspora chagossienne au Royaume-Uni. Si les natifs de l’archipel, bien que minoritaires, soutiennent cette démarche, leurs descendants s’y opposent fermement. « La souffrance des Chagossiens est toujours là. Il faut des réparations et des compensations pour les descendants. Le chagrin ne pourra pas être dissipé. Toutefois, dire qu’on va aller développer les Chagos, ce n’est pas réaliste », déclare C.A., une descendante vivant à Crawley, Londres.
Misley Mandarin, fondateur du groupe BIOT Citizens et partisan du maintien de l’archipel sous souveraineté britannique, partage cette position. « On ne peut pas conclure un accord sans consulter les Chagossiens. Un référendum est nécessaire », plaide-t-il.
Derrière ces prises de position, une inquiétude grandissante : que deviendront les droits sociaux dont bénéficient actuellement les descendants au Royaume-Uni ? La perspective d’une rétrocession soulève des craintes concernant la suppression progressive d’aides telles que le « Universal Credit » (environ 300 livres par personne pour les besoins de base) et les « child allowance » hebdomadaires.
Maxwell Evenor, qui habite à Crawley, tempère la situation : « L’affaire n’a pas évolué. Le président américain a simplement donné son aval pour aller de l’avant avec l’accord. Il n’y a aucune nouveauté. Les Chagossiens doivent être consultés, et un référendum devrait être organisé. L’accord aurait déjà dû être signé fin 2024. Pourquoi ce retard ? » L’état d’esprit des descendants de Chagossiens ? « Ils sont abattus par la situation. Mais, en tant que Chagossiens, nous devons garder espoir. Nous n’avons pas le choix. Nous devons être résilients et notre position reste la même. Nous devons être consultés. Nous sommes en faveur d’un retour sur l’archipel », affirme Maxwell Evenor.
Pascalina Nellan, membre de l’organisation Chagossian Voices, a également été sollicitée pour une déclaration, mais en vain.
Diego Garcia : un bail annuel de Rs 10 Md ?
Longtemps perçue comme un obstacle à la rétrocession des Chagos, la présence américaine sur Diego Garcia semble désormais un levier financier majeur. Après des mois de spéculations, les négociations sur le bail de la base militaire ont pris une nouvelle tournure. Initialement évalué à 9 milliards de livres sterling (533 milliards de roupies mauriciennes) pour une durée de 99 ans, soit environ Rs 5,3 milliards par an, le montant aurait doublé pour atteindre 18 milliards de livres (Rs 1 066 milliards), dépassant ainsi les Rs 10 milliards, rapporte la presse britannique. Donald Trump, d’abord perçu comme un frein au projet, a finalement donné son aval dès février, lors de la visite de Sir Keir Starmer à Washington.
« Un bail de 140 ans pour Diego Garcia, cela semble puissant et ce n’est pas une mauvaise chose », a-t-il déclaré.

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