Le cardinal Piat, dans la lettre pastorale : «Le financement des partis politiques est source de corruption»

Par Fabrice Jaulim O commentaire

U ne démocratie aussi dangereuse que bénéfique. C’est un des thèmes de la lettre pastorale du cardinal Piat pour le Carême 2018. La présentation de la lettre, par le cardinal, a eu lieu lundi à l’Évêché.  Il a affirmé que c’est important que les jeunes aient des rêves. Il a parlé d’une relecture qui a pour thème des ombres et des lumières.

Cette lettre coïncide avec les 50 ans de l’indépendance du pays. « J’ai voulu offrir aux jeunes la relecture des 50 ans et partager les rêves que je porte en moi pour mon pays. » Il parle de  la stabilité politique qui a contribué à construire le pays.

Toutefois cette même démocratie s’épuise, selon lui, car le peuple n’est pas consulté entre deux élections.  Le dialogue entre le peuple et le pouvoir a aussi été abordé. Le cardinal a évoqué la démolition des maisons à  Barkly dans le cadre du projet Metro Express. Il a affirmé qu’il fallait un dialogue avec les gens et ne pas venir par surprise démolir leurs maisons. « On croit que le peuple est bon juste pour entendre des promesses et les consommer. » Il estime que les politiciens ne sont adeptes d’aucune  philosophie et cela se reflète sur les agents politiques qui travaillent pour faire élire « leurs maîtres » afin de tirer des bénéfices par la suite.

Identité mauricienne

Le cardinat Piat a aussi souligné l’importance de la politique. « Le financement des partis politiques est une source de corruption », a-t-il dit, en ajoutant que c’est aussi la cause des grands malaises. Concernant l’unité nationale, il souligne « qu’il y a une certaine identité mauricienne qui commence à se façonner. Même s’il y a ce sentiment d’être heureux et d’être mauricien, il y a aussi les démons du communalisme. »

Le message évoque aussi l’avancée économique, ses avantages et ses dangers. « Nous avons une économie libérale qui fait du mal à l’environnement à cause de la production des déchets, la pollution des rivières et du lagon. On ne peut pas continuer à se développer sans tenir compte de ces dangers. Cette économie élargit aussi le fossé entre les riches et les pauvres. Il faut arriver à le réduire. » Le cardinal a soutenu qu’il faut prendre ces défis au sérieux.

Abordant le mauricianisme, il a dit que pour gagner, il faut réfléchir ensemble,  dégager des stratégies et apprendre à jouer ensemble. « J’arrive à la fin de ma vie et j’aime ce pays, ce peuple, avec ses complexes, ses ombres et ses lumières. J’aimerais que les jeunes arrivent à aimer ce pays. On a reçu ce pays en héritage pas pour en faire ce que nous voulons et en profiter », a conclu le cardinal Piat.