Margaret-Ann Blaney : «Les femmes entrepreneures mauriciennes ont du potentiel»

Par Leena Gooraya-Poligadoo O commentaire
Margaret-Ann Blaney

Ancienne ministre et journaliste canadienne, Margaret-Ann Blaney est actuellement à Maurice. Elle a fait le déplacement dans le but de rencontrer les femmes entrepreneures du pays pour partager avec elles ses connaissances. Dans un entretien accordé au  Défi Quotidien elle indique la voie à suivre.

Comment êtes-vous arrivée à Maurice et quel est le but de cette visite ?
C’est à travers des organisations canadiennes en Tanzanie et au  Mozambique que l’opportunité s’est présentée de faire cette première visite à Maurice. Le but est de partager mes connaissances et mes expériences en tant que femme entrepreneure avec les Mauriciennes.
Je pense que c’est important qu’il y ait un partage de connaissances entre les pays. J’ai fait  de la politique pendant  plus de 14 ans et le combat pour l’égalité des femmes était l’une des mes priorités. Aujourd’hui, je gère ma propre entreprise, bien que le journalisme reste  ma passion. Avec mon expérience dans divers secteurs, je souhaite être une source d’inspiration pour d’autres femmes, les aider à avoir la vision des affaires et à être indépendante.

Que conseillez-vous aux  entrepreneures mauriciennes qui sont souvent confrontées au problème de manque de visibilité ?
Ne jamais baisser les bras. Les  entrepreneures mauriciennes que j’ai rencontrées ont toutes une capacité et un potentiel extraordinaires. C’est vrai que c’est difficile de  tout  faire par soi-même. Il faut avoir un soutien pour pouvoir progresser. Mais si elles se réunissent pour constituer une seule force, les choses peuvent bouger plus vite. Je dis cela forte de mes propres expériences. Seule une autre entrepreneure peut comprendre les contraintes d’une entrepreneure.

Quels sont les défis auxquels, selon vous, des  entrepreneurs dans une  petite économie ont à faire face ?
Pour tout entrepreneur, mettre en place une entreprise est la phase la plus dure. C’est le devoir du gouvernement de faciliter la création d’une entreprise et d’offrir le soutien et l’accompagnement nécessaires pour que le business survive. Bien sûr, on ne va  pas dépendre uniquement de l’assistance gouvernementale. C’est la responsabilité de l’entrepreneur de mener son business à bon port. Et cela peut se faire à travers le ‘networking’. Les femmes entrepreneures doivent se regrouper et  créer un réseau. Elles doivent aussi prendre  avantage des facilités qui sont mises à leur disposition. À Maurice, je trouve que la mise en place d’un incubateur tout spécialement à l’intention des femmes entrepreneures (au National Women Entrepreneurship Council)  est impressionnante.

Pensez-vous qu’il y a eu globalement une amélioration dans le processus d’émancipation des femmes dans l’entrepreneuriat ?
Oui. Il y a eu définitivement une amélioration en ce qui concerne la participation des femmes dans le business. Mais, il reste un long chemin à parcourir. Des incubateurs et des facilités pour soutenir les femmes entrepreneures peuvent énormément les aider à réaliser leur rêve.