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175 ans et une valeur estimée à Rs 300 millions 

Le Blue Penny et Le Red Penny

Le 21 septembre prochain, l’ile Maurice fêtera les 175 ans de l’émission de ses deux premiers timbres-poste : le Blue et le Red Vermillion Mauritius Post Office. Ces deux timbres, non oblitérés, valent à eux seuls, plus de 300 millions de roupies. 

« C’est à Maurice que se trouvent les deux timbres les plus chers du monde », confie Emmanuel Richon conservateur au Blue Penny Museum. Il s’agit du Blue (« 2 pence ») et du Red Vermillion (« 1 penny »), à l’effigie de la Reine Victoria, qui peuvent être admirés au Blue Penny Museum au Caudan. 

Les deux timbres, non dentelés et non oblitérés (non utilisés), ont été émis le 21 septembre 1847. Ils ont été gravés et imprimés sur une seule plaque de cuivre par Joseph Osmond Barnard, à Maurice. D’un tirage de 500 exemplaires pour chacune des deux valeurs, à ce jour, seuls 27 exemplaires sont connus et identifiés dans le monde.

Selon la société David Feldman SA, un des leaders mondiaux dans la vente aux enchères des timbres de collection, à ce jour, leurs valeurs sont estimées à environ 6 millions d’euros, soit plus de 300 millions de roupies. « Dans le monde, il existe 27 exemplaires connus, oblitérés et non oblitérés, de ces deux timbres. Des 27 timbres, uniquement, quatre des bleus et deux des rouges sont non oblitérés. Le Blue Penny Museum possède l’un des quatre bleus et l’un des deux rouges. L’autre timbre rouge figure dans le Royal Philatelic Collection du roi d’Angleterre. Ce qui fait la particularité de ces deux timbres, c’est leur valeur historique et esthétique et, bien évidemment, marchande. En termes de poids et de surface, ils sont considérés comme les objets les plus chers au monde », confie Emmanuel Richon.

Les 24 autres timbres sont dans des musées en Hollande, à Stockholm et dans d’autres pays à travers le monde. Ils appartiennent à des collectionneurs privés. Parmi, on retrouve le Bordeaux Cover, la seule lettre connue à être affranchie avec les deux timbres. Elle est en possession d’un des plus grands collectionneurs du monde, l’Allemand Richard Borek.

À Maurice, c’est en 1993 que les deux timbres ont été achetés en Suisse pour deux millions de dollars par un consortium de 14 entreprises mauriciennes, ayant la Mauritius Commercial Bank à sa tête. « Les deux timbres ont été acquis en Suisse auprès de David Feldman SA qui les avait achetés du Japonais Kanaï. Ces timbres sont plébiscités à travers le monde, car chacun possède une histoire et des anecdotes. Des films et des livres sont sortis dans le monde entier sur ses timbres, c’est ce qui leur confère aussi leur caractère exceptionnel », indique notre interlocuteur. 

Le fameux Post Office

Qui plus est, ces timbres, qui ne sont pas les plus rares, reviennent sur le marché mondial, « chaque 30 ans », ce qui n’est pas le cas des timbres uniques sortis du marché depuis longtemps pour être exposés dans un musée. Ainsi, à chaque fois qu’un Blue ou Red Vermillion Mauritius Post Office est sur le marché, c’est l’effervescence dans l’univers de la philatélie à l’échelle internationale.  

Sur cette première série de timbres, sortie à l’époque où Maurice était une colonie britannique, il y a une autre particularité. On retrouve la mention « Post Office », contrairement aux autres séries de timbres qui sont sorties ultérieurement et qui portent la mention « Post Paid ». « Certains disent que c’était une erreur et c’est ce qui donne encore plus de valeur à ces deux timbres. Or, je ne crois pas que ce soit le cas, car le premier timbre américain à l’effigie de Benjamin Franklin porte aussi la mention Post Office. Alors comment est-ce que cela peut être une erreur de Maurice ? », fait remarquer le conservateur du musée. 

Concernant la plaque de cuivre qui a été utilisée pour imprimer les deux timbres, elle avait disparu de 1847 à 1914. Puis en 1914, le lieutenant-colonel Colnagi, en Angleterre, l’a mise en vente. Une plainte de vol avait été faite par le Colonial Office de Maurice contre lui afin de restituer l’objet, mais il n’y a pas eu de suite. Plus tard, c’est le collectionneur alsacien, Maurice Burrus qui a acheté la plaque aux enchères.

Après sa mort en 1959, elle a disparu et ce n’est qu’en 2016, qu’elle a été mise en vente pour plus d’un million de dollars à Genève. Pour Emmanuel Richon, comme il n’y a aucun contrat de vente de la part du gouvernement mauricien avec quiconque pour la vente de la plaque, celle-ci appartient toujours à l’État. « Le gouvernement aurait pu revendiquer la plaque, quand elle a été mise en vente, mais rien n’a été fait », indique-t-il.

Le 21 septembre : Un grand jour pour les philatélistes mauriciens

La Mauritius Post célébrera les 175 ans de l’émission des deux premiers timbres mauriciens dignement cette année. Pour les philatélistes mauriciens, cette date est très importante. « Maurice est le cinquième pays au monde à avoir émis des timbres. Pour nous, les passionnés de timbres, cette date marque le début d’une ère. Aujourd’hui, chaque pays émet des timbres et c’est un honneur pour nous, les Mauriciens, d’être parmi les premiers dans le domaine », dit d’emblée Soorooj Ramdewor, président du Dodo Philatelic Society.

À ce jour, le Dodo Philatelic Society compte une quarantaine de membres et ils se rencontrent une fois par mois. L’association a pour mission de faire connaitre la passion des timbres. « Il est dommage de constater que de nos jours, les jeunes ne s’intéressent pas aux timbres. Je fais partie des responsables du Junior Philatelic Club de la Mauritius Post et je constate qu’il y a seulement 500 à 600 jeunes qui adhèrent à cette activité. C’est dommage, car à travers les timbres, on apprend l’histoire du pays. Toute l’histoire de Maurice y est contée », confie Soorooj Ramdewor.

Par ailleurs, dans le cadre des 175 ans de l’émission des deux premiers timbres-poste et des 250 ans de la Mauritius Post, une série d’activités est prévue pour le mois d’octobre. Elles seront annoncées très bientôt. 

 Joseph Osmond Barnard a gravé et imprimé les deux timbres en 1847.
 Joseph Osmond Barnard a gravé et imprimé les deux timbres en 1847.

Derrière les deux timbres : Joseph Osmond Barnard

C’est Joseph Osmond Barnard qui a gravé et imprimé les deux timbres en 1847. Né en Angleterre le 10 août 1816, il s’installa à Maurice en 1838 et proposa ses services de graveur. En 1839, il épousa Jeanne Joséphine Mimi Doger de Veckranges et ils eurent dix enfants. Il ouvrit sa première boutique à la rue Royale en 1842, puis déménagea à la rue La Chaussée, lorsque le Post Master General le chargea de graver les premiers timbres de la colonie.

 

 

 

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