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[Blog] L’autosuffisance pour des îles isolées

On importe la plupart de nos produits alimentaires de base

Ci-dessous le bulletin de Democracy Watch Mauritius(DWM) en date du 20 janvier 2021 :  
                   

L’autosuffisance pour des îles isolées

Texte : Nous ne devons pas sous estimer le potentiel de l’agriculture, agro-processsing, agro-industrie (Dr V. Ancharaz, Le Défi, 18.1.2021)

« Hausse brutale : Le fret maritime  triple » (L’Express, 18.1.2021)


Commentaire : Dans ce monde en transition, une politique d’autosuffisance, au maximum de nos possibilités, est cruciale. Nous l’avons dit de nombreuses fois.

Autosuffisance énergétique évidemment (avec la biomasse, l’éolienne et le solaire, sans oublier la possible géothermie). Nous y avançons mais trop lentement. La flotte de véhicules électrique/hybride, qui nous aurait rendu indépendante du fuel importé, entrevue sous Xavier Duval, ministre des Finances, n’est toujours pas là. Le grand pas en avant est évidemment le métro électrique, surtout s’il s’étend à l’ensemble de l’île, comme le prévoient les plans originaux. Mentionnons aussi la production de produits pharmaceutique de base, de plusieurs éléments électroniques.

Le gros morceau concerne l’alimentation. Or presque tous nos besoins alimentaires de base (riz, farine, beurre, fromage, viande, etc.) sont satisfaits grâce à des produits importés. 

Nous sommes doués pour les travaux agricoles, comme l’a démontré la période de confinement quand notre production de légumes a doublé. Bravo Maurice et Rodrigues. Ajoutons ces recommandations  à l’agro-processing et nos surplus agricoles, comme ananas et pommes d’amour, trouveraient preneurs. Où est le planning du domaine agricole ? Quid de l’agro-industrie ? A quand l’appel officiel à faire la guerre aux produits importés ? A quand l’encouragement ministériel  à privilégier l’achat de produits locaux…  Asté made in Moris.

Comme le dit si bien M. Ancharaz : Maurice est resté dans sa zone de confort pendant trop d’années. On importe, on consomme, c’est si facile. Ki bisoin prend tracas ? Aujourd’hui l’autosuffisance au maximum de nos possibilités s’impose pour la survie. La proposition est tellement importante que pour la concrétiser il nous faut d’urgence un ministre de l’Autosuffisance et un ministre de l’Agriculture à plein temps !


Au …cabinet  de  purger notre Constitution

Textes : Shakeel Mohamed : Notre Constitution donne trop de pouvoir à notre Premier ministre (Le Défi du 8.1.2021)

Un groupe indépendant travaille sur une révision de la Constitution.  Avec quel mandat ? Avec quelles compétences ?
Commentaire : Democracy Watch donne  raison au point de vue de l’Honorable Shakeel Mohamed, fils et petit-fils de ministres et leaders politiques, lui-même député après avoir été ministre et non des moindres. Faut-il rappeler à Shakeel que son éminent père a déjà accusé notre Constitution d’avoir été taillée aux mesures de Sir Seewoosagur Ramgoolam, son Premier ministre, à défaut d’avoir été son leader politique ?

Devinant son caractère plutôt impulsif, nous ne serions pas surpris si Yousuf a osé dire cela à son père, pour qui il maintient pourtant un respect quasi aveugle et inconditionnel, tout en sachant que toute médaille a son revers. Une constitution à la mesure d’un Seewoosagur Ramgoolam est autant un compliment qu’une critique, voire une accusation.

Le même Yousuf Mohamed est aussi connu pour avoir dit, avec grande justesse et sagesse, que notre Constitution nous permet d’élire démocratiquement un potentiel dictateur. Seewoosagur Ramgoolam a sagement régné sans partage, pendant plus de deux décennies, avant d’être balayé par l’implacable  verdict électoral du 12.6.1982. Donald Trump aurait beaucoup à apprendre de la dignité avec laquelle il passe alors la charge du gouvernement de Maurice à Anerood Jugnauth. Peut-on reprocher à Kewal Ramgoolam la moindre velléité dictatoriale ? Faut-il rappeler que lors de ses funérailles, à la mi-décembre 1985, ce sont Cité Vallijee et la Plaine-Verte, où il résidait avant d’être réduit au Réduit, qui lui rendent l’hommage le plus spontané, le plus populaire ? Pamplemousses et Triolet lui tournaient déjà le dos…  

Democracy Watch a ad nauseam répété cela (trop de pouvoirs au PM, pouvant se faire réélire pour plus deux mandats) mais en pure perte. L’expérience nous apprend en effet qu’avoir raison ne suffit pas, faut-il encore pouvoir le proclamer quand notre opinion peut influencer effectivement une instance décisionnaire d’importance signifiante. Dans le cas qui nous intéresse, à savoir une éventuelle  révision exhaustive de notre Constitution, vieille de plus d’un demi-siècle, il faudrait que les plus hautes instances politiques, nos
Deus ex-machina, acceptent d’examiner bienveillamment et objectivement  nos recommandations. Nous savons mieux que personne que pareil miracle n’interviendra pas de sitôt.

Shakeel a raison quand il dit que notre Constitution donne trop de pouvoir à notre Premier ministre. Mais il demeure aussi inaudible que Democracy Watch, même s’il profère cette vérité des rangs parlementaires de l’opposition, souffrant plus que jamais de pollution sonore. Il ne suffit même pas de proclamer cette vérité des bancs majoritairement parlementaires. C’est au cabinet qu’il convient de purger notre Constitution mais pour cela il faudrait avoir …voix de stentor et …le cran nécessaire pour se faire entendre et convaincre du bien fondé de son désir purgatif le dictateur démocratiquement élu, nonobstant les pétitions électorales en souffrance. Si seulement nous pouvions purger nos partis politiques des brebis galeuses qui les déshonorent…
 
Shakeel Mohamed ne doit toutefois pas oublier qu’entre 1996 et 2000 et de 2005 à 2014, il a eu des possibilités plus intéressantes de purger notre Constitution des pouvoirs excessifs qu’elle offre trop gracieusement à un Premier ministre. Sera-t-il assez démocrate pour nous expliquer pourquoi alors ne l’a-t-il pas fait ? 

Bravo en tout cas à la petite équipe planchant déjà sur une nouvelle constitution de Maurice de son cru. Democracy Watch y voit une prometteuse lueur d’espoir.    


Secteur privé /gouvernement : chacun son rôle, travaillant  dans l’unité nationale

Texte : Sir Anerood Jugnauth : Il faut attendre la conclusion d’une enquête avant de dire dimounn-là foutt’ lékan allé…Il faut que le secteur privé travaille dans l’unité nationale…(Le Défi du 15.1.2021).


Commentaire : Entièrement d’accord mais à la condition expresse que cette enquête se conclue, dans un sens ou dans l’autre, aussi rapidement que le souhaite la population. Mais pour cela il faudrait au préalable que les enquêteurs nous persuadent qu’ils sont assez incorruptibles pour résister à toute tentative, même ministérielle, de cover-up.

Sir Anerood semble oublier qu’il y a aussi des enquêtes personnelles mais ministérielles, concluant, plus rapidement que leur ombre, à l’indiscutable innocence de quelqu’un pourtant fortement suspect aux yeux de membres de son propre parti. Si X semble avoir le droit de blanchir qui il veut, en anticipant tout verdict juridique et magistral, pouvant juger autrement, Y pourrait bien avoir le droit de penser différemment. Refuser de crever l’abcès, c’est accepter d’éventuels risques de pourrissement de la plaie, de gangrène ou pire encore. Le coup de bistouri de trop peut entraîner tuerie. Mais un coup de scalpel en moins peut être mortel.

Avant le grossier foutt’ lékan, il y a la suspension temporaire que l’intègre, le juste, réclame lui-même, avant les autres, sachant que plus donnera-t-il le champ libre à ses enquêteurs ou juges et davantage son honneur, sa crédibilité, lui seront pleinement rendus. Se cramponner à ses fonctions et privilèges alors qu’un doigt accusateur pointe, même à tort, dans notre direction, c’est inviter l’opinion publique à croire que nous avons du linge sale à cacher honteusement, même par des moyens inavouables, sans pour autant empêcher que nos péchés s’étalent sur la place publique. 

On (pronom menteur, dit-on) souligne que des adversaires, sinon ennemis vengeurs, du gouvernement, plébiscité par nous le 7.11.2019, veulent paralyser ce dernier en multipliant les accusations antiministérielles (Auraient-ils l’embarras du choix ?) dans l’espoir, forcément vain, d’obtenir des suspensions ministérielles à la chaîne, voire des limogeages expéditifs. Ce raisonnement, cet aveu, surprennent. Ils laissent, en effet, planer un doute dans l’esprit de la population. A croire que si X est suspecté par  Y pour n’avoir pas respecté à la lettre la législation réglementant le paiement de nos dettes les plus substantielles, nul sur terre pourrait le remplacer. Son entreprise, voire son pays, irait alors à vau-l’eau. Comment pouvons-nous avoir aussi piètre opinion de nos collaborateurs, voire subalternes ou obligés, en les pensant absolument incapables de nous remplacer ? 

Sir Anerood déclare qu’il FAUT que le secteur privé travaille dans l’intérêt national…Devons-nous conclure qu’il (le secteur privé) ne le fait pas ? S’il le faisait, en effet, Sir Anerood, se vantant volontiers de son sens de la justice, aurait dit qu’il doit CONTINUER à travailler dans l’intérêt national.

De quel secteur privé parle-t-on ici ? Lui appartient ce qui ne relève pas directement ou indirectement du secteur public et qui n’est nullement rémunéré de fonds publics. C’est dire que tout nouvel entrepreneur, surtout femme, fermement déterminé à privilégier le made in Moris, en préférant  utiliser des matières premières localement disponibles et non polluantes, fait partie de ce secteur que d’aucuns, et non des moindres, accusent de tourner le dos à l’intérêt national…Voilà qui n’est guère encourageant, et même rageant, pour ceux qui, confinement ou pas, n’attendent plus ce que leur gouvernement peut faire pour eux pour enfin faire quelque chose d’utile pour le pays, pour notre population…

Mais comment mieux travailler aujourd’hui dans l’intérêt national qu’en continuant à créer des emplois productifs et durables par centaines de milliers dans une île volcanique pratiquement dépourvue, à ce jour, de ressources naturelles et permettre à notre population d’être considérée parmi les plus riches, par tête d’habitant, malheureusement du seul continent africain, aux ressources minéralogiques tellement convoitées ? Quelle claque infligée à ceux se glorifiant de n’avoir jamais salarié quelqu’un pour qu’il se mette à son service. Autrement dit ceux qui se réjouissent de n’avoir jamais créé un emploi même domestique.

Il se peut que notre secteur privé, à l’identité tellement douteuse, pour être aussi complexe que notre population, tellement cosmopolite, aurait eu droit à des satisfécits plus suprêmement prononcés si, comme certains, c’est certain, il acceptait de se faire complice de profiteurs et autres parasites de bas étages, abusant d’appels d’offres frelatés, de magouilles patentées, en quête de la moindre aubaine pour amasser davantage de fric, acculant à la faillite des casinos et maisons de jeux étatiques, paralysant les derniers Mohicans voulant encore que Maurice demeure un Etat de droit, sans risquer d’affreuses pollution marine pour cause de marées noires pourtant évitables…

Pourquoi notre secteur privé n’a-t-il pas adopté la devise de certains : Ad Augusta per Angus…ta ? 

Moody’s’ prévoit une croissance de 7.8% pour Maurice en 2021 (mais après un recul de 15% en 2020), surtout basée sur notre gestion de la pandémie.  Pour cela, il nous faut un secteur privé et un gouvernement, chacun son rôle, œuvrant harmonieusement à l’unité nationale. Mais l’initiative, le premier pas, l’invitation sincère, sans arrière-pensée, doit venir du gouvernement. Il incarne le leadership national car plébiscité aux dernières Legislatives. Il ne doit pas l’oublier. En cas d’échec il portera le chapeau. 


Hopes and Disillusions

At its last meeting of the year 2020, Democracy Watch reviewed the unfortunate traumatic events that would remain in our memory for ever,   Covid-19 and Wakashio oil spill. These events have deeply affected the life, behavior and mood of the population.

Despite all odds, the dramatic global rise in the Covid-19 mortality rate and the unprecedented international economic downturn, associated with the incredible closing of frontiers throughout the world, Democracy Watch placed high hope on the collective efforts of our population to steer our way carefully and resolutely away from the stormy waters.

We must say that the government was right in its policy of placing life above livelihood. This resulted in keeping our country Covid safe, a rare feat in the world. We achieved this, unlike the other Indian Ocean islands. Of course, everything comes with a cost and the economic cost to our economy, particularly the tourism sector, is devastating.

The timing of re-opening our frontiers is highly debatable. The government should engage all stakeholders in this debate so that an enlightened decision can be taken. The status quo cannot last for too long.

Thanks to the international media, we are able to watch instantly events happening in any part of our planet and even beyond. In the early days of January 2021, we were shocked to see the Capitol, the temple of democracy in the US, being ransacked by the supporters of outgoing President Trump. The whole world was astounded to watch how sometime earlier the President, still in power, encouraged them to march on the Capitol where Congress was in session under the chairmanship of Vice President, Mike Pence, to certify the results of the Presidential elections, paving the way for the installation of Joe Biden, as the new President and Kamala Harris as the first woman Vice President of USA.

In a democratic system, one should not play with fire. Trump is now stands impeached by Congress, the second time during his one term mandate. The lesson to be drawn is that politicians, whoever they may be, should be made liable for their senseless decisions.
Here, we have hoped to land in 2021 with plenty of resolutions to get our country out of this difficult period. As is the tradition, the Prime Minister takes the lead with his New Year address to the nation on the 1st of January. He highlighted the main events and challenges and tried to inspire the population with his vision for the coming months. One of his hopes is a call for unity. Democracy Watch firmly believes that government alone cannot grapple with the harrowing problems on the horizon.

Prime Minister, there is no room for a mere hope, but a serious intent! You must demonstrate that you can create an atmosphere conducive for the unity call. This requires immense leadership efforts. Are you also willingness to work in a consensus with the Opposition on important national issues?

We have unfortunately witnessed these days a number of events standing in the way of the unity call. Right now, the government is under constant pressure on many fronts, e.g. the court hearings on Kistnen’s death (and the contested employment of a constituency clerk by a Minister), dubious procurement procedures, the gradual deterioration of the Law and Order situation and a possible mass gathering of the Opposition for the 13 February.

Hopes and Disillusions. Can we expect better from our politicians?


DWM Team

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