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Histoire vécue : victime d’un accident de la route, son avenir est incertain

Cet ouvrier est en arrêt de travail. Il a eu de multiples fractures, lors de l'accident.

Le 3 juillet, peu après la levée du confinement liée à la pandémie de la Covid-19, Sunil * (prénom modifié) et sa famille décident de prendre l’air. Direction : La Nicolière. Pour cet ouvrier, cette sortie est une façon de rétablir sa relation avec son fils et sa femme qu’il ne voit pas souvent en raison de ses horaires de travail. 

Dans la voiture avec lui, sa femme et son fils. Sur place, ils passent environ deux heures tout en appréciant la sérénité des lieux. Toutefois, Sunil est loin de se douter que sa vie allait changer à tout jamais.

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Pour regagner son domicile dans le nord, il emprunte la route de Grande Rosalie à Pamplemousses. Comme il pleut des cordes, il roule à moins de 60 kilomètres, mais voilà que vers 17 h00, une voiture blanche devant lui freine subitement. Sunil a deux choix, soit tourner à gauche et s’écraser contre un mur en roches, entre autres, soit tourner à droite pour finir sa course contre un arbre. Ainsi, pour sauver sa famille, il tourne à droite et le choc est rude. Le flanc droit de sa voiture est largement endommagé. 

La police est mandée sur les lieux, ainsi que les pompiers qui l’extirpent de la voiture. Tandis que sa femme et son fils sont indemnes, lui, en revanche, est blessé sérieusement. Conduit d’urgence à l’hôpital du nord, il est placé en observation médicale en raison de ses multiples fractures. Il est soumis à un examen approfondi. Résultats : la hanche droite est fracturée ainsi que l’os pubien. Les médecins placent une barre de redressement en acier pour maintenir sa jambe droite. Après un séjour d’environ un mois et demi à l’hôpital, Sunil rentre chez lui. Pour marcher, il utilise des béquilles. Toutefois, il ne peut pas rester assis ou debout pendant longtemps. Pour accomplir les simples gestes du quotidien,  il doit se faire aider par sa femme et ses proches. 

Ses finances dans le rouge

En raison de cet accident, il est en arrêt de travail et il ne touche plus de salaires après avoir puisé ses congés de maladie. Dans ce cas, comment rembourser l’emprunt à la banque et le crédit pour des meubles achetés dans un magasin ?  Le pauvre ne sait plus à quel saint se vouer pour sortir de cette impasse. C’est d’autant plus dur qu’il a commencé à travailler très tôt pour offrir une vie confortable à sa famille. Sa femme ne travaille pas et s’occupe de lui. 

Pour s’en sortir financièrement, le couple entame des démarches pour percevoir une allocation de la Sécurité sociale. Certes, elles aboutissent, mais comment vivre avec Rs 5 000 ? C’est insuffisant pour acheter les provisions, régler les dettes et subvenir à leurs besoins. Puiser dans les économies ? Celles-ci, malheureusement, ont fondu comme neige au soleil durant les deux confinements. La situation de la famille a empiré avec le taux d’inflation qui ne cesse d’augmenter. Seul rayon de lumière dans les malheurs de Sunil, c’est l’aide qu’il reçoit de ses voisins. Étant au courant de ses difficultés, ces derniers offrent à Sunil et à sa famille un peu d’argent pour s’en sortir, voire pour manger. « Je leur suis très reconnaissant, mais mes dettes s’accumulent », confie Sunil qui peine à cacher ses émotions. 

C’est ainsi qu’il s’est à nouveau tourné vers la Sécurité sociale. Il s’est rendu au bureau de son quartier pour toucher une pension d’invalidité. « On m’a fait comprendre que mon cas est authentique et j’ai donc suivi les procédures. Je suis passé devant un comité médical, mais le panel de médecins estime que mon niveau d’invalidité est inférieur à 60 %. De ce fait, je ne suis pas éligible pour cette allocation sociale. Subséquemment, j’ai fait appel contre cette décision et je repasserai devant un autre comité médical fin novembre », affirme-t-il. Sunil confie qu’il ne demande pas à toucher une pension jusqu’à la fin de sa vie, mais au moins jusqu’à ce qu’il soit à nouveau sur pied. 

Si, je pouvais travailler, je l’aurais fait, mais mes os n’ont pas encore, bien repris leur place"

Sunil indique ne pas comprendre la raison pour laquelle il ne peut pas toucher cette aide sociale. « Depuis que je travaille, j’ai tout le temps contribué aux fonds de la Sécurité sociale. J’ai eu recours à cette aide de l’État, car je ne peux vraiment pas rester debout et assis pendant longtemps pour travailler vu la nature de ma profession. De plus, tous mes documents médicaux attestent de ma condition physique.

Si, je pouvais travailler, je l’aurais fait, mais mes os n’ont pas encore, bien repris leur place », conclut-il.

Un père prêt à tout pour sa famille...

Avant son accident de la route, Sunil bossait dur pour offrir une belle vie à tous ceux qu’il aime, même si cela impliquait de longues journées de travail. Celles-ci débutent à 6h00, l’heure à laquelle il quitte la maison pour se rendre à son lieu de travail. Il est ouvrier spécialisé dans les travaux de métal dans une firme impliquée dans des projets d’infrastructures de grande envergure, notamment la construction des hôtels. 

Après avoir récupéré d’autres ouvriers, il se rend sur les chantiers pour effectuer les travaux de métal requis. Sa journée est ponctuée de deux courtes pauses, à 9h00 et 15h00 respectivement, ainsi que le déjeuner. Entre ces heures, il travaille dur pour faire avancer les travaux, voire leur achèvement jusqu’à fort tard.  Sunil n’a jamais rechigné devant l’effort.  Il cumule les heures supplémentaires, car l’argent n’est jamais de trop pour assurer un meilleur avenir à sa famille. Ainsi, il travaille de longues heures d’affilée et ne rentre à la maison qu’aux petites heures du matin, sans voir et passer du temps avec son enfant. 

Puis, le destin a mis frein à ses activités professionnelles. Avec sa demande de pension d’invalidité en attente, il ne cache pas que l’avenir lui semble incertain et qu’il peine à reconstruire sa vie et à prendre soin de sa famille. De ce fait, il lance un appel à toute personne qui peut l’aider ou encore aux autorités pour que son cas soit pris en considération, en attendant qu’il se rétablisse et puisse à nouveau travailler comme avant cet accident de la route.

 

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