Rashida Rudfee : des poutous savoureux

Par Mario Boutia O commentaire
Rashida Rudfee

Elle est connue à Chemin-Grenier pour la qualité de ses poutous à base de riz, mais ne les livre pas dans les grands commerces. Cette femme douée n’écarte pas la possibilité de lancer sa petite entreprise.

Dans sa cuisine, Rashida s’affaire à préparer ses poutous. Elle mélange en portions égales du riz Basmati et du riz ration qu’elle laisse tremper dans un récipient.  «  Je mélange les deux types de riz pour une meilleure cuisson, explique-t-elle, car les poutous ont tendance à coller si je n’utilise que le riz ration d’autant plus que je ne peux me cantonner qu’au basmati en raison de son prix élevé. »

Son époux Reaz, qui est présent, affirme que le mélange des deux riz donne une meilleure saveur aux poutous. Il est lui-même cuisinier et sa spécialité, c’est le briani. Rashida enchaîne : « Il faut égoutter le riz dans une passoire avant de le chauffer et de le laisser reposer pendant quelques minutes. Mais il faut veiller à ce que le mélange ne se dessèche pas. »

Le riz séché est ensuite moulu à deux reprises dans un mixer avant d’être chauffé une deuxième fois.

Rashida ajoute le sucre, la cardamome (élaïti), grillée préalablement, la poudre de coco, les essences de vanille et d’amande dans un récipient, avant de passer la mixture au cuiseur. Il s’agit d’un cylindre, appelé cola, posé sur un récipient qui porte le nom de tambour et qui est fabriqué par un ferblantier.

Rashida remplit le moule jusqu’à ras-bord avec le mélange de riz moulu avant de le mettre sur le tambour rempli d’eau. Le cuiseur est ensuite placé sur une plaque à gaz et les poutous cuisent à la vapeur. La cuisson prend au moins cinq minutes et dès que la vapeur sort du moule, c’est le signe que ces délices bien mauriciennes sont prêtes.

Après la cuisson, les poutous sont découpés. « On utilise un fil afin de ne pas écraser les poutous encore chauds et on les saupoudre de coco, indique Rashida. Un moule peut contenir une quinzaine de poutous et avec cinq livres de riz, je peux remplir sept moules. »

Un sachet de six poutous est à Rs  20. Sa belle-sœur l’aide au niveau de la vente mais Rashida précise qu’elle n’approvisionne pas les grands commerces. C’est de bouche à oreille qu’elle s’est bâtie une renommée. Elle s’en contente pour le moment. Et ses clients sont contents ! Toutefois, son souhait est d’ouvrir une petite entreprise. Il n’y a pas de doute : celle-ci aura, à coup sûr, un succès savoureux…