Publication The Conversation : les entreprises privées adoptent bien la bonne gouvernance

Par Vijayan Ayassamy O commentaire
port louis

Maurice s’en sort bien au niveau de la bonne gouvernance des entreprises. C’est d’abord au niveau des conseils d’administration des sociétés privées que le pays excelle, mais pas du côté du public. C’est ce qui ressort d’un document publié par The Conversation, écrit par Jyoti Devi Mahadeo et Teerooven Soobaroyen .

« Depuis le début du siècle, les pays développés ont adopté des codes de gouvernement d'entreprise par l'esprit de promesse de renforcer l'obligation redditionnelle et de la croissance tout en exerçant des pratiques entrepreneuriales éthiques et durables. Maurice est une étude de cas intéressante. Ce pays a maintenu sa position de chef de file en Afrique subsaharienne dans la manière de conduire les affaires et de mener dans le Mo Ibrahim Index de Gouvernance Africaine. Cependant, il a ses limites et en particulier des inefficacités dans la gouvernance publique », disent-ils.

Le code de gouvernance d'entreprise est un ensemble de principes d'orientation pour la création et la gestion favorisant l'amélioration des outils d'efficacité de gouvernance d'entreprise. Il amène les conseils d’administration et des exécutants à une vaste série de responsabilités vis-à-vis des investisseurs, de la main-d’œuvre, des communautés locales et des actionnaires responsables.

Des politiques clés en matière de gouvernance ont été instaurées par le Cadbury Code en Grande-Bretagne pour améliorer la définition des responsabilités et accroître les contrôles internes. « Depuis cela, il y a eu une pléthore de codes de conduite à travers le monde. En Afrique, les codes de gouvernance ont été élaborés pour aider à s'attaquer à l'héritage laissé par le colonialisme, le comportement d'une puissance coloniale et aux excès corporatifs. Plusieurs pays tels que l’Afrique du Sud, le Kenya, le Ghana et Maurice sont déjà montés au créneau. Notre étude a démontré un degré élevé de conformité aux règlements de bonne gouvernance en trois ans après l’introduction des codes. Cependant, nous avons remarqué que les entreprises mauriciennes font une sélection des éléments de codes. Elles mettent en œuvre les plus faciles, jugés bénéfiques ou simples qui enjolivent leur image », soulignent les auteurs du rapport.

« Au niveau gouvernemental, le pays collabore avec des organismes internationaux pour moderniser le cadre réglementaire pour les entreprises. Cela faisait partie du souci de favoriser le développement des investissements domestiques et étrangers. De vastes réformes ont été apportées, incluant la mise en œuvre d’une Bourse et l’adoption de normes internationales concernant la comptabilité des sociétés et leurs bilans financiers. Maurice a également mis sur pied plusieurs organisations destinées à contrôler les services financiers et professionnels. Il s’est aussi engagé dans une privatisation partielle ou totale des actifs détenus par l'État ainsi que la libéralisation des marchés clés », soulignent-ils.