Isabelle Natchoo : l’art est sa seconde nature

Par Mario Boutia O commentaire
Isabelle Natchoo

Isabelle Natchoo vit de ses pinceaux. Elle fait parler son art sur les verres, tasses, assiettes, plats, miroirs, porcelaines, céramiques, tissus, toile de jute (goni), bonbonnière, marbre et autres supports. Un vrai travail de professionnel. Elle participe à une exposition du 27 au 29 novembre prochain sur le parking de Bagatelle.

Chez Isabelle à Rose-Hill, la famille Simpson côtoie fièrement Astérix et Obelix, Luky Luke, Mickey, Dora, Bob l’éponge, la Reine des Neiges, Dragon Ball, Marilyn Monroe, les dodos et poissons, entre autres. Même les partisans de Manchester United et de Liverpool sont bien servis, car ils trouveront des brocs de bière aux couleurs de leur équipe respective. Difficile de ne pas rester admiratif devant le travail de cette jeune femme pour qui l’art est une seconde nature. « Je travaille en fonction des tendances. Avant c’était Dora qui était à la mode, maintenant c’est la Reine des Neiges », dit-elle.

Même les nostalgiques s’en tirent à bon compte. Elle parle des quadragénaires qui viennent acheter leurs tasses à l’effigie de Dragon Ball, car ce dessin animé leur rappelle leur enfance. Elle travaille aussi sur des commandes de magasins ou de personnes à la recherche de travaux à thème pour les mariages, les anniversaires, les fiançailles, la fête des mères, la St-Valentin et d’autres occasions. « Je travaille aussi sur mes propres créations mais les gens préfèrent des dessins animés. »

L’artiste peint des tasses et des verres qui attirent tant les grands que les petits.

Travail de précision

Pour notre artiste, l’important n’est pas seulement de vendre mais aussi d’offrir aussi un travail de qualité à sa clientèle. Elle travaille sur du matériel de qualité. On constate aussi qu’il y a une précision dans son travail. « Je ne livre jamais un travail approximatif à un client. Si une personne me dit de livrer une commande le même jour, je lui refuse carrément. Une tasse, par exemple, prend au moins huit heures pour sécher », dit-elle. 

Elle n’utilise pas l’acrylique pour ses travaux mais une peinture spéciale pour céramique. « Un petit pot de peinture me coûte Rs 145. Maintenant imaginez combien de couleurs on doit utiliser sur une tasse. Heureusement qu’il y a des gens qui reconnaissent la valeur de mes travaux. » 

Isabelle Natchoo avance qu’elle travaille à petits profits. Son plus gros souci est le travail bien fait. « Une cliente m’a dit que la peinture sur une tasse que je lui ai vendue, il y a dix ans, est toujours intacte », dit-elle avec un petit sourire. Une tasse pour enfant est à Rs 125. Si la personne veut y ajouter son prénom, elle le fait gratuitement.

Les prix des brocs de bière varient selon le volume. Un broc de taille standard est à Rs 200, tandis que ceux qui peuvent contenir le volume d’une bouteille est à Rs 275. Les amateurs de Manchester United et de Liverpool peuvent avoir leurs brocs de bière à Rs 225. Les petits verres de rhum avec un dessin de dodo est à Rs 100. Il y a l’embarras du choix. On reste pantois devant le savoir-faire de la jeune femme.

Depuis sa plus tendre enfance, Isabelle Natchoo est attirée par l’artisanat. L’art du dessin est inné en elle. « Je reproduisais tout ce qui me tombait sous la main. » Elle avait un faible pour les caricatures. Encore collégienne, elle faisait des points de croix (cross stitch) sur le goni. Elle nous montre un travail qu’elle a fait quand elle était encore petite et qu’elle conserve toujours. Elle a aussi fait de la peinture sur soie et de la vannerie.

Plusieurs cours 

« J’ai tout appris par moi », dit-elle fièrement. Ce qui n’a pas empêché Isabelle Natchoo de suivre des cours au National Women Entrepreneur Council de Rose-Hill pour avoir des certificats en cross stitch, vannerie, peinture sur verre et crochet. Il y a trois ans, elle a suivi un cours à l’Université de Maurice pour parfaire ses connaissances dans le dessin sur verre. 

Pour la petite anecdote, c’est quand elle a peint une tasse pour un jeune garçon autrement capable, à la demande de sa voisine, qu’elle a eu le déclic pour la peinture sur verre. « Il avait huit ans à l’époque et il aimait les voitures. Alors je lui ai peint une voiture rouge sur une tasse qu’il conserve toujours. Pour ses 18 ans, je lui ai peint une moto sur un verre. » Depuis, elle se consacre presque entièrement à des travaux sur verre.