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Nikhita Obeegadoo: «Je rêve de contribuer à un monde plus juste»

Si c’est pour mieux servir son pays, elle n’hésiterait pas à s’engager en politique. Nikhita Obeegadoo, fille aînée du politicien Steven Obeegadoo, s’est surtout fait connaître en tant qu’auteure. Âgée de 20 ans, elle étudie actuellement aux États-Unis. Elle en a fait de l’interdisciplinarité son dada.
Huit ans de cela, Nikhita Obeegadoo rejoint le cercle de jeunes auteurs mauriciens grâce à son premier roman, « Mahima’s Story. » Moins de deux ans plus tard, son imagination fertile l’encourage à écrire une première ébauche de son deuxième livre, « Murders & Chemical Equations. » Depuis, aucune autre publication n’a vu le jour. L’ancienne élève à Clavis Primary School s’explique : « Après le deuxième roman, je me suis donnée à fond dans mes études ». Elle n’a que 10 ans quand elle complète le Certificate of Primary Education (CPE). Ses résultats lui garantissent une place au collège Forest Side SSS (Girls). Entre-temps, elle continue à concourir aux examens de l’Alliance française. Presque tous les ans, elle se distingue aux concours. « Au primaire, j’ai adoré le cursus rigoureux surtout pendant les quatre dernières années. On étudiait un siècle de culture et d’histoire française par an. Je me souviens toujours des sections entières du dernier texte que j’ai étudié, « Antigone » de Jean Anouilh ». Elles me viennent à l’esprit souvent, à des moments inattendus », souligne-t-elle, le sourire aux lèvres.
[blockquote]« Je dois tout ce que je suis aujourd’hui à mon pays. Je veux, à tout prix, à mon tour, le servir et le rendre fier de moi. Je compte réfléchir comment mes compétences seront mises au service de mon pays »[/blockquote]
Puis, l’adolescente est admise au Queen Elizabeth College. Elle y étudie pendant un an et demi, avant de s’envoler pour les États-Unis en septembre 2012 afin de poursuivre ses études. « Il était important pour moi de me familiariser avec la diversité des connaissances humaines. J’ai continué sur cette voie à Stanford, où j’ai pris des cours de théâtre, d’Electrical Engineering, de psychologie, d’astrophysique, de ‘Design Thinking’ et de ‘Digital Humanities’ », soutient Nikhita Obeegadoo. La lecture et l’écriture ont bercé son enfance et son adolescence.

Lecture et écriture riment

La lecture est une partie intégrante de sa vie. Elle représente sa pensée, sa façon de voir le monde et reflète son expérience de tous les jours. « Ma mère me lisait les aventures de « Oui-Oui » avant que je ne m’endorme. Mon père lisait le journal à ma sœur et, pour moi, dans la voiture, en chemin pour l’école. J’ai toujours ressenti la nécessité d’écrire. Je ne saurais expliquer son origine, sans doute de la lecture, qui m’a accompagnée tout au long de mon enfance. J’écris des nouvelles et des poèmes ainsi que le journal intime depuis l’âge de sept ans. Lorsque je songe à ma passion pour l’écriture romanesque, il me revient à l’idée cette réflexion de Keats au sujet de la poésie : « If poetry comes not as naturally as the leaves to a tree, it had better not come at all », confie l’étudiante en dernière année. Elle travaille pour une licence en informatique et un B.A. en littérature comparée. Elle considère les langues comme les berceaux de culture et du savoir. Outre l’anglais et le français, ses parents l’ont encouragée à apprendre l’hindi. « J’y ai ensuite pris goût grâce aux films bollywoodiens que je regardais chez ma « nani », à Port-Louis. Mon enseignante de cette langue orientale proposait aussi des cours de Sanskrit. Le choix s’est donc fait naturellement. Je la trouve très poétique comme langue, indique-t-elle. Elle se perfectionne actuellement en Espagnol avant de se tourner vers une nouvelle langue. L’interdisciplinarité est, depuis son enfance, au cœur de son expérience scolaire. Elle a plusieurs cordes à son arc, car elle a poursuivi des études dans plusieurs disciplines. Elle trouve que les États-Unis encouragent cette approche, jusqu’au point d’offrir la possibilité d’entamer deux licences complètement distinctes en même temps. « Outre, les universités privées les plus réputées ont de nombreuses ressources et offrent des bourses », ajoute celle qui a visité plusieurs pays. Elle a dormi sous les étoiles du Sahara, rencontré des voyageurs clandestins qui construisent leurs barques pour leur voyage vers l’Espagne et a entamé des fouilles archéologiques à Chavín de Huantar, un site de civilisation pré-inca dans la sierra péruvienne au Pérou. Pendant ses quatre dernières années universitaires, elle s’est rendue au Japon, en Inde et dans plusieurs autres régions des États-Unis grâce au soutien de Stanford. « Ces années ont été une merveilleuse occasion de vivre pleinement sa passion pour le voyage que m’ont transmise mes parents. Ma mère et moi, nous avons découvert le Zimbabwe, l’Égypte, l’Angleterre, l’Inde et l’Afrique du Sud. Lorsque mon père travaillait à l’étranger en France et aux États-Unis, nous entamions en famille des « road-trips » qui figurent à présent parmi mes meilleurs souvenirs d’enfance », confie-t-elle.

Servir son pays

Les trois années à l’université n’ont fait qu’attiser sa soif de connaissances ainsi que sa passion pour la littérature. Elle compte donc entreprendre un doctorat en littérature comparée aux États-Unis ou au Canada, tout en préservant une proximité avec le monde de la technologie informatique et de ses ‘start-ups’. Ces derniers mois, elle a passé des entrevues pour des sociétés comme Microsoft et Google pour un poste d’« Associate Product Manager. » Après ses études et ses aventures, elle s’est fixée comme objectif d’être au service de son pays. Nikhita Obeegadoo compte rentrer à Maurice dès qu’elle termine son doctorat. Elle considère qu’être la fille d’un politicien est « un privilège, plus que tout autre chose ». « Je dois tout ce que je suis aujourd’hui à mon pays. Je veux, à tout prix, à mon tour, le servir et le rendre fier de moi. Si je suis convaincue que la politique est la meilleure façon de faire cela, je m’engagerai. Je compte réfléchir à toutes les voies qui s’ouvrent à moi avant de décider comment mes compétences seront mises au service de mon pays. Je rêve de contribuer à un monde plus juste et égalitaire. Je rêve d’écrire pour émouvoir », conclut-elle.

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