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Pascal Sk Mucktoom,  l’homme à la main verte 

À voir Pascal Sk Mucktoom avec son chapeau et son sac à dos, bravant la nature sauvage pour se rendre à son poste de travail, on croirait qu’il joue à l’explorateur. En franchissant le seuil de la pépinière ressemblant à un laboratoire, on comprend qu’il joue un rôle crucial dans la conservation de la faune et de la flore de l’Île aux Aigrettes.

Ancien infirmier dans une clinique privée, âgé d’une quarantaine d’années, il confie qu’il a toujours eu la main verte. D’où cette reconversion professionnelle. Depuis un an, il est horticulteur à la MWF. « Maintenant, je traite les plantes », dit-il dans un éclat de rire. Il n’habite pas les lieux, mais il s’y rend chaque matin à six heures pour s’occuper des plantes de la pépinière et celles de la forêt s’étalant sur quelque 26 hectares. 

Au quotidien, Pascal vérifie les plantes et les arrose tout en enlevant les mauvaises herbes. « La pépinière date de 1997. Chaque année, elle produisait environ 30 000 à 40 000 plantes essentiellement mises en terre à l’Île aux Aigrettes. Comme la forêt a été décimée par l’occupation anglaise, il a fallu avoir beaucoup de plantes pour la restaurer, d’autant qu’elles sont l’habitat des oiseaux et des reptiles endémiques, entre autres. » L’horticulteur s’assure aussi de la réduction des plantes invasives, notamment la Prune Malgache ou encore l’Acacia. 

Lorsque les laboureurs libèrent les sites de ces plantes invasives, Pascal dépose les semis des plantes endémiques soigneusement cultivés dans la pépinière dans l’espace retrouvé. Les techniques de culture utilisées sont diverses. La propagation des plantes se fait également en récoltant des fruits et des plantules dans la forêt. S’il n’y en a pas, il pratique le bouturage. Pour faire germer les graines, il les met à tremper pendant 24 heures où il utilise la technique du bleaching. 
 


Rouben Mootoocurpen.
Rouben Mootoocurpen.

Y’a pas de lézards !  

Rouben Mootocurpen est à la Mauritian Wildlife Foundation depuis 19 ans. Il travaille principalement sur le Reptile Project, sur les îlots entourant Maurice. Il fait le va-et-vient.

Si sa journée commence à 6 heures 30 sur l’Île aux Aigrettes, lorsqu’il est sur le Coin de Mire, c’est parti pour deux semaines durant lesquelles il travaille jusqu’à minuit. « Les lézards sortent particulièrement la nuit », dit-il.


D’un sac, Rouben sort quelque chose qui attire la curiosité : un Scinque de Telfair. Il raconte que 250 reptiles de cette espèce endémique à Maurice ont été lâchés sur l’Île aux Aigrettes, afin d’assurer la survie de cette population de lézards à griffes et écailles, contrairement aux geckos qui ont, eux, les pattes collées aux arbres.

Pour les reconnaître, Rouben utilise un scanner pour détecter une puce électronique similaire à la taille d’un grain de riz, que porte chaque Scinque de Telfair en conservation.

Le Gecko Phelsuma.
Le Gecko Phelsuma.
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Le Scinque de Telfair dans son milieu naturel.
Le Scinque de Telfair dans son milieu naturel.

 


17 000 visiteurs par an

L’Île aux Aigrettes reçoit 17 000 visiteurs par an. Que ce soit une visite guidée, un achat à la boutique de l’île ou au kiosque de Grand-Baie, l’adhésion à un plan d’adoption ou simplement un don, chaque contribution aide à financer et maintenir les actions de conservation vitales pour ces espèces. Sans ces démarches pratiques menées par la Mauritian Wildlife Foundation et ses partenaires, non seulement sur l’Ile aux Aigrettes, mais aussi à travers Maurice, il y a de fortes chances que d’autres espèces soient elles aussi amenées à disparaître comme le dodo.

ile aux aigrettes

 

 

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