Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters’ Association : «La hausse des prix des légumes n’est pas justifiée»

Par Mario Boutia O commentaire
Kreepalloo Sunghoon

Des planteurs auraient crée une pénurie artificielle de légumes au lendemain des grosses pluies pour faire exploser les prix. Le secrétaire de la Small Planters’ Association dénonce une telle attitude de leur part.

Les grosses averses de ces derniers jours ont-elles été bénéfiques ou ont-elles causé des dégâts aux cultures ?
Si les grosses pluies ont été bénéfiques pour les régions nord, sud et ouest, force est de constater qu’elles ont été plus ou moins néfastes pour les plantations se trouvant dans les Plaines Wilhems et à Flacq où de grosses accumulations d’eau ont été notées.

Toutefois, dans l’ensemble on peut dire qu’après sept longs mois de sécheresse, les pluies sont les bienvenues mais à condition qu’il n’y ait pas de grosses accumulations d’eau qui ruineraient l’ensemble des plantations.

Avant les grosses pluies les planteurs avaient déjà fait la récolte de la pomme d’amour.»

Quels sont les légumes qui ont été les plus touchés ?
Parmi les produits les plus touchés on retrouve les pommes d’amour, les aubergines, les laitues, les concombres et les légumes fins. Il y a aussi le melon d’eau, fruit très apprécié en cette période de forte chaleur. Parallèlement, on note que des planteurs qui avaient déjà fertilisé leurs plantations ont subi des pertes car l’eau de pluie a tout emporté sur son passage. 

Doit-on s’attendre à une hausse des prix des légumes  ?
Je constate que des marchands ont profité des grosses pluies pour tondre les consommateurs. C’est vraiment malheureux. Moi, je vous dirais qu’il faut attendre encore quelques jours pour une évaluation de la situation. Disons trois jours pour les salades et une vingtaine de jours pour la pomme d’amour.

J’attire votre attention sur le fait que bien avant les grosses pluies, la majorité des planteurs ont fait la récolte de la pomme d’amour pour les laisser mûrir dans les entrepôts. Ce qui veut dire qu’une hausse vertigineuse des prix de ce produit et autres légumes, du jour au lendemain, n’est pas justifiée.

Mais comme je l’ai dit, si les grosses pluies persistent et s’il y a des accumulations d’eau sur l’ensemble du pays, on doit alors s’attendre à des hausses de prix.

Toujours est-il, que les plantations surtout celles se trouvant dans le nord du pays souffrent d’un cruel manque d’eau.
La preuve, l’eau des pluies de ces derniers jours, a été vite absorbée par la terre. Lors de ma tournée, j’ai constaté qu’au niveau de certaines plantations, la terre a vite été asséchée. La sécheresse dans le nord est un problème qui date depuis des décennies et les services de l’Irrigation Authority laissent beaucoup à désirer. Les autorités doivent prendre des mesures pour assainir la situation. Notamment à travers la construction de barrages pour capter l’eau des rivières, tant pour les besoins domestiques que pour l’irrigation.