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Perspectives : 2022, année de vérité pour le tourisme

Le tourisme mauricien est sans doute le secteur le plus touché par la Covid-19. Bien que la crise sanitaire persiste, les opérateurs du secteur sont d’avis que si des mesures appropriées sont adoptées, l’industrie connaîtra certainement un rebond.

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2022 verra-t-elle une embellie dans le secteur du tourisme ? Si les opérateurs parlent d’un certain manque de visibilité, toujours est-il que certains signes font miroiter une reprise durable.

« Ce sera l’année de vérité pour le tourisme mauricien. ‘We shall make it or we break it’ », fait valoir Sen Ramsamy, Managing Director de Tourism Business Intelligence. Il estime que 2022 sera une année particulièrement difficile pour remonter la pente alors que la pandémie continue de sévir dans le monde et que l’Europe se referme. « Avec les nouveaux variants qui font toujours des ravages dans nos marchés principaux, notamment en Europe, il y a un certain manque de visibilité sur l’avenir », renchérit Bissoon Mungroo, président de l’Association des hôtels de charme. Cependant, il concède qu’étant donné que nos frontières sont ouvertes, 2022 sera définitivement une meilleure année en comparaison à 2021.

De son côté, Sydney Pierre, Chief Sales & Marketing chez Marriott Maurice, dit attendre une reprise durable des activités même si la Covid-19 sera avec nous pendant encore longtemps. « Notre destination a prouvé qu’elle est toujours très attractive malgré les nombreuses restrictions. C’est là-dessus que nous devons construire et durablement », argue-t-il.

C’est le même optimisme qu’affiche Nathalie Gauthier, directrice d’Adrien’s Dream, entreprise qui propose des excursions en catamaran. « Il y aura certainement une reprise dans le secteur. Cependant, la prudence est de mise. Il ne faut pas oublier que la pandémie continue d’évoluer dans le monde », dit-elle. Entre-temps, elle se concentre sur le marché local.

Ce qui est sûr, souligne Ajay Jhurry, président de l’Association of Tourism Professionals, c’est que l’industrie vivra de nouvelles expériences en 2020. « Nous devons nous préparer à toute éventualité. Nous naviguons entre les annulations et demandes de dernière minute. »

Un million de touristes attendus en 2022

Les prévisions du gouvernement pour l’année financière se terminant au 30 juin prochain étaient de 600 000 visiteurs. Sen Ramsamy observe que cet objectif est tout à fait réalisable et qu’il est même possible de le dépasser. « Mais je préfère une prévision de croissance pour l’ensemble de l’année calendaire », dit-il.

Il est convaincu « qu’avec les meilleures compétences requises dans ce genre de situation, un ‘rebranding’ techniquement réussi, un marketing plus audacieux et un service aérien redynamisé, atteindre un objectif d’un million de visiteurs et Rs 50 milliards en recettes touristiques en 2022 est parfaitement jouable ». Prévisions plus modestes pour le président des hôtels de charme. Si la situation sanitaire s’améliore au cours de l’année, Maurice peut accueillir jusqu’à 700 000 touristes d’ici décembre 2022, fait-il comprendre. Pour sa part, Nathalie Gauthier estime que le taux d’activités des plaisanciers devrait atteindre 75 % à 85 % d’ici la fin de l’année.


En chiffres

Nombre de touristes

Le nombre de visiteurs est passé de 1,4 million en 2019 à 308 980 en 2020 et une estimation de 225 000 en 2021.

Recettes

Les recettes sont passées de Rs 64 milliards en 2018 à Rs 63 milliards en 2019 et Rs 17,6 milliards en 2020. En 2021, l’on s’attend à environ Rs 15 milliards.

Pertes d’emplois

Les pertes d’emplois dans le secteur sont estimées à environ 4 000 depuis mars 2020, malgré le montant de plus de R 10 milliards injecté dans le secteur, par le biais du Wage Assistance Scheme.


Ces 4 défis majeurs à relever en 2022

Cap sur le rebranding et le repositionnement

Ils sont unanimes sur ce point. « Pour que l’industrie puisse rebondir, il faut d’abord travailler sur le ‘rebranding’ et le repositionnement de la destination. Les autorités et les opérateurs du secteur doivent se réunir et définir des stratégies clés », soutient Ajay Jhurry.

D’ailleurs, avance Sen Ramsamy, depuis le jour de son lancement en 2009, le slogan « Mauritius, c’est un plaisir » était dépassé. « Il y a urgence de ce côté-là afin de repositionner Maurice sur la carte touristique du monde. »

Investir dans la formation

Selon nos interlocuteurs, l’un des problèmes auxquels est confronté le secteur est le manque de compétences. « C’est un problème grave et il faut en comprendre la raison pour trouver une solution durable car notre sens de l’accueil et la qualité de nos services, notre ‘Unique Selling Proposition’ depuis toujours, commencent à se perdre », déplore Sen Ramsamy. Il est d’avis que le rôle de l’Ecole hôtelière Sir Gaëtan Duval et de la polytechnique de Montagne-Blanche en matière de formation en tourisme et hôtellerie doit être redéfini.

Bissoon Mungroo abonde dans le même sens. « La période de fermeture des frontières a été l’occasion de revoir l’École hôtelière et de se concentrer sur la formation », martèle-t-il. Selon lui, le manque de main-d’œuvre est devenu un vrai casse-tête pour les opérateurs. « Il y a un besoin d’investir dans la formation et de valoriser davantage les métiers de l’hôtellerie. »

L’ouverture aérienne

Pendant plusieurs décennies, fait remarquer Sen Ramsamy, la destination Maurice était le leader incontesté du tourisme dans cette partie du monde. « Aujourd’hui, à plusieurs niveaux, nous sommes à la traîne derrière les Maldives, le Sri Lanka et les Seychelles. »

Dans cette optique, la posture d’Air Mauritius, dit-il, sera déterminante pour notre tourisme et notre économie. « Tout le monde attend que les manœuvres d’Airport Holdings Ltd (AHL) permettent à Air Mauritius de redécoller durablement et de manière professionnelle car le destin économique du pays y est étroitement lié », soutient-il.

Or à ce jour, constate-t-il, les démarches d’AHL ne sont pas claires. « Sa vision n’est pas connue et tout le pays l’attend au tournant », souligne-t-il.

Maurice perd des visiteurs potentiels en raison du manque de vols, ajoute Bissoon Mungroo. « Alors que les Maldives accueillent un bon nombre des touristes indiens, Air Mauritius ne dessert l’Inde qu’une fois par semaine », déplore-t-il. Il estime qu’il est important d’augmenter la fréquence des vols.

Renforcer la sécurité des touristes

La sécurité des visiteurs dans l’île pose également un problème. Aussitôt nos frontières rouvertes, les abus contre les touristes n’ont pas tardé. Pour Sen Ramsamy, une sensibilisation de la population sur l’importance du tourisme est importante.

 

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