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Malgré les scènes violentes : Squid Game reste une série populaire

La nouvelle série coréenne « Squid Game », diffusée sur la plateforme Netflix, brise tous les records grâce à un écho mondial. Selon Ted Sarandos, le co-PDG de Netflix, cette série pourrait bientôt devenir la série la plus populaire du site. Après la K-pop et les BTS, la Corée du Sud frappe le monde avec « Squid Game ». Les décors inspirés des jeux vidéo sont époustouflants. Les tenues sont branchées et le principe rappelle l’incontournable Battle Royal. Un seul joueur survit au jeu de massacre et remporte le prix pour effacer ses dettes. Les fans mauriciens partagent leur avis sur la série.

Saadiya Hanzaree : « ‘Squid Game’ est une excellente étude de la nature humaine sous pression »

saadiyaSaadiya Hanzaree, 19 ans, de Morcellement Saint-André, est une adepte des K-dramas depuis bientôt quatre ans. Pour elle, les ingrédients du succès de Squid Game sont la production, les décors, les costumes uniques, les séquences d’action époustouflantes et les jeux. 

« Le casting, composé d’acteurs de classe A en Corée, est absolument fantastique. Ils jouent des personnages bien définis avec des motivations claires. C’est une excellente étude de la nature humaine sous pression. J’ai été stupéfait par le jeu de Jung Ho Yeon, le personnage de Sae-Byeok, puisqu’il s’agit de son premier rôle. J’ai également été agréablement surpris de voir de brèves apparitions de Gong Yoo. Même avec un temps d’écran limité, son charisme transparaît et illumine la production », souligne-t-elle.   

Selon elle, la beauté de cette série repose sur les représentations sombres de l’avidité et de la faible valeur personnelle. Il est aussi question de la vision déformée de la réalité, basée sur des normes sociales tordues. Celles-ci sont enracinées dans l’obsession de l’argent, qui enlève toute joie de vivre. Le scénario irréaliste, saupoudré d’un ton de comédie noire, met en exergue l’absurdité des choix et des comportements des personnages.

« Les lieux et les jeux enfantins contrastent avec la brutalité des situations auxquelles les personnages sont confrontés. Les créateurs du jeu se placent en position d’innocents gardiens des règles. Et toute mort est la faute des participants qui les enfreignent. Personne n’est forcé de participer. “Vous avez vous-même signé votre certificat de décès.” La survie dans le jeu et la survie dans la vie constituent un autre contraste intéressant. La brutalité physique contre la peur émotionnelle et existentielle. C’est plus que le drame des jeux de survie. L’horreur, c’est la réalité de ces personnes en dehors des jeux et ce qu’elles peuvent faire dans une situation pour la changer. » 

Par ailleurs, elle fait ressortir que les productions coréennes touchent les téléspectateurs au-delà des frontières, grâce à une narration audacieuse et habile. Celle-ci explore des préoccupations sociales, des difficultés personnelles et des thèmes universels comme la famille, l’amitié et l’amour. 

« Même si les personnages d’un K-drama s’expriment dans une langue que nous ne comprenons pas, nous franchissons la barrière des sous-titres, comme le dit le réalisateur coréen Bong Joon Ho », cite-t-elle. 

Meghna Agnihotri : « Les productions coréennes sont là pour rester »

meghnaMeghna Agnihotri, 22 ans, est d’avis que les productions coréennes ne manquent jamais de divertir. Et elles abordent les problèmes de la vie. Elle prend pour exemple le film Parasite, qui est un film coréen ayant remporté de nombreux prix sur le plan international. « Certes, la série est gore, mais nous avons des leçons à apprendre de cette série qui parle des problèmes de la vie, comme les difficultés financières. Dans chaque épisode, il y a un message à décrypter. En plus, c’est une série avec un scénario imprévisible, c’est l’élément accrocheur. La série était tellement bonne que j’ai visionné les neuf épisodes après avoir fait des heures supplémentaires au travail », confie-t-elle.   

Pour elle, les productions coréennes sont le nouveau Hollywood et elles sont là pour rester. « Les films coréens établissent une nouvelle norme dans le monde du cinéma avec leurs morales et leurs messages cachés. À l’instar de la scène dans Squid Game, où Ali remportait le jeu de billes et où Sang-Woo l’a trompé en utilisant son innocence. Ce qui montre que lorsqu’il y a une compétition, l’homme mange l’homme. Vous devez savoir à qui vous faites confiance. Cela vous montre également que la vie n’est jamais juste. L’argent prime. »  

Le concept de ‘Squid Game’ 

La série se focalise sur un concours dans lequel 456 joueurs, de différents horizons, mais profondément endettés, jouent. Les jeux sont inspirés des standards coréens pour enfants comme : un deux trois soleil, les billes, la marelle... Les pénalités font perdre la chance de remporter un prix de 45,6 milliards de Won. Hwang Dong-Hyuk, le directeur de la série, l’avait conçue en se basant sur ses difficultés financières, au début de sa vie, et sur la disparité des classes en Corée du Sud. Même si elle avait été mise en scène en 2008, Hwang avait été incapable de trouver une production. Netflix a montré un intérêt pour son idée en 2019. Hwang a écrit et réalisé les neuf épisodes. 

Stephen Hok Fen Ah Sen : « Je me suis inspiré pour conceptualiser une vidéo TikTok»

stephenStephen Hok Fen Ah Sen, 40 ans, chorégraphe chez Shadow Danceland, est un habitué des productions coréennes. C’est un fan des K-dramas depuis 2005. Pour lui, Squid Game était comme une évidence. « Quand le trailer est sorti, je savais que j’allais le regarder, parce que j’aime ce type de jeu de survie. J’enseigne la K-Pop à Maurice, donc on s’attend à ce que je la regarde. J’aime vraiment les décors, les accessoires et les couleurs utilisés dans la série, ainsi que les costumes. Les acteurs et le réalisateur ont fait un excellent travail. Les jeux sont simples et super intenses en même temps », explique-t-il.

Ce qui distingue Squid Game, c’est l’association de plusieurs genres, mais également l’utilisation du soft power influence. Le gouvernement coréen l’utilise pour promouvoir la culture à travers l’industrie du divertissement.

« Squid Game parvient à combiner un peu de tout. La série garde les téléspectateurs engagés avec les jeux intenses et il traite également d’un sujet très actuel : les gens qui se battent pour survivre à la pandémie. » 

Stephen s’est inspiré du jeu Ddakji pour conceptualiser une vidéo TikTok intitulée Squid Game Recruitment à la station métro Victoria, qui a cumulé plus de 7 000 vues en une journée.

« J’ai réfléchi à la façon de faire découvrir Squid Game à Maurice d’une manière amusante, cool et créative. J’ai vu en ligne de nombreuses personnes de différents pays faire leur propre version de la série. J’ai conçu la fameuse carte de visite, avec le logo de Squid Game, que le vendeur donne à l’acteur principal au début de la série. Comme je prenais le métro à Port-Louis, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de faire une vidéo à la station. C’est comme lorsque l’acteur principal recevait sa carte à la gare. Je ne m’attendais pas à ce que la vidéo soit vue autant de fois sur mon compte TikTok (Stephen Ah Sen). Je vais continuer à faire d’autres vidéos inspirées de Squid Game et j’espère que les gens prendront plaisir à les regarder ! » 

Erina Soupe : « J’aime regarder les K-dramas à cause de leur culture »

erinaErina Soupe, 15 ans, n’en est pas à son premier K-drama. D’ailleurs, elle les recommande fortement. Pour elle, les séries coréennes ont un charme particulier, qui réside dans le mystère qui les anime. 

« J’adore les K-dramas, parce qu’ils sont différents des séries américaines. Ils présentent généralement des idées créatives et brillantes. J’aime regarder des K-dramas à cause de leur culture, nous apprenons beaucoup de la vie et de la gastronomie. Les Coréens sont aussi connus pour avoir un style vestimentaire unique. Ils ont l’air de sortir tout droit d’un magazine ou d’un défilé de mode », estime-t-elle.   

Toutefois, cette dernière explique que Squid Game, bien qu’elle soit une production coréenne, brise le stéréotype et la perception du K-drama à l’eau de rose. « Squid Game est à l’opposé des K-dramas habituels, dans lesquels la romance est le thème dominant. Il n’y a pas de gens bien habillés. Squid Game est une série qui mise sur la simplicité et l’ingéniosité du scénario. Tout le monde en parlait sur les réseaux sociaux et à l’école. L’élément accrocheur, c’est la fin de chaque épisode, ponctuée de révélations », ajoute-t-elle. 

Elle partage ses moments préférés. « La raison pour laquelle je suis un grand fan de Squid Game, c’est le suspense autour du personnage de As Hwang Jun-ho, le policier qui cherchait son frère disparu. Grâce à lui, l’audience a une perspective nouvelle sur le jeu. On a l’impression de s’immiscer dans les coulisses. On a pu voir ce que font les gens en uniforme rouge en-dehors du jeu. De plus, As Kang Sae-Bueok, alias numéro 064, est devenu mon personnage préféré. » 

Khadeeja Bibi Jowaheer : « C’est un nouveau concept »

khadeejaKhadeeja Bibi Jowaheer, 20 ans, de Port-Louis, est fan de séries télévisées de suspense et d’action. Et elle aime explorer d’autres genres et la culture d’autres pays via les J-dramas (séries nipponnes), K-drama et les drames thaïlandais. Elle n’en est pas à sa première série coréenne, mais elle dit qu’elle n’a jamais regardé un K-drama aussi intense.

« Je pense que Squid Game est un énorme succès, car c’est du jamais-vu. C’est un nouveau concept et le public mauricien aime de plus en plus les séries télévisées orientées vers l’action. »

Elle ajoute que ce qui différencie Squid Game des autres K-dramas, c’est qu’il pousse à la réflexion. « Et si c’était réel ? Et si une telle situation existait vraiment ? Elle dépeint les nombreuses variations des émotions humaines, et la façon dont différentes personnes gèrent leurs situations. Par exemple, certains choisissent la gentillesse et d’autres se battent pour la survie. Je suis heureuse que les Coréens reçoivent enfin la reconnaissance qui leur est due. Les gens sont désormais moins racistes et peuvent faire la différence entre la culture coréenne et les autres cultures. »

Le NCB conseille aux parents d’empêcher leurs enfants de regarder cette série

Le National Computer Board (NCB) met en garde les parents contre la série de Netflix, « Squid Game ».

Un communiqué en ce sens a été émis, hier, jeudi 14 octobre par la Computer Emergency Response Team pour conseiller aux parents d’empêcher leurs enfants de regarder cette série ou d’y avoir accès.

En cause : l’engouement des jeunes pour ce film qui pousserait certains enfants à reproduire les scènes considérées comme étant hyper violentes.

De plus, des séquences de la série sont partagées à travers des plateformes de jeux vidéo, notamment Roblox et Minecraft. Or, cette série est interdite aux moins de 15 ans, selon l’Information Security Officer du NCB, Sachin Reechaye. Il est intervenu sur RadioPlus à la mi-journée de ce vendredi 15 octobre.

Il précise que « les parents sont tenus d’exercer un contrôle sur les films que regardent leurs enfants ». 

« Nous sommes conscients que les parents ne peuvent surveiller leurs enfants en 24/7. Toutefois, nous leur demandons d’être vigilants. Communiquez avec vos enfants et avertissez-les pour qu'ils ne regardent pas cette série car elle contient des scènes très violentes, voire atroces. Il ne faut pas imiter non plus. Une ‘alert’ a été également envoyée au ministère de l’Éducation, à la Child Development Unit, à la brigade des mineurs, à la Cybercrime Unit, à la Police IT Unit ainsi qu'à des enseignants afin de sensibiliser les élèves », a fait ressortir Sachin Reechaye.

« Un deux trois, soleil » revisité dans une cour d’école en Belgique

Squid Game connaît un succès fou pour ses scènes impressionnantes. Celles-ci sont imprégnées de sang, dont «Un deux trois, soleil », qui a inspiré des jeunes dans une cour de récréation en Belgique. Une majorité d’élèves s’amusaient à revisiter ce jeu en version violente intitulée : « Quand tu bouges, je te tue. »

Certains parents ont fait remarquer que la série Squid Game est interdite aux moins de 16 ans. Et que les parents sont appelés à éduquer et à surveiller leurs enfants. 

« Il est dommage que certains parents ne comprennent pas qu’il soit nécessaire de surveiller étroitement ce que regardent leurs enfants sur le net ou sur Netflix. Surtout qu’il existe aujourd’hui toutes les options technologiques pour protéger les enfants des contenus violents. À ceux qui disent que Netflix et les autres médias sont responsables : désolé, c’est aux parents d’éduquer et de surveiller leurs enfants », avancent des parents.

Squid Game est au top du classement dans plus de 90 pays, ainsi que sur Netflix Maurice, depuis le 17 septembre.

 

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