Paul Bérenger : «Je ne crois pas en la viabilité du ‘Tramway Express’»

Par Fabrice Jaulim O commentaire
Paul Bérenger

Le leader des mauves estime que le don de l’Inde ne suffira pas pour amortir le coût du Metro Express. Il avance qu’il faudra subventionner le projet chaque année.

« Ce n’est pas le Metro Express, mais le Tramway Express et c’est comme cela que j’appellerai ce projet dorénavant. » C’est ce qu’a affirmé Paul Bérenger, lors de sa conférence de presse samedi. Selon lui, son coût sera supérieur à celui annoncé par le gouvernement.

« Nando Bodha a promis à dix reprises qu’il allait rendre publique l’étude de faisabilité réalisée par les Singapouriens en octobre 2013. Lundi, c’était le jour idéal pour le faire », devait faire ressortir Paul Bérenger. Concernant le coût de ce projet, il a affirmé qu’il dépasserait largement les Rs 18,8 milliards avancées. Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) a souligné que le don de Rs 10 milliards de l’Inde ne suffirait pas pour amortir le coût et qu’il faudrait subventionner ce projet annuellement. Paul Bérenger est certain que le Metro Express ne sera pas rentable.

Il a aussi cité la dernière réponse de Nando Bodha au Parlement. Le ministre avait questionné l’utilisation de la subvention pour le transport gratuit et avait affirmé qu’elle serait revue. Le leader du MMM doute fort qu’une partie de cette subvention serve à combler le « gouffre financier » du Metro Express. Il a ajouté que la feasibility study prévoyait des revenus de Rs 30 millions par an, alors que Georges Chung a, lui, parlé de Rs 170 millions en termes de revenus. « Le gouvernement a été élu sur un programme qui exclut ce projet. La population l’a à l’œil. »

Paul Bérenger a aussi dénoncé l’augmentation du prix des carburants. Chose inacceptable, selon lui, car depuis février, les prix sont stables. « Il s’agit d’une ruse, car la loi ne permet pas une augmentation de plus de 10 %. Donc, le gouvernement a augmenté le prix à deux reprises. »

Commentant la polémique autour du Shift System dans les hôpitaux, il devait affirmer : « Je déplore le manque de dialogue entre les médecins et le ministre. Et aussi l’attitude enfantine du ministre, qui a annulé une réunion, car il y avait cinq syndicalistes présents au lieu de trois. » Il demande au ministre de décanter la situation.

Le leader des mauves s’est aussi dit scandalisé par le fait qu’un ventilator de l’hôpital de Flacq a été prêté à une clinique privée. Il rappelle qu’il y a un seul appareil de ce type à Flacq et qu’un bébé né prématurément en avait besoin. « Le ministre a le devoir de dire la vérité. Je pense qu’il a dû donner son feu vert pour que cela se fasse. »