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Dr Das Mootanah : «Notre métro léger sera un modèle dans le monde»

Dr Das Mootanah Dr Das Mootanah est le premier Chief Executive Officer de Metro Express Ltd.

Le Dr Das Mootanah est le premier Chief Executive Officer de Metro Express Ltd. Il dispose d’une année pour concrétiser le plus grand projet de transport à Maurice. Celui qui a eu l’occasion de travailler en Angleterre et en Australie indique que le métro léger représente une île Maurice moderne. 

Une lourde responsabilité repose sur les solides épaules du Dr Das Mootanah. Depuis le 16 juillet, il occupe le poste de Chief Executive Officer (CEO) de Metro Express Ltd. Et ce n’est pas de tout repos ! Il enchaîne les réunions avec son équipe, des consultants, les cadres du ministère des Infrastructures publiques et le ministre Nando Bodha, car, le métro léger doit être prêt au plus tard en septembre 2019.

Le Dr Das Mootanah ne se sent pas pour autant bousculé. Au fil des années, il s’est créé un lien avec les courts délais. « Je trouve graduellement mes repères. Tout doit être bien planifié. Notre métro léger sera un modèle dans le monde », dit cet habitant de Curepipe.

Le CEO est heureux de jeter les bases d’une nouvelle ère. « Nous n’avons qu’une vie et il y a des choses qui n’arrivent qu’une seule fois. Autant en profiter au maximum et laisser son empreinte », dit-il. Même si le CEO ne souhaite pas dévoiler son âge, il mène une vie intense. Il est un des rares Mauriciens à jouir d’une réputation professionnelle sur le plan international.

Parcours

Das Mootanah a vu le jour à Centre-de-Flacq. Il fait partie d’une famille de cinq enfants et il est le troisième. Son père est secrétaire au conseil de district Moka-Flacq et sa mère est femme au foyer. Le jeune Das fait sa scolarité à l’école du gouvernement Riche-Mare, avant de fréquenter le Royal College de Curepipe.

Après ses résultats du Higher School Certificate, il opte pour des études en ingénierie civile à l’Université de Maurice. Il a l’occasion de suivre une année de stage chez General Construction Company, avant d’y décrocher un emploi en tant que Civil Engineer & Project Manager.

« Je suis parmi ceux qui ont travaillé sur l’autoroute du nord (M2), entre Pamplemousses et Grand-Baie. Aujourd’hui encore, elle est en très bon état ! Je me suis aussi concentré sur des projets de maintenance », confie-t-il. Il reste en poste pendant trois ans.

L’ingénieur saisit la possibilité de faire une maîtrise à Londres. Il s’arme de nouveaux talents, notamment en gestion de projet. D’ailleurs, sa dissertation est axée sur « Earthquake Engineering » et cela lui permet d’obtenir une distinction. « Alors que je devais retourner au pays, j’ai reçu une bourse de doctorat en Project Management (Risk & Value). J’ai accepté », raconte-t-il. Sa thèse lui permet de créer une nouvelle discipline en gestion de risque et création de valeur. Cela consiste, entre autres, à prévoir des failles et trouver des solutions avant même la mise en chantier d’un projet d’infrastructure. Elle est aujourd’hui une référence pour des étudiants et des professionnels.

Trois ans plus tard, il prend de l’emploi en tant que Strategic Management Consultant auprès de multiples firmes, par exemple Dearle & Henderson Consulting. Par la suite, il devient Project Manager pour CIRIA, Manager (Value & Risk) pour URS Corporation, Senior Strategic Consultant chez Booz Allen Hamilton ou encore Supervisor chez la Financial Services Authority. Il ne cesse pas pour autant ses recherches et produit des guides de « Best Practice » pour l’industrie de la construction et le développement des infrastructures.

Il s’embarque dans une nouvelle aventure en janvier 2007. Il est Risk & Assurance Lead (Transport) pour l’Olympic Delivery Authority dans le cadre des jeux Olympiques d’été de 2012 à Londres. Il est chargé de développer un système de transport intégré pour les jeux.

« C’était un nouveau défi dans lequel j’ai mis en pratique toutes mes années d’expérience et d’apprentissage. Chaque étape du projet devait être complétée selon le délai établi. J’ai pris plaisir à le faire », dit-il. Le projet est livré avant juillet 2012 soit à temps pour les jeux.

Au même moment, il est débauché par RailCorp, compagnie qui gère le réseau de lignes ferroviaires en Australie. Il est alors Principal Adviser : Enterprise Risk Management. En 2014, il quitte Sydney pour Londres. « Entre-temps, les électeurs mauriciens ont choisi leur nouveau gouvernement lors des élections générales de 2014. J’ai trouvé que le programme de l’Alliance Lepep et la Vision 2030 de sir Anerood Jugnauth étaient innovants. Les projets sont pour le long terme et œuvrent pour une île Maurice moderne. Ils épousent ma philosophie », poursuit-il. Après 23 ans, Das Mootanah décide de rentrer pour mettre son talent au service du pays.

Dr Das Mootanah
Das Mootanah pose devant la Tamise à Londres quand il était employé au High Speed Rail.

De Londres à Maurice

Il ne tarde pas à postuler pour le poste d’Officer-in-Charge de la Road Development Authority. Il prend ses fonctions en octobre 2016. « Pendant mon mandat, j’ai instauré une nouvelle culture de vision intégrée du transport. L’accent était uniquement mis sur la création de nouvelles routes. Mais, à aucun moment on ne se demandait pourquoi il fallait le faire ou sur quelles priorités. J’ai mis l’accent sur les méthodes du planning stratégique et intégré avec les autres modes de transport. J’ai encouragé le personnel à se soumettre à l’analyse SWOT - force, faiblesses, opportunités et menaces. Nous avons ainsi pu développer des projets majeurs, notamment le Road Decongestion Programme qui est maintenant en chantier », livre-t-il.

Das Mootanah indique qu’à Londres et à Sydney, il pouvait choisir entre différents modes de transport. « Ici, nous ne pensons qu’à nous déplacer en voiture. Le nombre de voitures ne cesse d’augmenter et le pays ne pourra pas le soutenir pendant longtemps. Le métro léger se présente comme une alternative viable et “environment-friendly”. Il va aussi contribuer au développement économique du pays, car des commerces pourront s’installer autour des stations. De nouveaux emplois seront ainsi créés. Je souhaite que le métro léger s’étende sur toute l’île », indique le CEO. Il souhaite également continuer à progresser dans sa carrière.

Entre-temps, Das Mootanah suit l’évolution du projet. Cela lui donne peu de temps pour se consacrer à ses passions. « En Angleterre et Australie, je jouais au tennis. Je ne le fais plus depuis que je suis rentré à Maurice. J’essaie toutefois de faire la course au moins trois fois par semaine et des randonnées », fait-il observer.