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En une dizaine d'années : les plages publiques représentent 15% du littoral

Souvent sujet à polémique, la superficie des plages publiques et du littoral (sea frontage) a beaucoup évolué au cours des dix dernières années. De 85 plages publiques en 2007, le pays en compte aujourd’hui 126. C’est ce qu’indique la Beach Authority. Or, ce chiffre équivaut à seulement 15% de l'étendue de la mer qui entoure notre île, à laquelle le public a droit.

322 km. C’est l’étendue de nos côtes tout autour de l’île. C’est ce qu’indiquent des données disponibles auprès de Statistics Mauritius. De ces 322 km, 49,9 km comptent pour le ‘sea frontage’ des plages publiques, soit l’étendue de mer associée à chacune de ces plages, selon des chiffres obtenus de la Beach Authority. Ce qui fait que 15,5% seulement de tout le littoral du pays sont accessibles au public depuis la plage. Quant aux 85% des côtes restantes, elles sont constituées de Pas Géométriques qui n’ont jusqu’ici pas été décrétés publics ou qui représentent des baux octroyés par l’État pour des projets hôteliers et la construction de bungalows, entre autres. 

D’après un relevé effectué par la Beach Authority, le ‘sea frontage’ par région se décline comme suit : Nord (de Le Goulet à Roches-Noires) 12 829.5 m, Sud (de Grand-Sable à La Prairie) 13 160.9 m, Est (de Roches-Noires à Quatre-Sœurs) 8 492 m et Ouest (de L’Embrasure à Sable Noir) 12 417.8 m. Cela représente une hausse de 35%, comparativement à 2007 lorsque le ‘sea frontage’, associé aux plages publiques, s’élevait à 36,8 km. En fait, en une décennie, le nombre de plages publiques à Maurice est passé de 85 à 126 (+48%). La superficie totale des plages a subséquemment connu une hausse, soit 2 749 012 m2 en 2007 contre 3 240 471 m2 en 2018 (+ 17%). Avec une population estimée à 1 264 million, cela revient à environ 2,5 m2 de plage par tête d’habitant. 

La qualité des plages

Selon des chiffres déposés à l’Assemblée nationale par le ministre du Logement et des Terres, Mahen Jhugroo, c’est le district de Rivière-Noire qui comprend le plus grand nombre de plages publiques, soit 29 au total pour une superficie de 833 310.9 m2. Suivi de Flacq, Rivière-du-Rempart et Grand-Port avec 20 plages chacun pour des superficies 720 162 m2, 506 921m2 et 336 408 m2 respectivement. S’ensuivent les districts de Pamplemousses avec 16 plages publiques (370 908 m2), Savanne avec 14 plages (462,132m2) et enfin Port-Louis avec 2 plages sur une superficie totale de 10 630 m2. 

La qualité et le ‘sea frontage’

Pour l’activiste Yan Hookoomsing, il y a encore plus important que la superficie des plages. « Il faut aussi prendre en considération la qualité des plages qu’on donne aux Mauriciens, dit-il. Prenons le Sud, par exemple Case-Noyale, c’est de la vase (ndlr : un dépôt de boue). À Le Souffleur et Pont Naturel, il s’agit de falaises. À Rivière-des-Galets, il y a des galets. Si nou get ban laplaz avec disab blan, zot represente zis 32 km tout au plus. » Il allègue qu’en contrepartie, environ 90 km de plages ont été octroyés « pour des projets hôteliers, IRS et autres ». Ce qui pousse l’activiste à dire que « quality beaches are not being given but taken ».


Port-Louis

La capitale ne compte que deux plages publiques, notamment à Sable-Noir, pour une superficie totale de 1,04 hectare et d’un ‘sea frontage’ de 469 m. 

Bains dangereux : 

  • Sable-Noir et Bain-des-Dames

Projet(s) à venir : 

  • Rénovation des toilettes à Sable Noir

Plage

Pamplemousses

Le district de Pamplemousses comporte 16 plages publiques de Le Goulet à The Vale. Le public peut ainsi jouir de 37,5 hectares de plages et d’un littoral de 5 539.45 m de mer. Parmi, la plage de Mont-Choisy, l’une des trois plus grandes de l’île, avec ses 16,7 hectares de plages et offrant un ‘sea frontage’ de 1 377 m. 

Bains dangereux : 

  • Le Goulet et Pointe-aux-Piments.

Projet(s) en cours/complétés : 

  • Rénovation des toilettes situées à Pointe-aux-Piments (près de la ‘Fishlanding Station’).
  • Installation de 10 lampadaires additionnels à Pointe-aux-Piments.

Projet(s) à venir : 

  • Rénovation des toilettes à Trou-aux-Biches (près de la NCG)
  • Installation de nouveaux lampadaires à Le Goulet (5).

Plages

Rivière-du-Rempart

Avec ses 20 plages publiques, de Grand-Baie à Pointe-des-Lascars, le district de Rivière-du-Rempart offre aux Mauriciens et aux touristes 50,8 hectares de plages et 7 160.1 mètres de mer.  

Bains dangereux : 

  • La Cuvette, Pointe-d’Azur et Bain-Bœuf.

Projet(s) en cours/complétés : 

  • Construction de nouvelles toilettes sur la plage de Pointe-des-Lascars.
  • Rénovation des toilettes situées sur la plage de Grand-Gaube.
  • Réhabilitation de l’espace parking à la plage de Von Moltke. 
  • Des lampadaires additionnels installés à Bain-Bœuf (10) et Grand-Gaube (4).

Projet(s) à venir : 

  • Rénovation des toilettes à Cap-Malheureux et La Cuvette.
  • Installation de nouveaux lampadaires à Von Moltke (5), Butte-à-l’Herbe (5), Belle-Vue Cugnet (7) et Islet Matapan-Melville (10).

Plages

Flacq

De Roches-Noires à Quatre-Sœurs, le district de Flacq abrite les deux plus grandes plages de l’île, avec P.G Palmar (18,5 Ha) et P.G Belle-Mare-portion 1 (17,4 Ha) respectivement. La superficie totale des 20 plages issues de ce district s’élève à 72 Ha pour un ‘sea frontage’ de 8 492 m, le deuxième plus long littoral (de plages publiques).  

Bains dangereux : 

  • Poste-Lafayette, Bras-d’Eau, Belle-Mare, GRSE Channel et Deux-Frères. 

Projet(s) en cours/complétés : 

  • Remise à neuf de la toiture et des ‘roller shutters’ du bâtiment qui abrite les toilettes à Palmar.
  • Des lampadaires additionnels installés à Roches-Noires (5), Poste-Lafayette (6) et Quatre-Sœurs (10).

Projet(s) à venir : 

  • Construction de nouvelles toilettes à Roches-Noires.
  • Rénovation des toilettes existantes à Palmar.
  • Aménagement d’une aire de stationnement à Palmar. et Roches-Noires

Plages

Grand-Port

Le nombre de plages publiques dans ce district du Sud-Est du pays est de 25. Ainsi, de Grand-Sable à Le Souffleur, le public peut profiter de 33 Ha de plages publiques et d’un littoral de 5,328 m de mer. 

Bains dangereux :

  • Blue-Bay, La Cambuse, Sand Quarry, Camaron Hatchery, Le Bouchon et Le Souffleur.

Projet(s) en cours/complétés : 

  • Rénovation des toilettes situées sur la plage de La Cambuse.
  • Création d’une aire de stationnement à Petit-Sable.
  • Des lampadaires additionnels installés à Providence (4) et Bois-des-Amourettes (2).

Grand Port

Savanne

Après Port-Louis, Savanne est le deuxième district avec le plus petit nombre de plages publiques, soit 14 au total. De Terracine à Baie-du-Cap, c’est 45,6 Ha de plages qui ont été mises à la disposition du public pour un littoral d’une longueur de 6 157 m. 

Bains dangereux : 

  • Gris-Gris, Telfair, Riambel, Pomponette, Pointe-aux-Roches, Rivière-des-Galets, Ste-Marie et Beau-Champ.

Projet(s) en cours/complétés : 

  • Installation de huit lampadaires additionnels à Baie-du-Cap.

Projet(s) à venir : 

  • Construction de nouvelles toilettes, d’un espace parking et des travaux d’aménagement paysager à Riambel.
  • Installation de nouveaux lampadaires à Telfair (5), Pomponette (10), Riambel (6).

Savanne

Rivière-Noire

Rivière-Noire est le district où l’on recense le plus de plages publiques, soit 29 au total. Celles-ci s’étendent de La Prairie à Pointe-aux-Sables avec 84,9 Ha de plages et un ‘sea frontage’ de 13 210 m.

Bains dangereux : 

  • La Prairie, Pointe-Sud-Ouest, Le Morne, La Preneuse, Tamarin, Flic-en-Flac, Albion, Mon-Plaisir, Montagne-Jacquot et Pointe-aux-Sables.  

Projet(s) en cours/complétés : 

  • Construction d’un ‘Sub-Office’ pour la Beach Authority à Flic-en-Flac.
  • Rénovation des toilettes à Petit-Verger, Pointe-aux-Sables et La Preneuse.
  • Installation de 5 lampadaires additionnels à La Pointe Cassis.

Projet(s) à venir : 

  • Construction de nouvelles toilettes à Flic-en-Flac.
  • Aménagement d’un air de stationnement à L’Embrasure et Case-Noyale.
  • Installation de nouveaux lampadaires à l’Embrasure (10), Le Morne (2), Case-Noyale (5) et Wolmar (5). 

Riviere Noire

Des projets à la pelle

De 2015 à ce jour, la Beach Authority a investi massivement dans l’aménagement des plages publiques à travers le pays avec l’objectif d’offrir aux Mauriciens des « cleaner, greener and safer public beaches » dont : 

  • 683 bancs installés sur 78 plages
  • 23 éviers installés sur 21 plages
  • 23 espaces commerciaux (tuckshop) construits sur 5 plages
  • 9 Eco-bins installées sur 7 plages
  • 200 luminaires solaires installés sur 31 plages
  • 104 panneaux d’information installés sur 63 plages
  • 1079 poubelles sur 99 plages
  • 16 caméras CCTV 
  • 103 tables sur 20 plages
  • 64 bâtiments abritant des toilettes sur 58 plages
  • 48 kiosques sur 34 plages
  • 57 panneaux de ‘bains dangereux’ sur 30 plages

Bains dangereux : Une plage publique sur quatre touchée

36. C’est le nombre de lagons à travers le pays où la baignade est considérée comme dangereuse. Avec un total de 126 plages publiques, cela revient à environ 28% des plages publiques qui sont concernées, soit presque une plage sur quatre. C’est la police qui recommande que certains lagons soient considérés comme étant dangereux de s’y aventurer. D’ailleurs, 87 panneaux de « Dangerous Bathing » ont été installés par la Beach Authority sur les 36 plages concernées. Cependant, aucune autorité n’est apte à empêcher une personne à se baigner dans ces eaux qui, dans certains lagons, font plusieurs victimes chaque année. 


Plages «proclamées»

C’est en 1940 que les premières plages sont proclamées publiques à Tamarin, Petit-Verger, The Vale, Blue-Bay, Trou-aux-Biches, Gris-Gris, Telfair, Souillac et Surinam. Les plus récentes, datant de 2016/17, comprennent Petit-Verger, Grand-Sable, Bois-des-Amourettes, Grand-Baie, Pomponette et Surinam, entre autres. À noter que plusieurs portions d’une même plage peuvent être proclamées à différents intervalles. D’ailleurs, répondant à une question parlementaire du député Bhagwan, lors de la séance du 10 juillet 2018, le ministre du Logement et des Terres, Mahen Jhugroo, avait déclaré que « lorsqu’une plage est ‘deproclaimed’ pour une raison quelconque, le ministère s’assure, autant que possible, qu’une portion alternative de Pas Géométrique dans la région soit déclarée publique afin que le public puisse en profiter ».