Mehdi Manrakhan, assistant du DPP : un parcours sans-faute

Par Pradeep Daby O commentaire
Mehdi Manrakhan

La semaine dernière, le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP)s’est enrichi d’un 5e assistant à Satyajit Boolell, le patron au 13e étage de Garden Tower. Il s’agit de Mehdi Manrakhan, le fils d’Indira Manrakhan, directrice du défunt Economic Crime Office. Le quadragénaire a été l'un des hommes de loi paru dans l’affaire Micaella Harte.

L’homme est affable, avenant. Comme ses collègues dans les services du DPP, il doit sa promotion à l’ancienneté, après avoir exercé comme suppléant pendant quelque temps.

Natif de Port-Louis, il entame ses études secondaires au collège Royal de Port-Louis. Il arrête en Form IV pour mettre le cap sur la République d’Irlande où il sera accueilli par un médecin de la famille. Il termine le cycle secondaire dans un pensionnat, puis s’inscrit en Droit civil à l’University College de Dublin. La licence en poche, il rentre à Maurice, se classe second à l’examen du barreau, puis, à la faveur d’une bourse, il part faire une partie de son stage à Aix-en-Provence, en France. Rentré à Maurice, il termine le stage à l’étude de Pramila Patten, avocate, et Luviraj Mootoosamy, avoué. Il prête serment le 26 janvier 2000 devant le juge Bernard Sik Yuen.

Après avoir partagé un bureau avec deux confrères, Me Subhash Lallah l’invite à intégrer son étude. En 2001, il se joint au Parquet à l’âge de 25 ans. « J’étais plutôt jeune pour ce poste », fait-il ressortir. À l’époque, le Parquet est sous la tutelle du bureau de l’Attorney General. Au Parquet, il traite les affaires civile et pénale.

« On conseille les ministres et on représente le gouvernement dans les affaires civiles », explique-t-il.

Maîtrise en arbitrage international

En 2007, il décide de passer une maîtrise en arbitrage international à Queen Mary, University of London. À son retour à Maurice, un an après, il est promu au rang de Senior State Counsel, puis Principal State Counsel en 2009, année où intervient la séparation du bureau du DPP à celui de l’Attorney General. « Cette année-là, je suis transféré de manière permanente au bureau du DPP », indique-t-il.

En 2009, une nouvelle bourse destinée au mid-level professionals engagés dans la Fonction publique l’amène aux États-Unis où il s’inscrit à  l’Hubert Humphrey Fellowship Programme. Installé à Washington DC durant une année, il se spécialise dans les droits des victimes de crimes. Il suit également un stage au sein de l’Attorney Office de Washington DC, qui emploie quelque 350 procureurs. « Durant ce stage, je me suis familiarisé aux différents types de services offerts par l’État aux victimes de crimes », explique-t-il.

Lorsqu’il rentre à Maurice en 2017, il monte en grade pour devenir Acting Assistant DPP. La semaine dernière, il est titularisé à ce poste. À terme et, selon son rang dans la hiérarchie, deux postes pourraient achever ce parcours sans bavure : celui de DPP ou  de juge. « Tout cela reste très aléatoire », nuance-t-il.

Ces fonctions exigent-elles des niveaux de fréquentation sociale ? « Je ne pense pas qu’elles imposent un tri dans nos fréquentations. C’est une option. À la fin de la journée, c’est à l’individu de s’imposer un haut degré de moralité à laquelle s’ajoutent les valeurs transmises par la famille. », fait-il valoir. Notre interlocuteur reconnaît que le juge ou le DPP est un individu qui, comme tout le monde, est plongé dans la vie quotidienne et, face à la rumeur publique, « peut être influencé sans l’être ».  En dernier ressort, « il faut qu’il adopte un comportement réservé qui ne le met pas dans l’embarras avec son milieu ».

L’assistant DPP comprend la fascination qu’exerce le métier d’avocat dans l’imaginaire, ce « docteur des consciences » dont la noblesse a été quelque peu égratignée ces derniers temps. « Du coup, c’est toute la profession qui en a pris pour son grade. Je peux comprendre que le public commence à douter de toute la profession », soutient-il.