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Une étude démontre que l’Alzheimer peut être prévenu

Un vaccin contre l’Alzheimer devrait être disponible dans cinq ans. D’ici là, il est possible de prévenir la maladie à travers une bonne donne de glucose. C’est ce qu’indiquent les résultats d’une étude publiée dans le journal Translational Psychiatry récemment.

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L’étude a été menée par l’équipe du Dr Domenico Praticó, Professeur au Center for Translational Medicine au Lewis Katz School of Medicine au Temple University, à Philadelphie, aux États-Unis.

Selon les chercheurs, la baisse du niveau d’énergie, fourni par le glucose, serait propice aux déficiences cognitives communément associées à la maladie d’Alzheimer (MA).

Cela pourrait aussi expliquer, selon l’article, pourquoi le diabète est un facteur de risque de démence dû au fait que c’est une condition dans laquelle le glucose ne peut pas entrer dans les cellules.

Pour les besoins de cette étude, les chercheurs ont utilisé des souris et ont privé leur cerveau de glucose. Les résultats de ce test ont montré qu’elles avaient des signes de déclin, ce qui a laissé supposer que les voies de communication neuronales de leur cerveau avaient été altérées. L’étude soutient également qu’une protéine connue sous le nom de p38 est susceptible d’empêcher cette privation de se produire.

Selon le neuropsychologue mauricien Praneel Gayan, cette étude est importante puisque les chercheurs montrent chez les mêmes sujets (in vivo) une cascade d’événements débouchant sur les principaux aspects neurophysiologiques et cognitifs caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

« Ceux-ci incluent, notamment, l’hyperphosphorylation de la protéine tau (qui conduit aux dégénérescences neurofibrillaires qui causent l’effondrement des neurones), apoptose (perte neuronale), altération de la mémoire spatiale, mauvaise communication synaptique (à plus long terme) dans un modèle de tauopathie chez les souris, avec un manque de glucose cérébral comme catalyseur ».

Il ajoute que d’autres études préalables ont montré qu’un mauvais métabolisme du glucose contribue aux dépôts de Beta-amyloïde, qui sont d’autres marqueurs biologiques présents dans la MA.

« Ces résultats sont très encourageants, puisque les auteurs ont aussi démontré que l’activation de p38 MAPK déclenche plus tôt l’hyperphosphorylation de tau. »

Cela d’autant plus que la charge cognitive pathologique est davantage liée aux mécanismes de tau qu’aux plaques Beta-amyloïde. Et de préciser que cela n’exclut pas pour autant que d’autres éléments puissent causer une cascade similaire. Il faut souligner que les facteurs de risque de la MA sont nombreux.

Le Dr (Mme) Ameenah Sorefan, présidente de l’Alzheimer Association Mauritius, considère égale-ment que cette étude est intéressante, car le glucose est effectivement important pour le cerveau. Mais ces trouvailles ne sont pas à prendre au premier degré, estime-t-elle.

« Le diabète est un facteur de risque de l’Alzheimer. Quand on souffre d’un fort taux de diabète et qu’il est mal contrôlé, les cellules sont affectées et cela peut entraîner d’autres problèmes de santé », explique-t-elle. Elle souligne néanmoins que les recherches vont dans la bonne direction et que cela augure de bonnes choses.

Le Dr Sorefan affirme également que l’Alzheimer est en hausse à Maurice et que la prévalence du diabète ne présage rien de bon

Le Dr Sorefan affirme également que l’Alzheimer est en hausse à Maurice et que la prévalence du diabète ne présage rien de bon. Elle encourage ainsi la population de faire un diagnostic précoce, afin de bénéficier d’une prise en charge adéquate, si cela s’avère nécessaire.

« Un dépistage précoce du diabète accompagné d’une bonne prise en charge peut aider à prévenir la démence », explique-t-elle. Elle ajoute qu’une bonne hygiène de vie avec une alimentation saine et équilibrée, la pratique d’activités physiques régulières, la relaxation, un sommeil adéquat, le rire, des activités qui maintiennent le cerveau actif, ainsi que des activités sociales peuvent contribuer à prévenir les maladies associées à la démence.

« La socialisation avec les autres ne devrait pas se faire uniquement sur les réseaux sociaux et de manière virtuelle, il faudrait de véritables rencontres et faire des sorties ensemble », précise-t-elle.

Le Dr Sorefan ajoute également que la démence est en hausse et que nous faisons face à un trouble cognitif léger qui laisse apparaître les premiers signes de l’Alzheimer par la suite. L’élimination des facteurs de risque est importante, d’autant plus que Maurice est vulnérable aux maladies non transmissibles. « Nous devons davantage nous tourner vers la prévention », dit-elle. 

 

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