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Pollution à Port-Louis : de l’azote dans les cours d’eau

port louis

Les cours d’eau et nappes phréatiques de Port-Louis et ses environs sont pollués par l’azote. C’est ce que révèlent les conclusions préliminaires d’une étude réalisée conjointement par le National Environmental Laboratory et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Les activités liées à l’agriculture, le déversement illégal des eaux usées dans les rivières et canaux, les déchets industriels et l’élevage d’animaux sont montrées du doigt. Ce sont les sources les plus probables de la pollution. On parle plus particulièrement de présence de nitrate, un composant de l’azote, dans l’eau à Port-Louis. Dépassée une certaine concentration, cela pose un problème sanitaire. La présence d’un excès de nitrate dissous dans l’eau est un indice de pollution.

A faible dose, cette substance, extrêmement soluble, n’est pas anormale en soi. Mais au-delà d’un certain seuil, il y a danger pour la population et l’environnement. L’étude tire la sonnette d’alarme dans ce sens. La présence de nitrate à concentration élevée peut contribuer au développement de certains types de cancer. Ils sont aussi des perturbateurs endocriniens qui peuvent avoir une influence néfaste sur la thyroïde, entre autres.

Dans un communiqué émis mercredi, l’AIEA précise que l’étude a démarré en 2016 quand des scientifiques locaux ont commencé à travailler avec l’agence pour « évaluer les origines d’une pollution au nitrate après que des autorités ont détecté la contamination de nitrate à Port-Louis et ses alentours ». Des traces ont été retrouvées dans les rivières, canaux et autres cours d’eau et mettaient en danger des zones protégées, dont l’estuaire de Terre-Rouge. « Des poussées d’algues toxiques dans l’océan ont provoqué des épisodes de poissons morts en quantité, provoquant ainsi des griefs de la part des pêcheurs locaux », peut-on lire.

Citant Yannick Fanny, « Scientific Officer » au National Environmental Laboratory, structure tombant sous le ministčre de l’Environnement, le communiqué de l’AIEA indique que « la pollution de l’eau par les nitrates est un souci majeur pour le pays ». Et d’ajouter que l’étude a été une révélation et les conclusions préliminaires montrent que la contamination de l’eau par les nitrates provient trčs probablement par de l’engrais, des eaux usées, tout comme de la matičre organique dissoute dans le sol.

Avec l’assistance technique de l’AIEA, les scientifiques du National Environmental Laboratory ont recueilli des données isotopiques et chimiques dans 14 endroits différents dans nos rivičres et 15 « boreholes » dispersés dans la ville et ont identifié des mécanismes qui influençaient la qualité de l’eau dans la région.

Kauppaymuthoo : « 30 ans pour flush out cette pollution »

L’ingénieur en environnement et océanographe explique que la pollution à la nitrate est un phénomène ancien ŕ Maurice. Pour Vassen Kauppaymuthoo, le principal danger, c’est l’eutrophication, à savoir un excès d’algues dans les rivières et les lagons, qui peut déséquilibre tout l’écosystème. « La nitrate est un fertilisant qui favorise la pousse d’algues et c’est une cause majeure de la dégradation de l’environnement marin et celui des rivières », explique-t-il. L’océanographe précise que c’est une forme de pollution « soft » dont on ne ressent les effets que dans le temps. « S’il pleut à Curepipe, l’eau met 30 ans pour arriver à Flic-en-Flac, explique-t-il, si on arrêtait de polluer aujourd’hui, il faudrait 30 ans pour flush out toute cette pollution. »

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