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Marché de l’emploi - Portabilité : les 4 grands changements

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Le marché de l’emploi est en pleine transformation. Avec l’entrée en vigueur du Portable Gratuity Retirement Fund, certaines évolutions sont attendues. Outre ces changements, 2020 s’annonce sous de bons auspices, indique-t-on au niveau des agences de recrutement. Découvrez aussi les secteurs qui embauchent et les métiers qui seront les plus demandés cette année.

1. Bien-être des employés

Pouvoir conserver ses années de service ne peut qu’être bénéfique pour les employés. « Cela contribue au ‘betterment’ des travailleurs », avance Thierry Goder, Chief Executive Officer d’Alentaris. Ce n’est pas Reeaz Chuttoo, porte-parole de la Confédération des travailleurs du secteur privé, qui a milité pour cette mesure depuis 16 ans, qui dira le contraire. « L’employé pourra changer d’emploi sans craindre de perdre ses années de service. Par ailleurs, l’employeur qui est contraint de diminuer son personnel n’aura pas à se reprocher de licencier des gens car les employés conserveront leurs bénéfices », explique le syndicaliste.

Pour l’économiste Vishal Ragoobur, le Portable Gratuity Retirement Fund (PGRF) fera place à une ‘win-win situation’. D’abord, pour les employés, car ce fonds est une « sécurité » pour eux, surtout pour les plus vulnérables. « Même s’ils perdent leur emploi, ils conserveront leur temps de service. Ce qui est bon pour le moral et la motivation des employés », explique l’économiste. Les employeurs y trouveront également leur compte à terme. « Comme les employés travailleront en sérénité, ils seront plus productifs, rendant du coup l’entreprise plus performante », souligne Vishal Ragoobur.

Seul bémol : un employé qui a accumulé un nombre d’années de service auprès d’un employeur existant sera pénalisé pour avoir changé d’emploi, fait ressortir Ravish Pothegadoo, directeur de Talent on Tap. Car, souligne-t-il, ce n’est que les dernières années passées auprès du même employeur qui vont être considérées.

2. Coût additionnel pour certaines entreprises, mais moins de pression à terme

C’est un fait ! Le Portable Gratuity Retirement Fund pèsera lourd pour les entreprises qui n’ont pas fait ce type de provision, avance Thierry Goder. D’un point de vue financier, poursuit Ravish Pothegadoo, elles devront cotiser 4,5 % chaque mois pour chaque employé, appliquer de nouvelles méthodes de calcul de boni, entre autres. « C’est vrai que cela sera un coût additionnel pour l’employeur, mais c’est de sa responsabilité de garantir que ses employés travaillent dans des conditions favorables », avance Vishal Ragoobur.

Reeaz Chuttoo met sur le tapis un autre argument. « Au lieu de payer Rs 500 000 à un employé d’un trait quand celui-ci prendra sa retraite, l’employeur n’a qu’à payer dès maintenant que Rs 700 chaque mois. C’est moins de pression et le fardeau est allégé  », fait ressortir le syndicaliste.

Le saviez-vous?

Environ 72 000 employés ont déjà un plan de pension privé auquel leurs employeurs contribuent en partie ou totalement.

3. Plus de mobilité dans le monde du travail

Reeaz Chuttoo s’attend à plus de mobilité dans le monde du travail avec l’entrée en vigueur du Portable Gratuity Retirement Fund. « Les employés pourront chercher un meilleur emploi en sachant que ses années de service sont acquises. Ce sera un encouragement pour lui pour faire du ‘reskilling’. Ils pourront suivre des formations en vue de décrocher un emploi plus intéressant », explique le syndicaliste. Vishal Ragoobur abonde dans le même sens. « Il pourra développer et avancer dans sa carrière et aspirer même à une meilleure rémunération », souligne l’économiste.

4. Les entreprises voudront retenir leurs employés

Plusieurs observateurs sont unanimes. Les entreprises ne voudront pas se séparer de leurs employés vu qu’ils contribuent à leur année de service. « Il faut savoir que c’est un avantage que beaucoup d’entreprises accordent déjà à leurs employés. Cela n’a pas empêché à ces entreprises de grandir », indique Thierry Goder. Doit-on s’attendre à un impact sur les futurs recrutements ? « Les entreprises n’ayant pas de plan de pension pour les employés vont devoir mesurer l’impact d’une embauche, anticiper les coûts liés aux cotisations et vérifier la viabilité de leur projet de recrutement. Les recrutements seront affectés mais nous pensons faiblement », avance Aurélie Marie, Head of Communication and Recruitment à Myjob.mu. Car dans tous les cas, si une entreprise doit recruter, poursuit-elle, elle fixera des objectifs clairs aux nouvelles recrues avec des attentes en termes de productivité et rentabilité qui absorberont les cotisations du PRGF. « Au cas contraire, elle gèlera le recrutement », ajoute Aurélie Marie.
Par ailleurs, certains employés ne voudront pas changer d’entreprises. « Les employés de 40 ans/ 50 ans+ vont certainement éviter de changer d’emploi. Mais, il n’y aura pas vraiment d’incidence sur les employés ou grosses compagnies cotisant déjà pour un plan de pension », précise Ravish Pothegadoo.

Quant à Reeaz Chuttoo, il estime que cette mesure viendra corriger une « anomalie » constatée ces dernières années, notamment les employeurs qui licencient des gens sous n’importe quel prétexte à travers des comités disciplinaires. « Ils ne pourront plus licencier sous des faux prétextes », conclut notre interlocuteur.


Reeaz Chuttoo : «S’il faut revoir la contribution des employeurs, nous en ferons la demande»

reaz« Même si le taux de contribution des employeurs au Portable Gratuity Retirement Fund, qui passe de 4,8 % à 4,5 %, a été revu à la baisse, nous avons réussi à imposer une clause pour qu’à chaque fin de contrat, l’employeur doit ‘top up’ tout fonds additionnel pour arriver à 15 jours de rémunération par année de service », souligne Reeaz Chuttoo, porte-parole de la Confédération des travailleurs du secteur privé. En cas d’insolvabilité, si le patron n’a pas versé d’argent pour ses employés, explique-t-il, cet argent sortira du Seed Capital, un nouveau fonds que paie uniquement l’employeur. 

Quoi qu’il en soit, Reeaz Chuttoo compte faire une ‘assessment’ pour savoir si la contribution de 4,5 % couvre tous les critères. 

« S’il faut revoir ce taux, nous en ferons la demande », prévient-il. 


Ces secteurs qui vont recruter 

  • L’hôtellerie et la restauration 
  • Les Tic-BPO
  • La construction
  • Le secteur financier
  • Le commerce et la vente

Ces industries qui recruteront moins

  • Le secteur manufacturier, notamment le textile
  • La logistique
  • L’agriculture
  • Le transport

Ces métiers qui seront les plus demandés en 2020 

  • Customer Service Agent
  • Téléagent/télévendeur/ BPO
  • Accounts Officer
  • Administrative Officer
  • Développeur Web, développeur IT
  • Recruteur
  • Les métiers liés au Food & Beverages
  • Les métiers liés au secteur financier
  • Les métiers de communication
  • Les métiers liés au Digital Marketing
  • Les métiers liés à l’aspect légal des entreprises
  • Les travailleurs manuels

Emploi : ce qui nous attend en 2020 selon…

….Ravish Pothegadoo (directeur de Talent on Tap) : «Il y aura une hausse dans le recrutement»

ravish« Nous avons reçu beaucoup de demandes de recrutement fin 2019 pour que les candidats commencent à travailler début janvier 2020 », souligne Ravish Pothegadoo, directeur de Talent on Tap. Il s’attend à la création de plusieurs emplois, mais aussi des entreprises sur le trajet du Metro Express. « Il y aura une légère hausse en termes de recrutement en 2020 », prévoit Ravish Pothegadoo, qui s’attend à beaucoup d’offres notamment dans le secteur IT/BPO. 


…Thierry Goder (Chief Executive Officer d’Alentaris) : «Les PME, tout comme les conglomérats, recrutent cette année»

thierryMême si nous avons constaté un léger ralentissement en fin d’année en raison du fait que certains secteurs sont trop occupés par leurs activités pour recruter, la nouvelle année démarre sous de bons auspices, fait ressortir Thierry Goder, Chief Executive Officer d’Alentaris. Il y a des opportunités d’emploi pour divers types de postes, et ce jusqu’au Senior Management. Plusieurs entreprises, allant des PME jusqu’aux conglomérats, recrutent cette année. D’ailleurs, une multinationale dans le secteur maritime a déjà recruté une vingtaine de personnes et prévoit d'e recruter encore. « Il y a aussi des opportunités d’emplois pour des jeunes ayant seulement le HSC, mais qui ont deux ans d’expérience et des bonnes dispositions verbales et écrites », indique notre interlocuteur.


…Aurélie Marie (Head of Communication and Recruitment à Myjob.mu) : «818 offres d’emploi rien que pour la première semaine de janvier»

aurelie« Au regard des données de notre site Myjob.mu, nous enregistrons, rien que pour cette première semaine de l’année, 818 offres d’emploi. Selon nos prévisions, ce chiffre va doubler d’ici la fin du mois de janvier 2020, le temps que les entreprises reprennent leurs activités et précisent leurs besoins en recrutement », indique Aurélie Marie, Head of Communication and Recruitment à Myjob.mu. À savoir qu’en janvier 2019, Myjob.mu avait enregistré 1 534 offres d’emploi contre 1 241 en 2018, soit une hausse de 24 %. Aurélie Marie précise que chaque début d’année est marqué par une hausse des recrutements car il s’agit de la période de pointe pour renforcer les équipes. « Les mois de janvier à avril sont forts en recrutement. De 2019 à 2020, nous attendons une hausse des offres d’emploi en ligne de l’ordre de 5 % à 10 %. 2020 connaîtra une hausse des recrutements cependant la hausse enregistrée sera moins importance que celle de 2019. Espérons que 2020 nous réserve de bonnes surprises », conclut notre interlocutrice

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