Economie

Amendements constitutionnels : Xi Jinping parti pour rester

Shen Chunyao (deuxième à gauche), en conférence de presse.

La Constitution chinoise a été amendée le dimanche 11 mars pour abroger la limitation de mandats du président et du vice-président.

L’Assemblée populaire nationale (APN)  de Chine a voté, le dimanche 11 mars, des amendements à la Constitution du pays. Ce qui retiendra surtout l’attention, c’est l’abolition de la limite de deux mandats pour les postes de président et de vice-président de la République. Alors que Xi Jinping entame son deuxième mandat et que sa pensée sur le socialisme a également été inscrite dans la loi suprême du pays, tout indique qu’il devrait être encore le chef d’État chinois après 2022. Shen Chunyao, un représentant de l’APN, a expliqué les amendements en mettant en avant la nécessité d’harmoniser la Constitution.

Ce dernier a expliqué les changements sur les limites de mandat. Selon lui, ces changements refléteraient l’opinion à l’intérieur et à l’extérieur du Parti communiste chinois (PCC), notamment même au niveau du peuple. Shen Chunyao a aussi souligné que les limites n’existent pas ailleurs : « La Constitution ne dit rien (NDLR : À propos de la limitation de mandats) sur la Commission militaire et les membres du parti ont proposé que la même formule devrait être utilisée. » Le plus haut dirigeant militaire et le plus haut dirigeant du pays seraient ainsi logés à la même enseigne. « Pour le PCC, c’est la solution la plus appropriée », a-t-il affirmé.

De plus, a argué Shen Chunyao, l’abolition de la limite de mandats optimisera la structure dirigeante du pays. « Cela aidera à préserver l’autorité du comité central et optimisera la direction pour le pays et le parti. Ce sera bénéfique pour la stabilité et la sécurité du pays », a déclaré le représentant de l’APN.

La suggestion d’une concentration du pouvoir vers un seul homme, soulevée par un journaliste, a semblé déplaire à Shen Chunyao qui a qualifié ces suggestions de « spéculations qui ne sont fondées sur aucun fait. » « Ces changements reflètent la réalité nationale, ils découlent de notre expérience et de nos explorations. Il y a un consensus fort sur le sujet. Sans le soutien ouvert de la société et du système légal, cela n’arriverait pas. Je ne crois pas qu’il y ait de problème », a-t-il affirmé.

Parmi les autres changements apportés à la Constitution, il faut aussi noter l’entrée du leadership du PCC dans le texte principal comme le fondement même du socialisme à la chinoise. Auparavant, le PCC n’était mentionné que dans le préambule de la Constitution chinoise. La « pensée de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » a aussi été inscrite dans la Constitution, après avoir été inscrite à la charte du PCC en 2017. Il s’agit du schéma idéologique que devra suivre le PCC pour le développement de la Chine durant les années à venir. Les mécanismes de supervision de l’État, visant à combattre la corruption ont également fait leur entrée dans la loi suprême de la Chine.