Manque d’hygiène au Marché central : faut-il fermer le bazar en attendant une décision du gouvernement ?

Par Raj Bissessur O commentaire
Marché central

Raj Appadu, président du Front commun des commerçants, dénonce les conditions d’hygiène déplorables aux sections ‘poulet’ et ‘poisson’ du bazar de Port-Louis. Une bouche d’égout, située au milieu de la pièce, déborde. S’il faut fermer le marché, on le fera, prévient le lord maire Daniel Laurent.

«C’est dégoûtant ! Les normes d’hygiène élémentaires ne sont pas respectées dans les sections ‘poulet’ et ‘poisson’ au marché de Port-Louis », s’insurge Raj Appadu, président du Front commun des commerçants.

« Comment les autorités peuvent-elles laisser des consommateurs faire leurs provisions dans un lieu aussi insalubre que repoussant ? Comment peut-on tolérer une bouche d’égout (main hole) au beau milieu d’une section commerçante, où l’on vend des produits périssables, qui risquent de s’infecter gravement ? Ce main hole déborde en temps de fortes pluies. Le sol devient glissant. C’est une horreur et le public doit déambuler dans une eau malpropre pour s’acheter de quoi manger ! » rouspète-t-il. « J’ai même vu un enfant qui accompagnait ses parents glisser et tomber dans cette eau malpropre », se lamente Raj Appadu.

Problème récurrent

Le président du Front commun des commerçants blâme les responsables municipaux du marché qui ne se sont pas occupés de ce problème qui date. « Pour moi, cette section du marché a fait son temps. Il nous faut de nouvelles structures qui respectent les normes d’hygiène. »

Interrogée à ce sujet, la WasteWater Management Authority a promis de faire le nécessaire dans les plus brefs délais. Elle précise que le débordement récurrent du main hole est dû à un problème d’évacuation du drain en direction du Caudan Waterfront.

« La municipalité doit changer sa façon de gérer le Marché central dans son ensemble, surtout sur le plan hygiénique. Les inspecteurs doivent se monter intraitables et redoubler de vigilance concernant les conditions d’hygiène dans lesquelles travaillent ces marchands », suggère Raj Appadu. Il rapporte également que « certaines personnes vendent illégalement du poisson et même de la mourgate aux abords du marché. Que font les inspecteurs ? Pourquoi ne sanctionnent-ils pas » déplore le président du Front commun des commerçants. « La ministre des Collectivités locales doit s’assurer du respect de la loi ».


Daniel Laurent, lord-maire : «S’il faut fermer le marché, on le fera»

Le Marché central n’est-il pas dépassé ?
Oui, vous avez raison.

Le problème est-il hors du contrôle du département sanitaire municipal présent sur place ? Quelles mesures a-t-il prises ?
Nous avons un sérieux problème avec la présence de ce main hole. En temps de pluie, l’eau ne s’écoule plus vers le Caudan, mais refoule dans la section ‘viande’. La WMA aurait eu un problème avec une pompe, problème qui est réapparu avec les pluies de Berguitta.

Concernant ladite section, il est grand temps de la réaménager. Nous avons enclenché des démarches auprès du gouvernement central pour obtenir les fonds nécessaires pour financer les travaux et tout rebâtir.

La Food Act stipule qu’en cas de problème sanitaire qui risque de menacer la sécurité alimentaire, une action immédiate doit suivre. Pourquoi le département sanitaire n’a-t-il pas réagi après ces débordements dans la section ?
J’ai parlé avec mon responsable du département de la santé. Je lui ai fait comprendre que si les solutions tardaient à venir, nous serions obligés de fermer le marché. Nous aurons une autre réunion cette semaine et nous prendrons une décision.

En tant que lord-maire, vous a-t-on remis des rapports venant de l’inspectorat ?
C’est justement pour cette raison que nous avons tenu cette rencontre la semaine dernière. Pour que le département mène une inspection et me fasse un rapport complet à soumettre à la réunion de cette semaine. Nous prendrons les décisions qui s’imposent. S’il faut fermer le marché, on le fera.


Jameer Yeadally, attaché de presse au ministère de la Santé : «La santé publique figure à notre agenda»

Le ministère de la Santé est-il au courant de ces problèmes d’hygiène publique au bazar ?
Nous allons y dépêcher des inspecteurs sanitaires. La municipalité de Port-Louis dispose aussi d’un département de santé publique...

Mais ce problème d’hygiène publique ne dépasse-t-il pas la mairie de Port-Louis ?
Nous travaillons de concert avec la mairie pour trouver une solution appropriée. La santé publique figure à notre agenda. Concernant une visite conjointe entre les ministères concernés et la mairie sur les lieux, j’en parlerai au ministre Anwar Husnoo.