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Pramila Patten : «La violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre  en Ukraine»

Me Pramila Patten a signé un accord de collaboration avec la vice-première ministre ukrainienne, Olha Stefanisha.

Elle ne pouvait pas rester les bras croisés face à la situation qui se détériore et le nombre de cas de violence sexuelle rapportés depuis l’invasion russe en Ukraine. L’avocate mauricienne Pramila Patten, représentante spéciale des Nations unies, s’est rendue en Ukraine durant la première semaine de mai. Elle poursuit sa mission dans d’autres pays comme la Pologne, la Moldavie et la Belgique. L’objectif est de protéger les plus vulnérables contre la violence sexuelle et la traite des personnes. 

En tant qu’Under-Secretary-General et représentante spéciale des Nations unies pour la prévention de la violence sexuelle dans les conflits, Me Pramila Patten a pris son bâton de pèlerin. C’est le 1er mai dernier qu’elle a atterri à l’aéroport international de Rzeszów-Jasionka, en Pologne. Puis, elle a roulé pendant quatre heures pour aller à Lviv, ville de l’ouest de l'Ukraine, située à environ 70 km de la frontière polonaise. Le 2 mai, elle a pris la route pendant huit heures pour se rendre à Kiev, la capitale ukrainienne.

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Me Pramila Patten a visité Borodyanka, où on peut voir la destruction de bâtiments dans un quartier résidentiel de la banlieue de Kiev.

« Je suis ici aujourd'hui à Kiev, au milieu d'une zone de guerre active, car je ne pouvais pas regarder passivement depuis mon bureau à New York, alors que les allégations de violences sexuelles liées au conflit continuaient d'augmenter », pouvait-on lire sur la page Facebook de Me Pramila Patten, la semaine dernière, quand elle a foulé le sol ukrainien. Elle a signé un accord de coopération avec le gouvernement ukrainien, notamment en la présence de la vice-première ministre Olha Stefanishina, à Kiev. 

Le Dimanche/ L’Hebdo a pris contact avec Me Pramila Patten qui, malgré ses multiples déplacements, nous a accordé un entretien téléphonique. « Il y a une guerre active en Ukraine, avec une dégradation au niveau sécuritaire. Les gens continuent à fuir, sans oublier les cas de violence sexuelle qui montent en flèche, car très souvent, c’est utilisé comme arme de guerre. Les plus vulnérables restent les femmes et les enfants, mais il y a aussi des cas grandissants d’hommes », indique-t-elle.

Notre interlocutrice explique qu’elle a suivi ce qui se passait à distance depuis l’invasion russe en Ukraine. La situation a, cependant, commencé à se détériorer avec des cas de violence sexuelle en hausse. Elle a émis des communiqués pour demander aux partis impliqués de respecter intégralement les droits humanitaires internationaux et de s’assurer qu’il y ait la prohibition d’utiliser la violence sexuelle. 

Toutefois, la situation s’empirant, elle a pris la décision de se rendre en Ukraine, où elle a rencontré plusieurs ministres et dignitaires. « Il ne faut pas que cette crise humanitaire dégénère en traite humaine. La prévention est importante. Nous avons commencé sur un accord de coopération avec le gouvernement ukrainien, le 3 mai dernier. Il porte sur la prévention à travers la justice et la redevabilité. Cinq axes prioritaires ont été identifiés, dont la prestation de services aux victimes, entre autres », explique-t-elle. 

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La Mauricienne milite pour que la violence sexuelle ne soit pas utilisée comme arme de guerre et pour empêcher la traite humaine.

Le 4 mai dernier, elle a repris la route pour regagner Lviv. « Les bombardements ont commencé à Lviv depuis le 3 mai et ont continué jusqu’au 5 mai. J’ai passé la nuit dans un bunker avec les six personnes de mon staff. Ensuite, vu que les explosions augmentaient, j’ai écourté mon séjour à Lviv d’un jour et je suis retournée à Rzeszow, en Pologne », raconte notre interlocutrice. Elle a eu des rencontres avec des réfugiés et le maire, entre autres, et elle a aussi visité les centres d’accueil pour ceux qui fuient le conflit. 

Dimanche dernier, elle a pris l’avion pour Varsovie, la capitale de la Pologne, où elle a rencontré les ministres de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé et du Genre, afin de leur accorder le soutien de son bureau dans la lutte contre la traite humaine. « Les prédateurs sont déjà sur place. On doit prévenir ce drame humain. Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont seules, alors que les hommes de 18 à 60 ans sont sur le champ de bataille. On doit protéger les plus vulnérables », réitère notre interlocutrice.  Cette dernière souligne qu’au niveau des Nations unies, on souhaite que les négociations aboutissent pour un accord de paix et un cessez-le-feu. Cependant, on sait que ce ne sera pas pour demain. 

Après la Pologne, la représentante spéciale s’est rendue en Moldavie, un autre pays qui accueille des réfugiés. Elle a visité les centres d’accueil avec pour objectif d’identifier les lacunes dans les services offerts aux réfugiés. Elle a également engagé des discussions avec le gouvernement pour les soutenir dans leurs efforts d’empêcher la traite humaine. 

Avant de regagner son bureau aux États-Unis, Me Pramila Patten a pris l’avion pour la Belgique. Plus précisément pour Bruxelles afin de rencontrer des membres de l’Union européenne dans le but de discuter des stratégies visant à soutenir les pays européens accueillant des réfugiés ukrainiens et à mettre en place une structure à l’échelle du système européen pour prévenir la traite des êtres humains.

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